• Ce jeudi 7 juillet, nous avons pris la route vers 11 heures du matin avec Louis pour rejoindre Flavigny-sur-Ozerain (situé à une cinquantaine de km au sud de chez nous), traversant de très beaux paysages dans cette partie vallonnée de la Côte d'Or parfois plantée de vignes.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    Après sa victoire sur les Gaulois à Alésia, située non loin de là, Jules César offre ce village à l'un de ses chefs de guerre, Flavius : plutôt que le détruire, ce dernier préfère s'y installer et lui donner son nom.

    Vue générale du village fortifié de Flavigny perché sur une colline

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    En arrivant, nous faisons un petit tour à pied en direction de l'église, passant devant cette maison du XVe siècle dont le deuxième étage porte d'élégantes fenêtres à accolades.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    On l'appelle "La maison du Donataire" du fait que ce dernier est représenté sur la façade dans une niche "gothique flamboyant" aux pieds d'une Vierge à l'Enfant polychrome d'inspiration flamande.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    Un peu plus loin, sur le mur de cette maison, des publicités pour deux produits datant du XIXe siècle : la lessive Phénix et le chocolat Menier.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    Flavigny a été le premier village de la région à avoir bénéficié de l'eau courante en 1863. Cette fontaine de style néo-renaissance, datant de 1865 et portant le nom du maire de l'époque, Abel Labourey, commémore l'évènement.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    A la fenêtre d'une des maisons, un visage semble nous épier...

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    Il s'agit en fait d'une sculpture en bois.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    Deux jolies entrées de maisons

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    Nous voici maintenant arrivés à l'église Saint-Genest qu'on ne peut pas visiter car, si sa porte reste ouverte, elle n'en est pas moins fermée par une grille, sécurité oblige...

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    La ferme-auberge où nous allons déjeuner et qui s'appelle "La grange" se trouve justement sur la place de l'église. Je l'ai repérée sur le net bien sûr comme une bonne adresse.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    A l'intérieur, de très grandes tables permettent, hors Covid, de regrouper les uns avec les autres pour permettre les échanges.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    Après avoir pris un plateau et fait la queue le long d'un comptoir présentant les plats, on paye à la caisse. Le service n'est pas rapide mais la qualité des mets est là.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain avec Louis

    Louis et moi avons choisi de manger une tartiflette aux courgettes et à l'époisses tandis que Philippe, toujours plus classique, optait pour des merguez frites. Nous nous sommes tous régalés.

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Après le déjeuner, nous sommes allés visiter la fabrique des anis de Flavigny. Un ancien van - garé devant - fait de la publicité pour la marque.

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    La boutique donne accès à la salle de dégustation.

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Celle-ci est joliment voûtée : la fabrique des anis de Flavigny est installée dans les locaux d'une ancienne abbaye fondée au VIIIe siècle.

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Là, vous pouvez vous servir à loisir. Les petits bonbons sont aromatisés à toutes sortes de parfums (onze au total) : anis, fleur d'oranger, mandarine, rose, gingembre, cassis, violette, réglisse, menthe, citron et même café !

    Ma photo date de notre précédente visite : les présentoirs à anis ont été remplacés depuis le Covid par des distributeurs automatiques : on met la main dessous et on récupère deux petits bonbons. Inutile de vous dire que Louis y a passé beaucoup de temps...

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Il a tout de même fait un petit tour dans la partie "Musée" et regardé une vidéo de la fabrication du "bien bon bonbon".

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    La pédagogie est omniprésente dans le musée muni de nombreux postes de télévision jouxtant d'authentiques bassines en cuivre utilisées dans la fabrication des anis.

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Pour faire un anis, il faut récolter la graine de la plante du même nom...

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Préparer un sirop de sucre et l'aromatiser éventuellement grâce à des arômes naturels...

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Et la faire tourner dans une grande bassine en cuivre telle que celles-ci pour l'enrober de plusieurs couches de ce sirop de sucre.

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    L'empaquetage

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Affiches et boîtes de bonbons

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Pour en savoir plus, nous avons réservé une visite guidée à l'accueil.

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Tout comme Louis et  Philippe, j'ai enfilé une charlotte avant de pouvoir accéder à l'atelier de fabrication dans lequel les photos sont interdites : inutile de vous dire qu'il y fait très chaud ! Des becs de gaz y chauffent sept grandes bassines de cuivre au sein desquelles de toutes petites graines d'anis de deux millimètres se transforment, en deux semaines tout de même, en "bien bon bonbon" d'un centimètre de diamètre. Les équipes de "dragéistes" s'y relaient nuit et jour excepté le dimanche pour approvisionner le monde entier.

    Les différents parfums et les différentes étapes de fabrication des anis (à gauche, la graine et à droite le bonbon fini).

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    Une vidéo pour mieux comprendre

    Un podcast pour raconter toute l'histoire : c'est ICI.

    Dans la cour, un panneau permet de se faire "tirer le portrait" à la place du berger et de la bergère qui décorent depuis l'origine les petits boites en fer.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain et visite de la fabrique d'anis

    Il y a aussi un espace jeux que nous avons naturellement testé. Après une partie endiablée de baby-foot, j'ai testé avec Louis le jeu du palet. Celui-ci s'est aussi essayé au jeu de la grenouille, un vieux mais bon souvenir pour moi.

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain et visite de la fabrique d'anis

    Pour clore cette visite des anis, nous avons découvert la crypte carolingienne magnifiquement éclairée. Vestige de l’ancienne église abbatiale Saint-Pierre et véritable témoignage de l’époque médiévale, arts gallo-romain, roman et gothique se conjuguent dans un mouchoir de poche : cet endroit fut pendant 1000 ans un lieu de prières perpétuelles.

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

    ☻ Les vacances d'été 2022 de Louis à Courcelles : Balade à Flavigny-sur-Ozerain

     

    Alise-Sainte-Reine n'est pas loin de Flavigny : nous y avons emmené Louis pour qu'il voie la statue monumentale de Vercingétorix commandée par Napoléon III, grand admirateur du personnage.

    La statue vue depuis la table d'orientation

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain et visite de la fabrique d'anis

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain et visite de la fabrique d'anis

    Balade à Flavigny-sur-Ozerain et visite de la fabrique d'anis

    Une agréable journée à trois


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  • Ce week-end, j'ai profité de la présence à Paris de ma cousine Evelyne pour aller visiter en sa compagnie le musée Carnavalet récemment rouvert.

    Nous avons opté pour une visite partielle du musée (qui comporte quatre niveaux), nous contentant de regarder le rez-de-chaussée (avec la Galerie d'introduction et la Galerie des Enseignes) et le sous-sol (qui regroupe tout ce qui a trait à la Préhistoire, à l'Antiquité et à la période allant du Moyen-Age au début du 16" siècle).

