• Au mois d'avril, Anne-Marie Guérin, la présidente de notre association, a organisé dans le cadre de son atelier "Petites promenades dans Paris" une sortie dans le 20ème arrondissement intitulée "Le village de Charonne". J'ai doublé cette promenade une semaine après avec d'autres adhérents après avoir potassé ses notes et complété mes recherches sur le net car je n'étais jamais allée dans ce quartier de la capitale, aussi bizarre que ça puisse paraître.

    A la sortie du métro Porte de Bagnolet, une dizaine d'adhérents a répondu à l'invitation d'Anne-Marie. Même chose à peu près lors de ma propre sortie.

    Ces petits nombres permettent de meilleures conditions de visite.

    le village de Charonne avec Générations 13

    Anne-Marie nous présente tout d'abord un plan de Paris datant de 1860 montrant l'annexion des villages environnant le Paris préexistant aux grands travaux d'Haussmann. C'est ainsi qu'est né le 20ème arrondissement, issu du rattachement des villages de Charonne et de Belleville à la capitale. 

    En rouge, le Paris circonscrit par le mur des Fermiers Généraux, en orange les agrandissements sous Haussmann allant jusqu'à l'enceinte de Thiers : c'est le Paris d'aujourd'hui. Lors de son annexion en 1860, le village de Charonne - dont on ne connaît pas l'origine du nom - comptait quinze mille habitants.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Une dizaine d'années plus tard, le village de Charonne est le théâtre de violents affrontements lors de la Commune de 1871, en particulier le 28 mai lors d'un ultime et sanglant épisode. Les derniers insurgés se sont retranchés dans le cimetière du Père-Lachaise (en blanc sur le plan). Les "Versaillais" les attaquent bientôt et une lutte féroce se livre parmi les tombes. Le lendemain à l'aube, les survivants sont fusillés contre le mur d'enceinte. Une large tranchée, ouverte sur place, reçoit les corps : c'est le mur des fédérés.

    Selon la tradition, vers 430, Saint Germain, alors évêque d'Auxerre, aurait rencontré sur les coteaux de Charonne une jeune fille de Nanterre, âgée d'environ 10 ans, qu'il consacre à Dieu. Geneviève, c'est son nom, se distinguera dix-sept ans plus tard en défendant Paris contre les Huns d'Atila : elle deviendra la patronne de Paris.

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    Notre promenade commence au niveau du boulevard Mortier que nous empruntons pour rejoindre "La campagne à Paris", une cité ouvrière mise en œuvre par une société coopérative créée en 1908.

    Des petites maisons poussent sur les gravats des percées haussmanniennes des avenues de la République et Gambetta à l'emplacement d'une ancienne carrière de gypse. La cité ouvrière est achevée en 1926. Malgré l'intervention de différents architectes, l'ensemble présente une certaine unité.

    Cela permet à la classe ouvrière (ouvriers, fonctionnaires, employés à faibles revenus) d'accéder à la propriété via une centaine de pavillons construits spécialement pour eux et proposés à des prix abordables.

    le village de Charonne avec Générations 13

     Tiens... Quelqu'un que je connais !

    le village de Charonne avec Générations 13

    C'est à l'angle de la rue Irénée Blanc et de la rue Jules Siegfried qu'a été tourné le film "Le petit Nicolas" réunissant à l'écran Kad Merad et Valérie Lemercier.

    le village de Charonne avec Générations 13

    La maison n'a pas changé...

    Le village de Charonne avec Générations 13

    De nos jours, il semble que le stationnement y soit maintenant interdit.

    le village de Charonne avec Générations 13

    Il parait que François Hollande et Julie Gayet y ont acheté une maison de 150 mètres carrés sur trois étages, agrémentée d'un jardin arboré, à l'abri des regards indiscrets cette fois-ci. C'est Closer qui le dit...

    Peut-être celle de cette photo !!!

    le village de Charonne avec Générations 13

    Nous quittons ce charmant quartier - véritable havre de paix - en empruntant l'un des nombreux escaliers qui le font communiquer avec le reste du quartier.

    le village de Charonne avec Générations 13

    La place Edith Piaf n'est qu'à deux pas : on y trouve une statue en bronze - de Lisbeth Delisle - de la célèbre chanteuse dans une posture bien connue.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Nous nous retrouvons ensuite toujours sur la même place autour d'un transformateur EDF sur lequel est fixée une autre sculpture - du belge Michel Devillers - qui rend hommage à la "môme". La légende veut que la chanteuse ait vu le jour sous un lampadaire de la rue de Belleville même si en réalité elle serait née à l'hôpital Tenon.

    On peut y trouver les dates d'Edith Piaf (1915-1963) et une dédicace de Jean Cocteau : "Elle est inimitable. Il n'y a jamais eu d'Edith Piaf, il n'y en aura plus jamais."

    le village de Charonne avec Générations 13

    Une petite boîte à musique permet d'écouter "La vie en rose" et, contrairement à celle de la maison de Brassens dans l'impasse Florimond, elle fonctionne !

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Ecoutez Edith Piaf...

    Nous nous dirigeons maintenant en direction du Jardin de l'Hospice Debrousse et passons devant ces immeubles (Art Déco, me semble-t-il).

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Anne-Marie nous explique qu'il y avait autrefois des vignes à Charonne, en témoigne la rue des Vignoles (vignobles sans le b). L'enceinte des fermiers généraux était en effet une enceinte à caractère financier : il y avait là des octrois où l'on payait des taxes sur les marchandises entrant dans la ville, ce qui régulait un peu le nombre de tavernes de la capitale.

    C'est la raison pour laquelle s'établirent ici des guinguettes (à Charonne, Belleville et Ménilmontant) qui étaient de l'autre côté de la barrière. Par ailleurs, on dit que le vin de Charonne n'était pas fameux, juste bon à faire du vin de messe !

    Il y avait aussi un château à Charonne, le château de Bagnolet : construit pour Marie de Bourbon-Condé (1606-1692), il fut remanié à la fin du XVIème siècle pour Martin de Bragelongne, Prévôt des marchands de Paris, mais fut détruit en 1856 après être passé entre plusieurs mains.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    En 1719, la duchesse d'Orléans, fille naturelle de Louis XIV et de Madame de Montespan et épouse du Régent, acquiert le château et fait édifier vers 1734 des pavillons de repos appelés "folies" tel que celui-là.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le Pavillon de l'Hermitage est le seul vestige du Château de Bagnolet. Il n'est visitable qu'aux Journées du Patrimoine. Le nom du pavillon ne vient pas du fait qu'il était retiré mais plutôt de son intérieur recouvert de peintures murales en grisaille représentant des ermites en méditation.

    Merci Marylène pour la photo...

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le groupe du 22 avril devant le Pavillon

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Anne-Marie nous parle de deux événements liés à Charonne.

    Le complot du 21 janvier 1793 : sous la révolution, ce pavillon appartint au Baron de Batz, député à l'Assemblée constituante et contre-révolutionnaire français qui a comploté pour faire évader Louis XVI sur le trajet qui le menait de la prison du Temple à l'échafaud dans le quartier de Bonne-Nouvelle : plusieurs de ses amis ont été guillotinés tandis que lui a réussi à échapper aux révolutionnaires.

    Le massacre de Charonne du 8 février 1962

    Nous sommes en pleine guerre d'Algérie, rappelez-vous...

    La manifestation contre l'OAS (l'Organisation de l'Armée Secrète militant pour que l'Algérie reste française) organisée par le Parti communiste français est violemment réprimée à la station de métro Charonne. Le mot d'ordre de la CGT et de la CFTC était "tous en masse à 18h30 à la Bastille". La manifestation ayant été interdite, le préfet de police de l'époque, Maurice Papon, décide de la réprimer avec l'accord du ministre de l'intérieur, Roger Frey.

    La version officielle, c'est que les manifestants qui essaient de se réfugier dans la bouche de la station de métro se heurtent à la grille du métro qui était fermée, trouvant ainsi la mort piétinés. La réalité est toute autre : les policiers poursuivent les manifestants dans la station en leur lançant des grilles d'arbre et des bancs.

    Huit personnes trouvent la mort ainsi qu'un neuvième qui décède à l'hôpital des suites de ses blessures.

    Une plaque commémorative de l'événement, à l'intérieur de la station Charonne, est fleurie chaque année lors de la date anniversaire par la CGT, le PCF et l'Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le 8 février 2007, quarante-cinq ans après les faits, le carrefour à l'intersection de la rue de Charonne et du boulevard Voltaire a été nommé place du 8 février 1962 par Bertrand Delanoë, maire de Paris.

    Les victimes de la manifestation sont enterrées dans le cimetière du Père-Lachaise près du mur des fédérés, dans le secteur où se trouvent les tombes des dirigeants du Parti communiste français.

    Une foule de 500.000 à 1.000.000 de personnes suivra leur inhumation.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le 8 février 2022, le Président de la République a fait déposer une gerbe de fleurs par le Préfet de Police à l'occasion du 60ème anniversaire du massacre lors d'une cérémonie au Père-Lachaise.

    Lény Escudéro a écrit, en 1968, la superbe chanson "Je t'attends à Charonne", dédiée aux victimes.

    L'affaire est évoquée aussi dans une scène du film "Diabolo menthe" (1977) où le professeur d'Histoire essaie d'intéresser ses élèves qui baillent aux corneilles à l'écoute de son cours sur la Convention en donnant la parole à l'une d'entre elles qui a vécu cette triste actualité.

    Cliquez ICI pour voir le passage correspondant.

     Au sortir du jardin, nous empruntons la rue de Bagnolet et, aux numéros 134-136, Anne-Marie nous fait remarquer ces curieux escaliers à double volée qui font accéder aux perrons surélevés de deux maisons : la rue passait autrefois à cette hauteur jusqu'en 1847, date à laquelle on la creusa pour que les maraîchers et les charrettes chargées de pierres destinées aux chantiers des fortifications de Thiers de retour sur Paris gravissent plus facilement la pente. 

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Nous voici arrivés devant l'église Saint-Germain de Charonne qui se trouve située, elle aussi, en haut d'une volée d'escaliers créés probablement à la même époque.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Elle n'a pas toujours été comme ça, en témoigne cette gravure datant de 1830.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    L'église s'est rendue célèbre dans la dernière scène du film "Les tontons flingueurs" - le mariage -, où l'on voit l'environnement (le quartier Saint-Blaise) ainsi que l'intérieur de l'église dans la scène des tontons agenouillés sur des prie-Dieu pendant que la voiture de la bande rivale explose...

     Le village de Charonne avec Générations 13

    Il y a un paquet de répliques cultes dans ce film...

    "Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît". (Fernand Naudin/Lino Ventura)

    "Patricia, mon petit, je ne voudrais pas paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la Pampa parfois rude reste toujours courtois mais la vérité m'oblige à te le dire, ton Antoine commence à me les briser menu". (Fernand Naudin/Lino Ventura)

    "Vous avez beau dire, y'a pas seulement d'la pomme, y a aut'chose... Ca serait pas des fois de la betterave ?". (Paul Volfoni/Jean Lefebvre)

    A gauche de l'église, l'entrée du cimetière qui compte 650 tombes.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    L'église Saint-Germain de Charonne est la seule avec Saint-Pierre de Montmartre a posséder encore un tel cimetière attenant.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Tout de suite à gauche, le mur des Fédérés rend hommage aux morts de la Commune de Paris en 1871.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Vue générale sur le cimetière et l'église Saint-Germain

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Parmi les tombes, certaines sont celles de personnages célèbres.