    Mine de rien, cela nous a tout de même occupées une bonne heure et demie.

    Le musée Carnavalet – Histoire de Paris est le plus ancien musée de la Ville de Paris. Il ouvre au public le 25 février 1880 dans l’hôtel Carnavalet situé au cœur du Marais, l’un des quartiers de la capitale où le patrimoine architectural est particulièrement préservé. Depuis 1880, l’extension du musée a été importante, avec la construction de nouveaux bâtiments et l’annexion de l’hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau en 1989. Aujourd’hui, l’architecture du musée offre une histoire de plus de 450 ans qui se déploie sur deux hôtels particuliers. Depuis plus de 150 ans, ses collections sans cesse enrichies retracent l’histoire de Paris, de la préhistoire à nos jours.

    L'entrée du musée se trouve au 23 de la rue de Sévigné et la rue porte ce nom en l'honneur de l'épistolière qui habita cet Hôtel particulier pendant vingt ans entre 1677 et 1696. Elle a adoré ce lieu qu'elle appelait parfois la "Carnavalette" et qui était pour elle un lieu idéal d'accueil de sa fille résidant en Provence.

    On entre directement dans la cour d'honneur où trône une statue pédestre de Louis XIV par Antoine Coysevox (1689), l'une des rares statues monumentales du Roi-Soleil à avoir échappé aux destructions révolutionnaires. En arrière-plan, quatre bas-reliefs de Jean Goujon (vers 1550) figurent les quatre saisons.

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Le roi est représenté vêtu d’une cuirasse à l’antique et du manteau des empereurs romains.  

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    L'Automne et l'Hiver par Jean Goujon

    Un petit tour dans le musée Carnavalet 

    Passée cette cour, à l'accueil, vous pouvez prendre un plan du musée dont la visite des collections permanentes est gratuite puisqu'il s'agit d'un musée de la Ville de Paris. Nous sommes agréablement étonnées par le peu de visiteurs : une chance pour nous !

    La première salle dans laquelle on entre est la Galerie des Enseignes qui possède un escalier contemporain fort élégant .

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Filliol serrurier : enseigne de serrurier première moitié du 18e siècle
    Fer forgé peint avec rehauts d'or - Achat en 1914

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    A la belle grappe : enseigne de marchand de vin - 19e siècle
    Fer forgé, tôle, rehauts d'or - achat en 1914

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Enseigne de marchand de meubles (anciennement 77, avenue Ledru-Rollin 11e
    Sculpture de Raoul Larche (1890) - Chêne taillé

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Depuis la Galerie des Enseignes, on a une belle vue sur la Cour Henri IV ainsi nommée à cause du haut-relief équestre du roi de France exécuté par Philippe Lemaire en 1834 sur le mur Sud.

    Un petit tour dans le musée Carnavalet 

    Dans la pièce suivante, on peut voir l'ancienne porte de l'Hôtel de Ville de Paris : en 1652, lors de révoltes contre le pouvoir royal à Paris, la porte de l'Hôtel de Ville est détruite. La nouvelle porte en chêne est ornée d'un mascaron représentant une Gorgone sous la forme d'une tête de Méduse en bronze. Pour rappel, dans la mythologie Méduse a le pouvoir de pétrifier ceux qui la regardent. Cette porte a survécu à l'incendie de l'Hôtel de Ville lors de la Commune, le 24 mai 1871.

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Une belle cheminée

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Vue sur une cour-jardin-café : sympa !
    Mais le temps change dangereusement, ce ne sera pas pour nous...

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Cette petite introduction finie, nous descendons un escalier multi-centenaire afin de visiter le Paris de la Préhistoire au début du 16e siècle.

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Il y a énormément de choses à voir dans cet espace : je n'en ai sélectionné que quelques unes.

    Les objets en verre sont très fragiles : il est rare d'en retrouver d'aussi anciens. Celui-ci est resté à l'abri, près d'une tombe, pendant des siècles. C'est peut-être un biberon ou un flacon permettant de verser au compte-gouttes. Il date du IIème siècle avant J.C.

    Le goulot du biberon se trouve sur la gauche de la partie renflée.

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Jouet ou ex-voto en forme de canard
    (terre cuite blanche de Lezoux) - 1er-2e siècle

    Les trous sur le devant et à l'arrière de la nacelle ont servi à suspendre la figurine par des cordelettes.

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Statue de Vierge à l'Enfant - Calcaire (15e siècle) Fouilles de l'église Saint-Germain des Prés (1882)

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    La tête de l'Enfant a disparu. Les restes de peinture sur le visage de la Vierge témoignent du fait que la statue était polychrome : la robe de l'Enfant était verte, celle de la Vierge rouge.

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Cette tête aux yeux en amande et au doux sourire est celle d'un ange ou d'un saint. D'après son style, elle pourrait provenir de la Cathédrale Notre-Dame. Cette coiffure s'appelait autrefois "à l'écuelle".

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Chapiteau à scènes de chasse, provenant de l'ancien collège de Picardie - Calcaire (15e siècle) Fouilles de 1890

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Ce visage sculpté représente la Vierge Marie ou une sainte, avec les traits caractéristiques de l'époque médiévale : des yeux en amande, un sourire mince et des cheveux ondulés. On devine en regardant la base de la couronne légèrement colorée en jaune, que cette statue était peinte.

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Chien rongeant son os - décor de rampe d'escalier ou de perron - Calcaire (15e siècle)

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Eléments du retable de Saint-Merri dit "retable Berton" - La Cène (Calcaire, traces de polychrome et de dorures)

    Je ne sais pas suite à quoi tous les personnages ont été décapités sauf deux... Sans doute à la Révolution.

    )Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Détail

    Un petit tour dans le musée Carnavalet

    Une visite qui incite à revenir, n'est-ce pas ma cousine ?


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  • Ce week-end, nous étions partis en balade chez les cousins de Rouen et nous sommes allés voir tous les quatre l'exposition "Les Fables" qui se tient en ce moment au Château de Vascoeuil. Vous savez comme moi que nous fêtons cette année les 400 ans de la naissance de Jean de La Fontaine.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Dès leur parution (1668), Les Fables connaissent le succès de par leur stratégie narrative - mise en scène d’animaux pour critiquer et dénoncer - et déjà par leurs illustrations, car les images ont un impact immédiat et durable. Elles constituent un pan de notre patrimoine culturel et leurs morales font partie de la sagesse populaire.

    Mais avant de visiter l'exposition, un petit tour dans les jardins du château qui sont en eux-mêmes un musée en plein air.