    Celle-ci est celle de Josette Malraux et de ses deux fils. La femme d'André Malraux a été happée par une train en 1944 et ses deux fils sont décédés dans le même accident de voiture en 1961...

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Au fond du cimetière, un curieux monument : cet enclos est celui de François Bègue dit le Père Magloire.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    A qui voulait bien l'entendre, et ils furent nombreux, François Bègue racontait qu'il avait été le secrétaire de Robespierre et qu'il avait échappé in extremis au 9 Thermidor qui entraîna la chute de l'incorruptible. N'avait-il pas aussi créé une superbe rose ?

    Tout ceci n'est que le fruit de l'imagination débordante du personnage. Peintre en bâtiment, ou serrurier, et aussi un peu rebouteux, il avait accumulé une fortune des plus rondelettes qui lui permit d'acheter cet emplacement en 1833 et d'y faire édifier ce monument avec des matériaux de récupération.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    On trouve aussi non loin de là la tombe de Pierre Blanchar, acteur et metteur en scène français qui a notamment joué aux côtés de Michèle Morgan dans le film de Jean Delannoix "La symphonie pastorale" en 1946 récompensé par la première Palme d'or au Festival de Cannes.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le village de Charonne avec Générations 13

    En sortant du cimetière, on passe aussi devant la tombe de Robert Brasillach.

    Le voici peu avant son exécution

    Ecrivain, journaliste - patron de "Je suis partout" - et polémiste, il était également collaborateur et a été fusillé au fort de Montrouge à la libération malgré la démarche de François Mauriac auprès du Général de Gaulle. L'église et son cimetière sont longuement décrits dans l'un de ses livres "Les sept couleurs".

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Avant de quitter le cimetière, une photo amusante : ce chat était déjà présent le 15 avril ! C'est un habitué du cimetière... Il faut dire qu'il y est régulièrement nourri.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    A l'angle de la rue des Pyrénées et de la rue de Bagnolet se trouve une "pelle" Stark intitulée "Casque d'or" dont on reparlera plus tard.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Idem de l'ancienne gare de la Petite Ceinture et de ses rails désormais désaffectés que nous croisons rue de Bagnolet. La Flèche d'Or est un lieu entre salle de concert, bar et lieu de convivialité.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Pour l'instant, place à la visite du quartier Saint-Blaise

    La rue Saint-Blaise fait juste face à l'église Saint-Germain et nous allons la descendre jusqu'au bout non sans nous retourner pour profiter de la jolie vue sur l'église (photo "parisianavores.paris").

     Voyez comme elle est joliment décorée de jardinières fleuries !

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Celle-ci m'a bien plu...

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Petit arrêt devant ce magasin qui vend des Panamas

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Vue sur une superbe cour intérieure

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Beaucoup de Street Art dans la rue Saint-Blaise

    Celui-ci est de Thomas (@loup-y-es-tu)

    Mais que regarde ce loup et ce petit chaperon rouge... ?

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Ce petit personnage qui dit un mot que je n'ose pas transcrire...

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Pas mal aussi cette adolescente avec sa plume et son chien...

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Sur cette place appelée Place des Grès (son nom fait référence à un ancien dépôt de pavés de grès de Fontainebleau), se trouvait au Moyen-Age le poteau de justice (ou pilori) des seigneurs de Charonne. Il était doté d'un carcan d'infamie auquel on attachait les condamnés pour les livrer à la vindicte populaire.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Tout est dit !

    Le village de Charonne avec Générations 13

    En continuant un peu plus bas la rue Saint-Blaise, un joli portail datant du XVIIIème siècle orne l'entrée d'une copropriété récemment rénovée.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Etrange mais heureuse association...

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Empruntant maintenant la rue Vitruve au niveau de la place des Grès, nous passons devant une plaque signalant que Barbara a habité cet immeuble entre 1946 et 1959. On peut y lire : "Et faire jouer la transparence au fond d'une cour aux murs gris où l'aube aurait enfin sa chance", un texte issu de sa chanson "Perlimpinpin". Je l'avais oubliée...

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Angle rue Vitruve et rue Albert Marquet : regardez la Salamandre ! (le square du même nom n'est pas loin).

    Le village de Charonne avec Générations 13

    La plaque dit ceci : "On raconte dans la légende qu'une salamandre après être passée par le square où elle aurait laissé une longue trace, se serait dirigée vers la rue Albert Marquet et s'arrêta pour se reposer dans un coin de la rue Vitruve..."

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Je vous avais parlé de la rue des Vignoles au début de ce post, et bien nous y sommes arrivés. Ce joli nom évoque en effet la culture de la vigne, autrefois l'une des activités principales des habitants de l'actuel 20ème arrondissement et, tout particulièrement, du coteau de Charonne prédisposé à la viticulture par son exposition et la composition de son sol. Les grandes abbayes parisiennes y possédèrent très tôt vignes et pressoirs, qui leur procuraient le vin nécessaire à la célébration de la messe.

    Plus tard, ces coteaux produisirent un vin aigrelet, appelé "guinguet" (d'où la désignation des lieux où on le buvait comme "guinguettes").

    Cette rue est traversée par d'innombrables petites impasses aux noms évocateurs. Celle-ci, l'impasse Satan, voisine avec le passage Dieu mais il y a aussi l'impasse de la Confiance, l'impasse des Souhaits ou encore l'impasse Poule...

    Le village de Charonne avec Générations 13

    L'impasse des Vignoles

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Avouez qu'on oublie qu'on est en plein Paris ici.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    La rue de la Réunion que l'on croise un peu plus bas doit son nom au fait qu'ici les habitants des villages de Charonne et d'Avron pouvaient s'y rencontrer puisqu'ils étaient voisins.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Nous passons rapidement au large de l'église Saint-Jean-Bosco, de style Art déco. Il faudra que je retourne la visiter car cela en vaut sûrement la peine.

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Anne-Marie a prévu de faire une pause dans le Jardin Casque d'Or voisin où elle nous parle de la petite ceinture et de l'histoire de Casque d'Or.

    ► La Petite Ceinture

    La ligne de la petite ceinture de Paris, communément désignée sous le nom de "Petite Ceinture", est une ligne de chemin de fer à double voie de 32 kilomètres de longueur encerclant Paris à l'intérieur des boulevards des Maréchaux. Bien que faisant toujours partie du réseau ferré national, elle est aujourd'hui inutilisée sur la majeure partie de son parcours. Ouverte par tronçons de 1852 à 1869, la Petite Ceinture permet tout d'abord aux trains de marchandises de contourner Paris : ses embranchements avec toutes les grandes lignes évitent un trajet jusqu'aux gares terminus. À partir de 1862, elle absorbe la ligne d'Auteuil dans sa partie occidentale et s'ouvre aux voyageurs. Elle offre ainsi aux ouvriers, pour un tarif modéré, un service circulaire à travers les quartiers périphériques de la capitale, où les travaux d'Haussmann les ont relégués.

    Après un apogée du trafic atteignant 38 millions de voyageurs lors de l'exposition universelle de 1900, les Parisiens délaissent de plus en plus la Petite Ceinture. Ses fréquences insuffisantes, l'espacement entre les gares, leurs équipements vieillots et leur accès parfois malaisé rebutent. Elle subit en outre la concurrence du métropolitain et de l'autobus, nouveaux moyens de transport mieux adaptés aux besoins urbains. Elle ferme définitivement aux voyageurs le 23 juillet 1934. Son trafic est aussitôt repris par une ligne d'autobus homonyme nommée « PC ». Seuls circulent encore, de nuit, quelques trains de grandes lignes. Le transport des voyageurs parisiens est maintenu sur une partie de la ligne d'Auteuil, intégrée en 1988 à la ligne C du RER pour former la nouvelle ligne d'Ermont - Eaubonne à Champ-de-Mars. Quant au trafic de marchandises, il se poursuit jusqu'aux années 1990.

     Le groupe du 15 avril sous la guidance d'Anne-Marie

    Le village de Charonne avec Générations 13

    Le village de Charonne avec Générations 13

    ► L'histoire de Casque d'Or

    Le film de Jean Becker, sorti en 1952, est inspiré de l'histoire vraie d'Amélie Elie, surnommée "Casque d'Or". Née le 14 mars 1878 à Orléans et morte le 6 avril 1933 à Bagnolet, Amélie Elie est une célèbre prostituée française appartenant au milieu des Apaches, des bandes criminelles du Paris de la Belle Epoque.

    La jeune orléanaise se montre précoce en se mettant en ménage à treize ans avec un ouvrier de quinze ans surnommé "le Matelot". Retrouvés à l'Hôtel des Trois Empereurs, ils sont séparés de force. Le Matelot partage alors sa vie entre maisons de correction et fugues mais l'aventure avec Amélie dure un an.

    A quatorze ans, Amélie perd sa mère et se retrouve à la rue. Elle abandonne son petit ami, le Matelot, et lui préfère la compagnie plus réconfortante d'une prostituée, qui se fait appeler "Hélène de Courtille". Celle-ci l'accueille chez elle et la lance sur le trottoir. La petite et la femme deviennent amies et amantes. Amélie s'adapte au Paris de la nuit et au monde des voyous au service des souteneurs que la presse, comparant la Zone au Far-West, appellera les Apaches.
    Puis, elle rencontre "Bouchon", un autre souteneur qui la tabasse : elle s'enfuira de Charonne pour aller à la Bastille. Elle a alors dix-neuf ans et rencontre Joseph Pleigneur, dit "Manda", un chef de bande de vingt-deux ans (joué par Serge Reggiani dans le film) : profession, cambrioleur... Manda s'absente souvent pour affaires et Amélie, en son absence, rejoint la rue. C'est alors qu'elle rencontre Dominique François Eugène Leca (joué par Claude Dauphin dans le film) dans un bouge des Halles nommé le "Caveau des Innocents".
    Manda déclenche les hostilités en portant un coup de couteau à Leca. La guerre est déclarée. Les deux bandes s'affrontent et Leca en ressort avec deux balles de révolver dans le bras et la cuisse. L'affaire "Manda-Leca" fait la Une de tous les journaux. Leur procès, en 1902, aboutit à leur déportation en Guyane où ils mourront tous les deux.

    Amélie, elle, se marie dans le 20ème arrondissement en 1917 et devient bonnetière. Son époux est cordonnier et s'appelle André Nardin. Elle élève ses quatre neveux mais ouvre un peu plus tard une maison close rue des Rosiers appelée "Les rosiers". Elle meurt de la tuberculose en 1933 à l'âge de 55 ans. Elle est inhumée au cimetière de Bagneux.

    La bande-annonce du film de Jacques Becker

    Le groupe du 22 avril avec moi

    Le village de Charonne avec Générations 13

     

    La promenade se termine sur le boulevard de Charonne au niveau du métro Avron.