    Une statue de Jules Michelet qui habita le château.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Hommage à Calder

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Une œuvre, originale cette fois, de Kandinsky

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     Il y a plein de petits cyclamens sauvages près du pont.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Il s'appel Léon : plus vrai que nature ! Une œuvre de Pasquer (2018)

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Décidément, la Direction du château de Vascoeuil aime bien la nature...

    Celle-ci est de Miroslav Stastny.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Détente sous le soleil...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Ici on peut se rafraîchir dans ce salon de thé "La Cascade"...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    En vue du Château

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Jacquotte et Roger Capron : Athéna

    Ce n'est pas du Nicki de Saint-Phalle mais la femme y est aussi représentée avec tous ses attributs !

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Et maintenant, l'exposition, l'occasion de revisiter les fameuses fables.

    En 2004, Lukáš Kándl, peintre français d'origine tchèque, crée “Libellule, Renaissance contemporaine” avec des peintres figuratifs qui se réfèrent aux grands maîtres du passé, dans l’inspiration comme la technique. La dimension internationale du mouvement permet de découvrir les spécificités de chacun des artistes. Thème commun 2021 : les Fables de la Fontaine (1621-1695) pour les 400 ans de sa naissance. 17 artistes ont "interprété" selon leur sensibilité et à leur manière (fantastique, surréalisme et symbolisme) 75 fables.

    Dans cette première salle sont exposés les tableaux de Lukáš Kándl qui situe sa peinture quelque part entre le surréalisme et le fantastique

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Les Souris et le Chat-huant - Livre XI (Fable 9)

    Ici, pas de morale : La Fontaine explique l'intelligence de la chouette hulotte (c'est l'autre nom du chat-huant) qui sait nourrir les souris avec du blé tout en les mutilant (elle leur coupe les pattes) afin de les manger l'une après l'autre au gré de ses besoins...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Il ne faut jamais dire aux gens :
    « Écoutez un bon mot, oyez une merveille. »
    Savez-vous si les écoutants
    En feront une estime à la vôtre pareille ?
    Voici pourtant un cas qui peut être excepté :
    Je le maintiens prodige et tel que d’une fable
    Il a l’air et les traits encore que véritable.
    On abattit un pin pour son antiquité,
    Vieux palais d’un Hibou, triste et sombre retraite
    De l’oiseau qu’Atropos prend pour son interprète.
    Dans son tronc caverneux et miné par le temps,
    Logeaient, entre autres habitants,
    Force Souris sans pieds, toutes rondes de graisse.
    L’oiseau les nourrissait parmi des tas de blé,
    Et de son bec avait leur troupeau mutilé.
    Cet oiseau raisonnait, il faut qu’on le confesse.
    En son temps, aux Souris le compagnon chassa :
    Les premières qu’il prit du logis échappées,
    Pour y remédier, le drôle estropia
    Tout ce qu’il prit ensuite ; et leurs jambes coupées
    Firent qu’il les mangeait à sa commodité,
    Aujourd’hui l’une et demain l’autre.
    Tout manger à la fois, l’impossibilité
    S’y trouvait, joint aussi le soin de sa santé.
    Sa prévoyance allait aussi loin que la nôtre :
    Elle allait jusqu’à leur porter
    Vivres et grains pour subsister.
    Puis, qu’un Cartésien s’obstine
    À traiter ce Hibou de montre et de machine !
    Quel ressort lui pouvait donner
    Le conseil de tronquer un peuple mis en mue ?
    Si ce n’est pas là raisonner,
    La raison m’est chose inconnue.
    Voyez que d’arguments il fit :
    « Quand ce peuple est pris, il s’enfuit ;
    Donc il faut le croquer aussitôt qu’on le happe.
    Tout ? il est impossible. Et puis, pour le besoin
    N’en dois-je pas garder ? Donc il faut avoir soin
    De le nourrir sans qu’il échappe.
    Mais comment ? Ôtons-lui les pieds. » Or, trouvez-moi
    Chose par les humains à sa fin mieux conduite.
    Quel autre art de penser Aristote et sa suite
    Enseignent-ils, par votre foi ?

    Le Chat, la Belette et le petit Lapin - Livre VII (Fable 15)

    Où le chat trouve comment arbitrer le différent entre le lapin et la belette...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Du palais d'un jeune Lapin
    Dame Belette un beau matin
    S'empara ; c'est une rusée.
    Le Maître étant absent, ce lui fut chose aisée.
    Elle porta chez lui ses pénates un jour
    Qu'il était allé faire à l'Aurore sa cour,
    Parmi le thym et la rosée.
    Après qu'il eut brouté, trotté, fait tous ses tours,
    Janot Lapin retourne aux souterrains séjours.
    La Belette avait mis le nez à la fenêtre.
    O Dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître ?
    Dit l'animal chassé du paternel logis :
    O là, Madame la Belette,
    Que l'on déloge sans trompette,
    Ou je vais avertir tous les rats du pays.
    La Dame au nez pointu répondit que la terre
    Etait au premier occupant.
    C'était un beau sujet de guerre
    Qu'un logis où lui-même il n'entrait qu'en rampant.
    Et quand ce serait un Royaume
    Je voudrais bien savoir, dit-elle, quelle loi
    En a pour toujours fait l'octroi
    A Jean fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume,
    Plutôt qu'à Paul, plutôt qu'à moi.
    Jean Lapin allégua la coutume et l'usage.
    Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de ce logis
    Rendu maître et seigneur, et qui de père en fils,
    L'ont de Pierre à Simon, puis à moi Jean, transmis.
    Le premier occupant est-ce une loi plus sage ?
    - Or bien sans crier davantage,
    Rapportons-nous, dit-elle, à Raminagrobis.
    C'était un chat vivant comme un dévot ermite,
    Un chat faisant la chattemite,
    Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,
    Arbitre expert sur tous les cas.
    Jean Lapin pour juge l'agrée.
    Les voilà tous deux arrivés
    Devant sa majesté fourrée.
    Grippeminaud leur dit : Mes enfants, approchez,
    Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause.
    L'un et l'autre approcha ne craignant nulle chose.
    Aussitôt qu'à portée il vit les contestants,
    Grippeminaud le bon apôtre
    Jetant des deux côtés la griffe en même temps,
    Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre.
    Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois
    Les petits souverains se rapportant aux Rois.

    Les fables des trois premiers livres étaient avant tout destinées à la cour et au Dauphin, à savoir Louis XIV, dans un but éducatif.

    Le Corbeau et le Renard - Livre I (Fable 2)

    Une interprétation de la fable toute en hauteur...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Le Renard et la Cigogne - Livre I (Fable 18) 

    Tout y est : l'assiette et le vase au long bec !

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Le Cygne et le Cuisinier - Livre III (Fable 12)

    Le Cygne et le Cuisinier sert essentiellement la mise en valeur de certaines idées des Lumières : l'honnêteté et la valeur de la parole, s'éloignant quelque peu des dénonciations et autres satires habituelles de l'auteur.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Dans une ménagerie
    De volatiles remplie
    Vivaient le Cygne et l’Oison :
    Celui-là destiné pour les regards du maître ;
    Celui-ci, pour son goût : l’un qui se piquait d’être
    Commensal du jardin, l’autre, de la maison.
    Des fossés du Château faisant leurs galeries,
    Tantôt on les eût vus côte à côte nager,
    Tantôt courir sur l’onde, et tantôt se plonger,
    Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies.
    Un jour le Cuisinier, ayant trop bu d’un coup,
    Prit pour Oison le Cygne ; et le tenant au cou,
    Il allait l’égorger, puis le mettre en potage.
    L’oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage.
    Le Cuisinier fut fort surpris,
    Et vit bien qu’il s’était mépris.
    « Quoi ? Je mettrois, dit-il un tel chanteur en soupe !
    Non, non, ne plaise aux Dieux que jamais ma main coupe
    La gorge à qui s’en sert si bien!  »

    Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe
    Le doux parler ne nuit de rien.

    Le Lion et le Rat - Livre II (Fable 11)

    Deux morales dans cette fable, l'une au début...

    Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde :
    On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
    De cette vérité deux fables feront foi,
    Tant la chose en preuves abonde.

    L'autre à la fin.

    Patience et longueur de temps
    Font plus que force ni que rage.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Nous changeons de salle et d'artistes.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Patrizia Comand est une artiste peintre italienne qui a beaucoup travaillé en Amérique latine. En 2005, elle est choisie pour la réalisation du portrait du Pape Benoit XVI pour la Chambre des Papes dans la Basilique de Superga de Turin (Italie). En 2007, elle peint, pour la façade de la Cathédrale de Milan, deux grandes toiles exposées pendant 4 mois.

    La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf - Livre I (Fable 3)

    Une fable bien connue de tous...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Yu Sugawara est né en 1977 au Japon. Il apprend à l'école de design de Tokyo le design, l'illustration et la peinture. Son œuvre repose principalement sur la métamorphose des portraits.

    La Cigale et la Fourmi - Livre I (Fable 1)

    Je vous laisse chercher la fourmi...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     Raffaele de Rosa est un peintre italien du groupe "Libellule".

    Le Paysan du Danube - Livre XI (Fable 7)

    La fable "Le Paysan du Danube" est, en apparence, une dénonciation de l'Empire romain. Mais, en réalité, elle sert à condamner le pouvoir en place à l'époque et son Impérialisme. La morale est ici implicite. Je ne retrace pas la fable qui est immensément longue et super compliquée à comprendre !

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Zoran Ivanovic est né en Serbie en 1952. S'il est peintre (du mouvement "Libellule"), il s'intéresse également à la littérature.

    Le Chien qui porte à son cou le dîné de son Maître - Livre VIII (Fable 7)

    La morale de la fable est indiquée dans les vers 3 et 4.

    « Peu de gens gardent un trésor
    Avec des soins assez fidèles ».

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     Nous n'avons pas les yeux à l'épreuve des belles,
    Ni les mains à celle de l'or :
    Peu de gens gardent un trésor
    Avec des soins assez fidèles.
    Certain Chien, qui portait la pitance au logis,
    S'était fait un collier du dîné de son maître.
    Il était tempérant plus qu'il n'eût voulu l'être
    Quand il voyait un mets exquis :
    Mais enfin il l'était et tous tant que nous sommes
    Nous nous laissons tenter à l'approche des biens.
    Chose étrange ! on apprend la tempérance aux chiens,
    Et l'on ne peut l'apprendre aux hommes.
    Ce Chien-ci donc étant de la sorte atourné,
    Un mâtin passe, et veut lui prendre le dîné.
    Il n'en eut pas toute la joie
    Qu'il espérait d'abord : le Chien mit bas la proie,
    Pour la défendre mieux n'en étant plus chargé.
    Grand combat : D'autres chiens arrivent ;
    Ils étaient de ceux-là qui vivent
    Sur le public, et craignent peu les coups.
    Notre Chien se voyant trop faible contre eux tous,
    Et que la chair courait un danger manifeste,
    Voulut avoir sa part ; Et lui sage : il leur dit :
    Point de courroux, Messieurs, mon lopin me suffit :
    Faites votre profit du reste.
    A ces mots le premier il vous happe un morceau.
    Et chacun de tirer, le mâtin, la canaille ;
    A qui mieux mieux ; ils firent tous ripaille ;
    Chacun d'eux eut part au gâteau.
    Je crois voir en ceci l'image d'une Ville,
    Où l'on met les deniers à la merci des gens.
    Echevins, Prévôt des Marchands,
    Tout fait sa main : le plus habile
    Donne aux autres l'exemple ; Et c'est un passe-temps
    De leur voir nettoyer un monceau de pistoles.
    Si quelque scrupuleux par des raisons frivoles
    Veut défendre l'argent, et dit le moindre mot,
    On lui fait voir qu'il est un sot.
    Il n'a pas de peine à se rendre :
    C'est bientôt le premier à prendre.

    Mickaël Thomaso est un peintre, dessinateur et sculpteur français qui a fait ses études à Rennes où il est basé.

    Le Lièvre et la Tortue - Livre VI (Fable 10)

    Une interprétation fort personnelle...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    La Mort et le Malheureux - Livre I (Fable 15)

    Cette fable est inspirée du texte d'Esope "Le Vieillard et la Mort".

    Un jour un Vieillard, portant du bois qu’il avait coupé,
    faisait une longue route.
    Succombant à la fatigue, il déposa quelque part son fardeau, et il appela la Mort.
    La Mort arriva et lui demanda pourquoi il l’appelait.
    Alors le Vieillard épouvanté lui dit: " Pour que tu soulèves mon fardeau "
     ...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Un malheureux appelait tous les jours
    La Mort à son secours.
    "Ô Mort, lui disait-il, que tu me sembles belle !
    Viens vite, viens finir ma fortune cruelle."
    La mort crut, en venant, l'obliger en effet.
    Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre.
    "Que vois-je ! cria-t-il, ôtez-moi cet objet ;
    Qu'il est hideux ! que sa rencontre
    Me cause d'horreur et d'effroi !
    N'approche pas, ô Mort, retire-toi."
    Mécénas fut un galant homme :
    Il a dit quelque part : "qu'on me rende impotent,
    cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme
    Je vive, c'est assez, je suis plus que content;"
    Ne viens jamais, ô Mort, on t'en dit tout autant.

    Nous interrompons un temps la visite de l'exposition pour monter dans la tour du château et rejoindre le Cabinet de travail de Michelet qui habita Vascoeuil. Il y écrivit "Histoire de France" et "Histoire de la Révolution française".