    Un grand merci à Marylène pour les photos qu'elle m'a envoyées et qui ont complété les miennes.

    Et merci aussi bien sûr à Anne-Marie pour avoir préparé et guidé cette jolie balade. 


    2 commentaires
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    C'est Michel Duffau qui, pour la seconde fois cette année, guide cet après-midi l'atelier de Générations 13 intitulé "Petites promenades dans Paris". Il a choisi aujourd'hui de nous entraîner sur les pas de Georges Brassens en nous contant sa vie au fil des différents lieux qu'il habita dans Paris et même ailleurs.

    Le rendez-vous est donné à la station de bus Didot sauf que... la RATP est en grève ! Je rejoins donc, à pinces, la dite station où je retrouve une quinzaine d'autres adhérents de l'association, ayant sans doute été, comme moi, bercés par les mélodies de Brassens.

    Michel nous retrace tout d'abord l'enfance du poète, né à Sète en 1921 d'un père, Jean-Louis, qui est maçon et d'une mère napolitaine, Elvira, lingère.

    En compagnie de ses parents, consultant l'album de famille en 1954

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Georges Brassens va dédier plus tard une très belle chanson à ses parents, qu'il chantera en duo avec Patachou.

    Maman Papa

    Georges, que ses camarades surnomment "le gros", était un élève que l'on pourrait qualifier de "classique" mais au collège il s'ennuie ferme. Sa vie commence après la classe, entre baignades et virées avec les copains. Seul son professeur de français, Alphonse Bonnafé, l'intéresse beaucoup. Ce dernier encourage le jeune homme à lire de la poésie, lui qui plus tard mettra d'ailleurs en musique ses poètes préférés (François Villon, Victor Hugo et Aragon). Georges va par la suite, pendant toute sa vie, dévorer les livres.

    la maison, tout le monde chante et le bambin connaît rapidement le répertoire à la mode, avec une prédilection durable pour Ray Ventura puis Charles Trenet. Il écoute aussi les chansons de Fréhel et de Mireille (vous savez..., Le Petit Conservatoire de la chanson). Un peu plus tard, il découvre le jazz qui influencera ses compositions très rythmées et sa scansion, reconnaissables entre toutes. 

    Après avoir commis quelques larcins en compagnie d'une bande de "garnements", Georges écope de quinze jours de prison avec sursis (les avis divergent sur la durée exacte de la peine). Exclus du lycée, son père l'envoie à Paris où il est hébergé chez sa tante, Antoinette, la sœur de sa mère. Celle-ci habite une pension de famille au 173 de la rue d'Alésia dans le XIVème arrondissement.

    Nous sommes dans les années 1940 : Georges Brassens a environ 17 ans.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Antoinette possède un piano et des méthodes pour apprendre : Georges, qui vient d'être engagé aux usines Renault pour trois mois (même si son désir profond était de ne pas travailler !) ne se le fait pas dire deux fois : il compose ses premières musiques au piano puis les transcrit à la guitare pour pouvoir se produire dans les cabarets de la rive gauche qui sont exigus.

    Il écrira quelque 200 chansons dont certaines ont été composées dès cette époque ou un peu plus tard comme : La mauvaise réputationLa mauvaise herbeles quatre bacheliersLes ricochets...

    Brassens chante ici La mauvaise herbe en compagnie de ses amis attablés. Parmi eux, on reconnaît Pierre Tchernia et Marcel Amont avec lesquels il est très lié.

     

    Les ricochets, une vraie pépite ! Ecoutez-le faire l'apologie d'Apollinaire...

    C'est devant cette grande photo de l'artiste placardée sur un mur aveugle de la rue d'Alésia que Michel va faire durer le suspense pendant une petite demi-heure avant que l'on découvre "pour de vrai" la fameuse impasse Florimont où Georges Brassens habitera pendant 22 ans.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Le temps de nous conter la suite de l'histoire !

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    A cette époque, Brassens rencontre une amie de sa tante, Jeanne Le Bionnec, de trente ans son aînée, couturière, avec laquelle il va entretenir une liaison. Mais la guerre éclate et il est envoyé au STO à Basdorf, près de Berlin, en Allemagne pour travailler à l'usine BMW qui fabrique des moteurs d'avion.

    Il va s'y faire une bande de copains qu'il ne quittera jamais. Il rencontre en particulier Pierre Onténiente dit "Gibraltar" qui travaille à Basdorf comme bibliothécaire qui deviendra son secrétaire particulier et René Iskin qui sera le premier interprète de ses chansons.

    Brassens et Gibraltar en 1975

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Michel Duffau nous raconte une anecdote concernant cette période : dans leur chambrée, les jeunes gens râlaient après Brassens qui lisait ou qui écrivait ses poèmes à la lueur de la bougie tard dans la nuit jusqu'à ce que le jeune Georges se propose, en compensation, de leur préparer le café du matin...

    Il nous explique aussi que les allemands, pour dissuader les jeunes de s'évader lors d'une permission, les menaçaient de représailles envers leurs camarades en cas d'évasion. Georges étant bien aimé de tous, ses copains l'encouragèrent à prendre la poudre d'escampette à l'occasion d'un permission, ce qu'il fit : il ne reviendra jamais en Allemagne.

    Nous sommes le 21 mars 1944 : Georges emménage chez Jeanne et Marcel Planche, au numéro 9 de l'impasse Florimont. Marcel boit pas mal mais c'est un bon gars. Un drôle de ménage à trois s'instaure alors entre Jeanne et ses deux hommes. Marcel ne prend pas ombrage de la liaison entre son épouse et leur jeune protégé. Mieux ; il l'adopte comme un fils.

    Jeanne et Georges quand il n'a que 19 ans.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Alors, cette impasse, on va pouvoir la voir... ?