    "Le nez" d'après Gogol - Alexander Ney (1975)

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Jules Michelet par Antoine Bourdelle (1803)

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Tout en haut de la tour...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    L'Europe, ce n'est pas un assemblage fortuit de Peuples, mais un grand instrument harmonieux, une lyre dont chaque nationalité est une corde et représente un ton. Les Nations dont on croyait supprimer l'existence ont refleuri ; toujours vivantes, indestructibles. L'Europe entière, n'étant qu'une personne, chacune de ces Nations est une faculté, une puissance, une activité de cette personne. Jules Michelet (1831)

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Le Cabinet de travail de Michelet 

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Vue sur les jardins

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Nous continuons la visite de l'exposition avec cette salle au superbe plafond.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Gisela Verdessi, artiste peintre chilienne née en 1986, maîtrise avec virtuosité la technique des glacis à l'huile.

    Le Singe et le Chat - Livre IX (Fable 17)

    Le singe use de persuasion : le moraliste sait bien qu'en faisant appel à la vanité on fait agir les gens aussi bien que par la contrainte. La duperie est d'autant plus réussie que l'intervention de la servante (qui joue ici le rôle de l'ironique Fortune) empêche le chat de se rendre même compte qu'il a été dupe : le dupeur et le dupé communiquent dans le même mécontentement. Ce ressac piquant du récit est encore de l'invention de La Fontaine.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     Bertrand avec Raton, l'un Singe et l'autre Chat,
    Commensaux d'un logis, avaient un commun Maître.
    D'animaux malfaisants c'était un très bon plat ;
    Ils n'y craignaient tous deux aucun, quel qu'il pût être.
    Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,
    L'on ne s'en prenait point aux gens du voisinage.
    Bertrand dérobait tout ; Raton de son côté
    Etait moins attentif aux souris qu'au fromage.
    Un jour au coin du feu nos deux maîtres fripons
    Regardaient rôtir des marrons.
    Les escroquer était une très bonne affaire :
    Nos galands y voyaient double profit à faire,
    Leur bien premièrement, et puis le mal d'autrui.
    Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aujourd'hui
    Que tu fasses un coup de maître.
    Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait fait naître
    Propre à tirer marrons du feu,
    Certes marrons verraient beau jeu.
    Aussitôt fait que dit : Raton avec sa patte,
    D'une manière délicate,
    Ecarte un peu la cendre, et retire les doigts,
    Puis les reporte à plusieurs fois ;
    Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque.
    Et cependant Bertrand les croque.
    Une servante vient : adieu mes gens. Raton
    N'était pas content, ce dit-on.
    Aussi ne le sont pas la plupart de ces Princes
    Qui, flattés d'un pareil emploi,
    Vont s'échauder en des Provinces
    Pour le profit de quelque Roi.

    Au passage, une petite "nature morte" du Corbeau et du Renard...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Le Loup et le Renard - Livre VIII (Fable 3)

    Ici, le renard utilise une fois de plus la ruse face à la naïveté du loup.

     

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Mais d'où vient qu'au Renard Ésope accorde un point ?
    C'est d'exceller en tours pleins de matoiserie.
    J'en cherche la raison, et ne la trouve point.
    Quand le Loup a besoin de défendre sa vie,
                   Ou d'attaquer celle d'autrui,
                   N'en sait-il pas autant que lui ?
    Je crois qu'il en sait plus ; et j'oserais peut-être
    Avec quelque raison contredire mon maître.
    Voici pourtant un cas où tout l'honneur échut
    A l'hôte des terriers. Un soir il aperçut
    La Lune au fond d'un puits : l'orbiculaire image
                   Lui parut un ample fromage.
                   Deux seaux alternativement
                   Puisaient le liquide élément.
    Notre Renard, pressé par une faim canine,
    S'accommode en celui qu'au haut de la machine
                   L'autre seau tenait suspendu.
                   Voilà l'animal descendu,
                  Tiré d'erreur, mais fort en peine,
                   Et voyant sa perte prochaine.
    Car comment remonter, si quelque autre affamé,
                  De la même image charmé,
                  Et succédant à sa misère,
    Par le même chemin ne le tirait d'affaire ?
    Deux jours s'étaient passés sans qu'aucun vînt au puits ;
    Le temps qui toujours marche avait pendant deux nuits
                   Echancré selon l'ordinaire
    De l'astre au front d'argent la face circulaire.
              Sire Renard était désespéré.
              Compère Loup, le gosier altéré,
    Passe par là ; l'autre dit : Camarade,
    Je veux vous régaler ; voyez-vous cet objet ?
    C'est un fromage exquis. Le Dieu Faune l'a fait,
                   La vache Io donna le lait.
                   Jupiter, s'il était malade,
    Reprendrait l'appétit en tâtant d'un tel mets.
                  J'en ai mangé cette échancrure,
    Le reste vous sera suffisante pâture.
    Descendez dans un seau que j'ai mis là exprès.
    Bien qu'au moins mal qu'il pût il ajustât l'histoire,
                   Le Loup fut un sot de le croire.
    Il descend, et son poids, emportant l'autre part,
                   Reguinde en haut maître Renard.
    Ne nous en moquons point : nous nous laissons séduire
                   Sur aussi peu de fondement ;
                   Et chacun croit fort aisément
    Ce qu'il craint et ce qu'il désire.

    Nous voici sortis du château pour un petit tour dans les jardins.

    Bouquet de verre (Marcoville - 2014) devant une sculpture de François Pompon.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Une autre œuvre de Jacquotte et Roger Capron.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Jacky Coville célèbre aussi la femme, sous la forme de céramiques.

     

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Plus célèbre, celle-ci : elle est de Dali.

     

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Le pigeonnier du château, une très belle construction dont la construction remonte aux environs de 1650.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    A l'entrée, les restes d'une précédente exposition que nous avions déjà vue en compagnie d'Evelyne et André : Fanny Ferré, sculptrice sur terre. Elle s'était alors attachée à dépeindre le monde des gens du voyage.

    Nous avions adoré !

     

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Que d'émotions dans ces visages...

     

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Il y a toujours une exposition à l'intérieur du pigeonnier. Celle-ci est en noir et blanc mais j'ai oublié si celle-ci est la continuation de l'expo des Fables...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Une remarquable charpente en chêne à double épi supporte la couverture conique. L'échelle tournante servait autrefois au gardien à ramasser les œufs ou choisir dans les boulins les pigeons destinés à la broche ou au marché.

    Il possédait autrefois 900 boulins dans lesquels chaque couple de pigeons nichait. Les "boulins" ont disparu à la Révolution car les pigeonniers représentaient un signe extérieur de richesse : plus ils possédaient de "boulins", plus la surface du domaine était grande donc plus le seigneur était riche...