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Mais oui, pas de souci !

    Voici déjà deux plaques intéressantes : celle où l'on voit que Georges Brassens habita cette impasse entre 1944 et 1966 (époque pendant laquelle il écrivit ses premières chansons) surmonte une autre plaque qui indique qu'ici - dans l'impasse Florimont - est né son contrebassiste, Pierre Nicolas.

    Quel hasard tout de même !

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Tout au fond de l'impasse, de deux mètres de large, la maison de Jeanne et Marcel que nous commente Michel.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

     Il s'agit d'une maison - sans eau ni électricité - avec un étage et une cour attenante où vivent toutes sortes d'animaux : des chats, des chiens, des volatiles etc.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Brassens va y écrire La cane de Jeanne.

    Les maisons de Georges Brassens avec Michel Duffau

     

    Brassens en compagnie de Jeanne et de Marcel

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Le 22 septembre 1994, à l’initiative de l’association Les Amis de Georges, un bas-relief en bronze - réalisé par le chanteur Renaud - est fixé contre le mur de la maisonnette.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    En-dessous, une petite boîte à musique en forme de CD représente l'ouïe d'une guitare : une petite manivelle permettait, du temps où elle fonctionnait encore, de pouvoir écouter une chanson du poète.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Nous aurions pu ainsi écouter Les amoureux des bancs publics, une chanson qui a fait le tour du monde.

    Le 1er octobre 2005, Claudy Lentz de la ferme Madelonne, à Gouvy en Belgique, prit l'initiative de mettre trois chats sur la maison de Georges, en souvenir des nombreux chats recueillis par la Jeanne. L'autorisation put être obtenue auprès de Pierre Onténiente grâce à l'intervention de Valérie Ambroise, une artiste qui chanta Brassens après sa mort. Ces chats en terre cuite ont été réalisés par Michel Mathieu, potier à Tulette.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

     Pendant une décennie (de 1942 à 1952), le couple va nourrir, choyer, blanchir, le jeune Brassens jusqu’à ses débuts chez Patachou.

    Le voici photographié dans son bureau en compagnie de son chien.

     Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Michel nous emmène, après cette découverte de l'impasse Florimont, nous "poser" dans le square voisin, l'occasion d'une petite photo du groupe.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Là, Michel continue de nous raconter Brassens...

    Trop timide pour s’exhiber sur scène, Georges attendra dix ans avant de présenter ses chansons. Il peaufine, rature, corrige ses textes jusqu’à la perfection autant que ses mélodies : Pauvre Martin Une jolie fleurIl n’y a pas d’Amour heureuxJe me suis fait tout petit...

    Il dédiera plusieurs chansons à Jeanne et Marcel.

    Chez Jeanne, la Jeanne...

    L'auvergnat (même si Marcel était né à Brie-Comte-Robert...)

    Après la guerre, ce furent des années de grande misère où il allait souvent se faire nourrir chez ses amis du STO.

    A cette époque, il compose BonhommePauvre Martin et...

    A l'ombre des maris

    Brassens a en effet fréquenté beaucoup de femmes mariées, clandestinement pour ne pas faire de mal à Jeanne. Ainsi la petite "Jo", une jeune fille de seulement 17 ans qui lui inspira Une jolie fleur et Putain de toi.

    Georges Brassens, c'est bien connu, est un grand timide : comme beaucoup d'auteurs-compositeurs, il n'aime pas chanter. Il a beau auditionner dans des cabarets, il est souvent refusé (malgré l'aide de son ami Jacques Grello : vous vous souvenez, l'homme aux lunettes rondes à la télé !)

    Michel nous raconte une anecdote amusante (que j'ai mal entendue) mais il me semble que Jacques Grello avait payé trop d'impôts au fisc et qu'il a acheté avec la somme qu'on lui avait rendue une guitare qui deviendra celle de Brassens.

    C'est aussi l'époque de cette chanson que j'entendais très souvent chez mes parents étant jeune et que j'adorais, Le bricoleur. C'était sur un vinyle de Patachou et je la trouvais vraiment très drôle. J'ai toujours le disque et le tourne-disque qui va avec ! Allez, je ne résiste pas à vous la faire écouter, comme Michel nous l'a lui-même fredonnée...

    Au fait, savez-vous pourquoi ce surnom de Patachou... ? Michel nous explique qu'elle avait ouvert une boulangerie et lui avait donné le nom de "Chez Patachou". Ce nom lui est resté.

    C'est vraiment elle qui a lancé Brassens en lui donnant l'occasion de se produire à l'issue de l'un de ses propres récitals en janvier 1952. Le premier soir, elle chante Brave Margot et Les Amoureux des bancs publics et propose à son public de rester à la fin du spectacle afin de découvrir l'auteur de ces chansons. Brassens monte alors sur la scène du cabaret et chante, entre autres, Le Gorille et Putain de toi, que Patachou estimait ne pas pouvoir interpréter elle-même.

    Encouragé par PatachouBrassens fait ses débuts professionnels sur la scène du Théâtre des Trois Baudets, avec Jacques Canetti qui l'engage pour trois ans et qui enregistre ses premiers disques 78 tours chez Polydor (dans lesquels il chante La mauvais réputationLe mauvais sujet repentiLe gorille et Le petit cheval). C'est à partir de ce moment que Brassens est véritablement lancé.

    Finis les doutes, les désillusions, les découragements, les incertitudes, l'inconfort, le lit-cage, l'eau gelée dans la cuvette, la lumière aux bougies, finies les années galères à la charge exclusive de Jeanne et de Marcel !

    Une autre femme qui a beaucoup compté dans la vie de Brassens : il s'agit de Joha Heiman, mieux connue sous le nom de Püppchenqu'il rencontre en 1947 et dont il partagera la vie pendant plus de trente ans.

    Elle lui inspire cette chanson : Je me suis fait tout petit devant une poupée

    Elle est d'ailleurs enterrée au cimetière de Sète aux côtés du poète même s'il n'a jamais voulu lui passer la bague au doigt, l'occasion tout de même d'écrire une chanson...

    La non demande en mariage

    Michel nous fait ensuite un petit résumé de la carrière de Brassens : j'ai pris quelques notes rapidement donc je ne suis pas sûre des dates...

    En 1953, il se produit aux Trois Baudets et à La Villa d'Este.

    En 1954, il triomphe à l'Olympia deux fois et fait Bobino quatre fois.

    En 1955, c'est à nouveau l'Olympia qui l'accueille.

    Entre 1954 et 1977, il se sera produit treize fois à Bobino !

    Je le verrai deux fois dans ce théâtre mythique.

    A propos des Trois Baudets : séduit par les chansons qui passent à la radio, l’écrivain René Fallet va l’écouter un soir dans cette salle de concert du XVIIIème arrondissement. Il en sort ravi et son enthousiasme le pousse à publier un article dithyrambique dans Le Canard enchaîné du 29 avril 1953 : "Allez, Georges Brassens !"

    "La voix de ce gars est une chose rare et qui perce les coassements de toutes ces grenouilles du disque et d’ailleurs. Une voix en forme de drapeau noir, de robe qui sèche au soleil, de coup de poing sur le képi, une voix qui va aux fraises, à la bagarre et... à la chasse aux papillons."

    Touché, Brassens lui écrit pour le remercier et lui demander de venir le voir aux "Trois Baudets". Leur rencontre sera le début d’une amitié qui durera le restant de leur vie.

    Michel en a presque terminé avec "Les maisons de Brassens".

    Il nous parle tout de même encore du moulin qu'il acheta à CrépièresLe Moulin de la Bonde, où il se rend très souvent pour réunir ses bandes de copains, la maison de Jeanne étant trop petite.

    Ses copains, ce sont : les copains de son enfance à Sète, Les copains du STO à Basdorf, et les copains du milieu de la chanson. Dans ce dernier cercle, il y aura Marcel Amont et Fred Mella (Les Compagnons de la Chanson).

    Georges Brassens a revendu ce moulin quand il a été question de construire, à côté, un lotissement. Et puis, il faut dire qu'il s'est fait souvent cambrioler...

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Ces cambriolages à répétition nous ont laissé une belle chanson...

    Stances à un cambrioleur

    La fin de notre promenade nous conduit dans le XVème arrondissement voisin, rue Santos-Dumont où Brassens habita dans les années 1970.

    La villa Santos-Dumont voisine de la rue du même nom possède beaucoup de charme. Il existe comme ça dans Paris, des havres de paix que l'on ne soupçonne pas toujours.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Les maisons de Georges Brassens avec Michel Duffau

    La rue Santos-Dumont présente un alignement de petites maisons datant du début du XXème siècle. C'est dans deux de celles-ci, aux N° 42 et 46, que Brassens a vécu.

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Une dernière photo pour vous présenter la maison que Georges Brassens acheta en Bretagne : il s'agit de la Villa Flandry à Lézardrieux dans les Côtes d'Armor. L'artiste venait s'y reposer ou y trouver l'inspiration jusqu'à sa mort en octobre 1981. On en rêverait, non ?

    Les maisons de Georges Brassens avec Générations 13

    Merci à Michel Duffau d'avoir préparé cette sortie et de l'avoir animée.

    Pour ma part, je l'ai beaucoup appréciée.


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  • Ce jeudi, nous avons battu le pavé, guidés par Anne, à la découverte des passages insolites de la capitale, situés au cœur du Sentier. Il s'agissait bien sûr de la promenade bimensuelle qu'elle organise dans le cadre de son atelier "Marches de 6 km" au sein de Générations 13.

    Les 2e et 10e arrondissements en regorgent : il y avait là en effet, depuis 1789, des terrains confisqués à la noblesse et au clergé propices aux opérations immobilières. C'est ainsi qu'au 19e siècle y sont créés les premiers passages couverts drainant la clientèle aisée habitant la rive droite de la Seine.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Nous commençons notre promenade à la station Château d'Eau en découvrant, à travers des grilles hélas fermées, le Passage du Désir (autrefois Allée du Puits) au niveau du numéro 50 du boulevard de Strasbourg. Ce passage, éventré en 1852 au moment du percement dudit boulevard, possède cette belle entrée car les urbanistes haussmanniens et leurs successeurs avaient l'obligation, lorsqu'un nouveau boulevard coupait un vieux passage, de le refaire démarrer par une élégante arcade.

    Une chance, non ?

    Les passages couverts insolites de Paris

    Sous le porche, une belle voûte en briques et pierre (photo Le piéton de Paris)

    Les passages couverts insolites de Paris

    Il s'agit d'une copropriété de six cages d'escalier.

    Les passages couverts insolites de Paris

    La cour est très élégante avec les arcades de ses anciennes boutiques et ateliers en rez-de-chaussée.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Nous gagnons la rue du Château d'Eau non sans remarquer (merci Françoise H.) cette peinture murale qui donne l'illusion au promeneur qu'ici il y a toujours du soleil, ce qui n'est définitivement pas le cas aujourd'hui !