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Et maintenant, direction la sortie : au passage, petit arrêt au musée Michelet qui retrace la vie, l'œuvre et l'influence de Jules Michelet.

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

    Pendant plus de vingt ans, Michelet fit de fréquents séjours au château de Vascoeuil qui appartenait à la mère d'un de ses élèves au Collège de France, Alfred Poullain-Dumesnil. Epris de cette femme, il fut reçut dans cette demeure des XVe, XVIe et XVIIe siècles en 1840. Françoise Adèle Poullain-Dumesnil décéda en 1842, mais Michelet continua à se rendre à Vascoeuil.

    C'est ici que Michelet conçut le plan de sa gigantesque Histoire de France qui parut dans son intégralité en 1869. Il trouvait une inspiration certaine dans la contemplation des murailles médiévales du château, mais le spectacle de la nature et la chaleureuse atmosphère familiale (sa fille, née d'un premier mariage et Alfred tombèrent amoureux et se marièrent) influencèrent également son œuvre naturaliste (La Mer, l'Oiseau).

    Séance de lecture de Jules Michelet à Adèle Dumesnil (cires de Daniel Druet - 2014)

    L'exposition "Les Fables de La Fontaine" au Château de Vascoeuil

     

    Une journée bien agréable et en bonne compagnie...

     


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  • Aujourd'hui lundi, Arlette et moi avons laissé Philippe à la maison pour aller passer la journée à Dijon. A 8h15 pétantes, nous prenions le car à la gare de Châtillon-sur-Seine et une heure trois quarts plus tard nous arrivions à destination, non sans avoir traversé de très jolis paysages vallonnés où les vaches charolaises paissent tranquillement.

    Sur la place Darcy, ma première photo est pour la fontaine aux grenouilles de Max Blondat : trois enfants regardent trois grenouilles !

    Dijon avec Arlette

    Dijon avec Arlette

     Puis, nous passons sous la porte Saint-Guillaume afin de nous diriger vers le centre.

    Dijon avec Arlette

     C'est la rue de la Liberté qui conduit au centre historique. Au coin de cette rue, la boutique de la célèbre moutarde dijonnaise fondée en 1747 : Maille.

    Dijon avec Arlette

    Une petite Vierge à l'enfant s'est nichée dans son encoignure.

    Dijon avec Arlette

    Sur la place François Rude, une curieuse sculpture moderne en forme d'arbre

    Dijon avec Arlette

    En réalité, il s'agit de la tête d'un homme ! Il doit s'agir d'une œuvre éphémère car je n'en n'ai trouvé aucune trace sur le net.

    Dijon avec Arlette

    Au centre de la place François Rude, une jolie fontaine : la statue qui la surmonte représente un vigneron foulant le raisin. Elle date de 1904 et est l’œuvre de Noël-Jules Girard.

    Dijon avec Arlette 

    Au fond de la petite place, la rue des Forges où se trouvent beaucoup d'hôtels particuliers.

    Dijon avec Arlette

    Au N°52, l'Hôtel Maurel Sauvegrain qui a été édifié au milieu du XVème siècle, sans doute pour Pierre Morel, échevin et capitaine de la ville de Dijon, fils de Jean Morel et de Simone Sauvegrain, nourrice de Charles le Téméraire.

    Dijon avec Arlette

    Il possède à chaque extrémité de curieuses petites avancées qui ont été raccordées à des gouttières : modernisme ne rime pas toujours avec esthétisme mais c'est tout de même mieux que recevoir l'eau sur la tête !

    Dijon avec Arlette

    Quelques numéros plus loin, voici deux hôtels particuliers qui ont fière allure : celui de gauche est l'Hôtel Aubriot. Il date de la fin du XIIIème siècle et a été entièrement reconstitué au début du XXème siècle pour le poète Stephen Liégeard. Pour l'anecdote, il est l'inventeur du terme "Côte d'Azur" pour remplacer le mot "Riviera". Il inspira à Alphonse Daudet le personnage du "sous-préfet aux champs" des Lettres de mon moulin.

    Dijon avec Arlette

    Celui de droite, au numéro 38, est la Maison Maillard-Milsand. Elle a été construite pour Jean Maillard, maire de Dijon en 1560. Elle a sans doute été réalisée en deux temps, le niveau supérieur plus équilibré ayant vraisemblablement été conçu par Hugues Sambin, architecte et sculpteur célèbre. Le rez-de-chaussée de la maison a été remanié au XXème siècle.

    Dijon avec Arlette

     La façade sculptée présente une étonnante gamme du répertoire décoratif de la Renaissance : frontons brisés, figures rehaussées de diadèmes, mufles de lions, vases, guirlandes de fleurs et de fruits, trophées...

    Dijon avec Arlette

    Vers la cour intérieure

    Dijon avec Arlette

    Un élégant escalier en bois dessert l'étage.

    Dijon avec Arlette

    Les archives permettent avec certitude d'attribuer à Hugues Sambin la façade arrière et le portique à atlantes dans la cour. Cet ouvrage, commandé en 1565, évoque les atlantes de la grotte des pins à Fontainebleau réalisés par l'artiste italien Le Primatice à la demande de François Ier

    Dijon avec Arlette

    Dijon avec Arlette

    Petit café en terrasse non loin du Musée des Beaux Arts

    Dijon avec Arlette

    A côté du café, un triangle de cuivre nous indique que nous sommes en train de suivre le parcours de la Chouette.

    Dijon avec Arlette

    En vue de l'église Notre-Dame

    Dijon avec Arlette

    Elle est un chef-d'œuvre de l'architecture gothique de la première moitié du XIIIème siècle.

    Dijon avec Arlette

    En haut de son campanile, deux automates métalliques, Jacquemart et Jacqueline, sonnent les heures avec un marteau sur une grosse cloche tandis que leurs "enfants", Jacquelinet et Jacquelinette frappent de quart d'heure en quart d'heure sur une petite cloche.

    Dijon avec Arlette

    Cette photo tirée d'internet vous montre mieux les différents personnages que mon appareil a du mal à saisir tellement le clocheton est haut perché...

    Dijon avec Arlette

    La façade occidentale de l'église est très particulière avec ses deux galeries superposées et sa triple frise en manière de métopes portant les cinquante et une fausses gargouilles rétablies au XIXème siècle.

    Dijon avec Arlette

    Dijon avec Arlette

    A l'intérieur, de jolis vitraux et des lustres modernes dans le transept,

    Dijon avec Arlette

    Dijon avec Arlette

    Dans l'absidiole sud de l'église est exposée une vierge, Notre-Dame de Bon-Espoir, datant du XI ou XIIème siècle. Il s'agirait d'une des plus anciennes de France. A l'origine, son visage était de couleur bistre clair mais au XVIème ou au XVIIème siècle, la vierge fut peinte en noir pour une raison inconnue. En 1945, cette couche de peinture fut retirée, révélant la polychromie d'origine.

    Dijon avec Arlette

    Face à l'église Notre-Dame, un autre hôtel particulier : la Maison Maillard. Cette maison fut élevée à partir de 1565 par le vicomte-mayeur Jean Maillard qui avait déjà entrepris la construction de son autre maison, du même nom, au 38 rue des Forges. La façade a peut-être été réalisée selon un modèle de l'artiste Hugues Sambin qui avait déjà oeuvré pour Jean Maillard. Son décor est caractéristique du style Renaissance : frontons, têtes et mufles de lions, fruits et fleurs sculptés. Les lucarnes sont accotées de cariatides.

    Dijon avec Arlette

    Au centre, une grande niche dominée par un cartouche abrite une statue de Vierge.

    Dijon avec Arlette

    Sur la face nord de l'église Notre-Dame, la fameuse Chouette de Dijon dont la signification est inconnue. Pour certains, la chouette pourrait être une signature laissée là par un tailleur de pierre. Ce qui est sûr, c'est qu'elle n'est pas la signature de l'architecte de l'église, car cet oiseau est sculpté sur une chapelle élevée à la fin du XVème ou au début du XVIème siècle, soit plusieurs siècles après la construction de Notre-Dame. Elle est toute usée tellement les touristes la touchent...

    Dijon avec Arlette

    Cette maison à colombages est une boutique où l'on vent de la moutarde Fallot, la célèbre moutarde de Dijon !

    Dijon avec Arlette 

    Quand on croit en avoir fini avec les hôtels particuliers de Dijon, on se trompe lourdement ! La ville en abrite des dizaines dont celui-ci, appelé l'Hôtel de Vogüé, dont le portail entrouvert invite le promeneur à franchir le seuil...

    Considéré comme l'un des hôtels particuliers emblématiques de Dijon, cet édifice traduit la prééminence politique et sociale acquise par la noblesse de robe dès le début du XVIIème siècle. Etienne Bouhier de Chevigny, conseiller au Parlement et grand amateur d'art, fit construire à partir de 1614 cette demeure, entre cour et jardin, d'une grande magnificence, comme en témoigne le portail d'entrée, côté rue et côté cour. S'adonnant à l'architecture, on lui accorde la possibilité d'avoir été l'architecte de son hôtel. L'intérieur de la demeure conserve quelques exemples remarquables des décorations successives telles que ses plafonds peints et cheminées.

    Pour l'anecdote, cet hôtel particulier a été utilisé comme décor lors du tournage du film Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau.

    Dijon avec Arlette

    La façade intérieure présente un superbe toit en tuiles vernissées.

    Dijon avec Arlette

    Cette photo d'internet vous en montre plus...

    Dijon avec Arlette

    Quand on se retourne, c'est encore plus majestueux : un portique inspiré de la Renaissance à l'italienne clôt la cour intérieure (je n'ai pas trouvé sur le net l'origine de sa pierre rouge). 

    Dijon avec Arlette

    Les pilastres, qu'ils soient de coupe rectangulaire ou ronde, sont élégamment décorés d'un entrelacement de lierre...

    Dijon avec Arlette 

    Dijon avec Arlette

    Pas un centimètre ne reste sans être sculpté...

    Dijon avec Arlette

    Le plafond intérieur n'est pas en reste.

    Dijon avec Arlette

    Non loin de là, je remarque une belle maison à colombages.

    Dijon avec Arlette

    Nous voici arrivées sur la Place des Ducs de Bourgogne : la statue de Philippe le Bon veille sur l'entrée du musée des Beaux-Arts.

    Dijon avec Arlette

    Dijon avec Arlette

    Les fenêtres du musée sont ornées de petits pignons et sont soulignées par une balustrade ajourée du plus bel effet.

    Dijon avec Arlette

    On aperçoit ici la tour Philippe le Bon qui offre, du haut de ses 46 mètres, un panorama exceptionnel sur la ville (pour cela, il faut gravir ses 316 marches...). Elevée entre 1450 et 1460, elle domine l'ensemble du Palais des Ducs et des Etats de Bourgogne et rappelle le prestigieux passé médiéval de la ville de Dijon.

    Dijon avec Arlette

    A cette époque, c'étaient les Ducs de Valois-Bourgogne dont les noms sont inscrits sur cette pierre (Jean-sans-Peur, Philippe-le-Bon et Charles-le-Téméraire) qui régnaient sur la région.

    Dijon avec Arlette

    Voici où nous sommes arrivés en sortant de l'église Notre-Dame : nous traversons la cour de Flore, puis la cour d'honneur avant d'accéder à l'ancienne place royale.

    Dijon avec Arlette 

    Le Palais des Ducs de Bourgogne est affecté pour une part à l'Hôtel de ville et pour l'autre au musée des Beaux-Arts.

    Dijon avec Arlette

    Voici sa façade avec la tour Philippe le Bon à l'arrière-plan.

    Dijon avec Arlette

    Dijon avec Arlette

    Une jolie grille donne accès à l'actuelle place de la Libération. 

    Dijon avec Arlette

    Face au Palais des Ducs, une harmonieuse place en arc de cercle pourvue de fontaines qui, aujourd'hui, ne s'avèrent pas vraiment utiles vu le temps maussade... 

    Dijon avec Arlette

    Dijon avec Arlette

    Nous empruntons ensuite la rue Porte aux lions où se trouve au N°8 une maison du XVème siècle présentant une jolie Vierge à l'enfant.

    Dijon avec Arlette

    Dijon avec Arlette

    C'est dans ce petit restaurant, le Bistrot de l'Amiral, que se terminera cette matinée.

    Dijon avec Arlette

     

    Nous consacrerons l'après-midi à la visite du Musée des Beaux-Arts mais ceci sera pour un prochain post !


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  • Autour de notre visite à la cousine Aimée, nous avons retrouvé Arras avec grand plaisir.

    Ayant pris la route jeudi après le déjeuner, deux heures après nous prenions livraison de notre gîte, un petit studio situé au 31 place des Héros dans l'immeuble de "La griffe d'Arras", un chocolatier-glacier.

    Arras

    Arras

    Il faut le mériter son gîte : on se croirait à Amsterdam !

    Arras

    Piétonnière, la place des Héros (ainsi baptisée en 1945 en hommage aux résistants fusillés durant la Seconde Guerre mondiale) est un genre de place des Vosges à Paris d'où on aurait retiré toutes les voitures : le rêve d'Anne Hidalgo !

    Il faut dire qu'elle a de la gueule avec ses maisons aux pignons à volutes et ses arcades au rez-de-chaussée des habitations.

    Vue depuis notre studio

    Aimée à Arras

    Les propriétaires d'un soir... (ne riez pas, ça fait des souvenirs, les photos !)

    Arras

    Le coin-cuisine est très bien aménagé.

    Arras 

    Nous avons admiré les superbes fenêtres aux vantaux en fer forgé qui servent de double-fenêtres au studio : utiles aux beaux jours quand on est situé juste au-dessus d'un café...

    Arras

    De très jolies aquarelles ornent le studio, tel celui-ci représentant la place un jour de marché avec, en toile de fond, l'Hôtel de ville et son fameux beffroi.

    Arras

    Quand on parle du loup...

    Arras

     La place, libérée des voitures, fait le bonheur des cafés qui y ont installé de grandes terrasses.

    Nous sommes aux première loges !

    Arras

    Il est temps de goûter un peu au sirop de la rue.

    Arras 

    Le beffroi, tour haute de 75 mètres, a été édifié de 1463 à 1554. Au sommet se dresse le lion d'Arras, animal emblématique de la ville. L'hôtel de ville, lui, date du début du XVIème siècle : il est de style gothique flamboyant. Totalement détruits en 1914, le beffroi et l'Hôtel de ville sont reconstruits à l'identique par Pierre Paquet, architecte en chef des Monuments Historiques. Il a su respecter les styles anciens tout en adoptant la modernité avec l'emploi du béton armé pour les structures porteuses. Les deux édifices sont inaugurés en 1932.

    Le beffroi d'Arras est classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis le 15 juillet 2005. 

    Arras

    Il a été élu "Monument préféré des français" en 2015. A cette date, on était déjà à Arras et on avait été interviewés par "La Voix du Nord" comme touristes visitant le beffroi : ma cousine Aimée nous avait montré ensuite l'article paru dans le journal !

    Arras 

    Depuis la colonnade de l'Hôtel de ville 

    Arras

    Nous promenant le long des arcades, je remarque ces jolis macarons sculptés.

    Ici, L'amiral et sa longue vue...

    Arras

    La sirène,

    Arras

    La salamandre,

    Arras 

    et la licorne.

    Arras

    Cette enseigne est celle d'une pâtisserie (celle de Sébastien et Corinne Thibaut) qui fabrique les deux spécialités arrageoises : les rats et les cœurs.

    Arras

    Les rats

    On ne prononçait pas autrefois le « s » d’Arras. « Arra » devient « A Rats » dans l’imagerie et le langage populaire. Des rats apparaissent sur les sceaux de la ville officiels dès le 14e siècle autour d’un lion et d’une enceinte fortifiée. Ils figurent également dans les attributs de l’Évêché d’Arras, dès 1331. Adopté par l’atelier monétaire de Philippe II d’Espagne au 16e, l’image du rat s’exporte et devient le curieux emblème d’une ville plutôt espiègle.

    Bon : renseignements pris sur le net, il paraîtrait que cette explications serait fausse et que Arras serait la contraction du nom d'Atrébates (ATREBATES donne Atrades / Atradis / Aras puis Arras).

    Le plus célèbre : le rat en chocolat

    Arras

    Les cœurs

    Il faut remonter au Moyen-Age pour en retrouver les traces. Plus précisément sur les armoiries d’une grande famille arrageoise : Les Crespin. Une certaine dame Emma Crespin possédait au 12e siècle un moulin sur le Crinchon (cours d’eau aujourd’hui souterrain), en plein cœur d’Arras, place du Wetz d’Amain. Sur ses armoiries figuraient des petits cœurs. De cette forme, aurait-elle fait une spécialité en pain d’épices, reprise par des « faiseurs de pain despisses » dès le 14e siècle ?

    Les cœurs d'Arras en vitrine

    Arras

    Nous voici maintenant arrivés sur la Grand-Place qui communique avec la place des Héros par la rue de la Taillerie. Une grande roue y a été installée. En arrière plan, le beffroi de l'Hôtel de ville.

    Arras

    Son alignement de maisons majestueuses est le témoin de sa prospérité passée.

    Arras

    Arras

    Si, au lieu de lever le nez, on regarde ses pieds, on trouve les éternels pavés du nord...

    Arras

     Retour à l'appartement après avoir dîné au café d'en bas : la place est maintenant très animée.

    Arras

    Je regarde la nuit tomber sur la place...

    Arras

    Avez-vous vu cette petite maison sur la droite d'une seule largeur de fenêtre... ?

    Arras

     Le lendemain matin, c'est jour de marché sur la place des Héros : les marchands s'installent sous une pluie fine...

    Arras

    Arras

     Un petit tour du côté de l'Hôtel de ville : même reconstruit en 1932, il garde toute la splendeur de l'origine de sa construction (1501).

    Arras

    Si à l'extérieur il est toujours de style gothique flamboyant, à l'intérieur il a été restauré dans le style Art déco. Nous n'avons malheureusement pas pu le visiter à cause des restrictions sanitaires, mais en voici une vidéo.

    Sur la gauche de l'Hôtel de ville, deux dates : 1927 et 1931.

    Arras

    Arras

    Et de curieuses sculptures de têtes grimaçantes.

    Arras

    Arras

    A chaque fois que nous allons à Arras, nous passons voir les géantsColas et Jacqueline vivent leur amour au grand jour depuis 208 ans. L’idylle du couple de maraîchers d’Achicourt est née sous la plume du poète Leguay en 1812. Les figures de légende d’une ville naissent parfois d’une chanson. Ce qui est le cas de nos deux amoureux arrageois.

    Depuis 40 ans, Jacqueline et Colas animent les grands événements de la vie arrageoise. Les Jouteurs de la ville, membres de la plus ancienne association locale, veillent sur eux et les accompagnent lors de leur sortie à l’occasion des fêtes d’Arras. Entre les géants et les Arrageois, l’histoire d’amour est bien réelle. Et elle n’est pas près de s’éteindre.

    Arras

     

    Et voici Dédé (à droite), le fils de Jacqueline et Colas, à côté de l'Ami Bidasse.

    "Avec Bidasse" est une chanson créée en 1913 par le chansonnier Charles-Joseph Pasquier dit Bach qui la chantait, comme il était d’usage à l’époque pour ce type de répertoire, habillé en tourlourou, en comique-troupier, vêtu du sacro-saint pantalon rouge-garance de l’infanterie.

    "Avec l’ami Bidasse,
    On n’se quitte jamais,
    Attendu qu’on est,
    Tous deux natifs d’Arras,
    Chef-lieu du Pas-d’Calais"

     

    Arras

     

    Nous finissons cette balade par un petit tour sur le marché : ce n'est pas à Paris qu'on verrait vendre des poules et des coqs !

    Arras

    Arras

    Fin de ce petit week-end improvisé : une réussite !


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