    Les passages couverts insolites de Paris

    Au croisement de la rue du Château d'Eau et de la rue du faubourg Saint-Martin, la mairie du 10e arrondissement a fière allure. Elle fait partie du quartier de la Porte Saint-Denis comme le montre ce très joli cartouche décoré d'un oiseau.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Il s'agit d'un bâtiment inspiré de la Renaissance française, dû à un architecte, Eugène Rouyer, arrivé second au concours de la reconstruction de l'Hôtel de Ville de Paris (brûlé pendant la Commune de Paris). Au niveau de la toiture, très verticale, une série de petites lucarnes surmontées de pinacles forment comme une dentelle de pierre.

    J'aime beaucoup.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Passé le perron, on accède au grand hall d'entrée, très vaste, débouchant sur un majestueux escalier d'honneur qui a tapé dans l'œil de tous les participants.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Conçu à doubles volées, il repose sur des arcs en anse de panier. A son sommet, une loggia rythmée de colonnes à chapiteaux corinthiens plonge sur le vide du rez-de-chaussée.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les dessins de différents peintres illustrateurs de livres pour enfant provenant du fonds patrimonial "Heure Joyeuse" a attiré notre attention. Dans ceux d'Isabelle Simler, les chats ont la part belle, mais pas que...

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris 

    Dans la rue Bouchardon, le marché Saint-Martin doit être un lieu sympathique pour faire ses courses. Le marché actuel est situé au rez-de-chaussée d'un immeuble moderne construit en 1987-1989. 

    Les passages couverts insolites de Paris 

    La toiture de l'ancien marché édifié en 1854 s'effondra en 1874 suite à une surcharge de neige entrainant la démolition entière du bâtiment.

    Les passages couverts insolites de Paris

    On conserva toutefois les portes de l'ancien marché.

    Les passages couverts insolites de Paris 

    Le Passage du marché a beaucoup de charme avec la terrasse de son petit hôtel qui invite le promeneur à s'asseoir pour boire un petit verre.

    Les passages couverts insolites de Paris

    On voit dans ce quartier des vêtements qui paraissent d'un autre âge...

    Les passages couverts insolites de Paris

    Tous les passages n'ont pas de belles entrées..., tel le passage Brady situé au 43 rue du faubourg Saint-Martin. 

    Les passages couverts insolites de Paris 

    Déjà ressortis ? Mais non, nous sommes ici dans la partie découverte de ce passage

    Les passages couverts insolites de Paris 

    Dans ce magasin, la maison Sommier (costumier depuis 1922) tout ici pour se déguiser, depuis l'enfant jusqu'à l'acteur de théâtre ! 

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    Un peu d'histoire

    En 1825, un commerçant du nom de Brady commence les travaux de ce passage qui sera finalement inauguré en avril 1828 et qui portera le nom de l’initiateur du projet. Dans les années 1831, c’est un lieu ou abondent les friperies, les revendeurs et les cabinets de lecture.  Puis, dans les années 1970 commencent à s’installer des commerçants indiens et pakistanais, jusqu’à occuper la quasi totalité du passage, c’est ce qui lui vaut son surnom aujourd’hui, la « petite Inde ».

    En Mars 2002, la partie couverte du passage est inscrite aux monuments historiques de Paris. Plus tard, des marchands de sommeil s’emparent de l’endroit, il devient peu à peu insalubre et la nuit tombée on redoute de s’y promener à cause de l’insécurité. En 2007, un terrible incendie finit de ternir la réputation du passage de Brady, on lamentera la mort de deux femmes et d’une fillette.  Heureusement, depuis 2011 le passage Brady reprend des couleurs, les immeubles sont réhabilités, les insalubrités résorbées et l’insécurité ne règne plus dans cette merveille du 19e siècle.

    L'autre partie, couverte, du passage se trouve de l'autre côté du boulevard de Strasbourg : ah, ce baron Haussmann tout de même, il en a fait des dégâts dans Paris ! On est tranquilles avec Anne Hidalgo maintenant : elle ne risque pas de favoriser les voitures dans la capitale, hi hi hi...

    Je plaisante, bien sûr mais ce n'est pas drôle !

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris

    A l'entrée du passage, une plaque avec un nom, celui d'Antoine Ponnoussamy qui redonna vie au passage Brady en apportant la gastronomie et la culture indienne dont la musique, la danse et le cinéma. Pionnier, il fut le fondateur de la première association culturelle franco-indienne dans les années 1970. Il œuvra pour l'ensemble de la communauté indienne de France.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Effectivement, tous les restaurants du passage sont soit indiens soit pakistanais et..., affichent des prix défiant toute concurrence.

    Les passages couverts insolites de Paris

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    Les passages couverts insolites de Paris

    Appétissant, non ?

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    Cet institut de beauté est aussi indien, même s'il affiche qu'il est bien à Paris !

    Les passages couverts insolites de Paris

    Quant aux coiffeurs, ils tiennent le haut du pavé et sont légion.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris

    Des colliers de fleurs naturellement dans cette "épicerie-artisanat" riche d’une expérience de quarante ans, spécialisée en produits des Indes proposant d'ailleurs à sa clientèle une très large gamme d’épices, thés et autres produits rares, mais aussi des produits de soins naturels, de l’artisanat et des encens.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Si vous cliquez ICI, vous verrez dans le Journal du village Saint-Martin le parcours extraordinaire d'Antoine Ponnoussamy...

    Les passages couverts insolites de Paris

    Du passage de l'Industrie,

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    Je n'ai retenu que ce fauteuil à 2500 euros. Il faut dire qu'il en jette !

    Les passages couverts insolites de Paris

    Nous rejoignons le boulevard de Strasbourg et passons devant le célèbre théâtre Antoine.

    Celui-ci a vu passer d'illustres auteurs tels qu'Albert Camus ou encore Jean-Paul Sartre, des metteurs en scène de renom comme Peter Brook ou Louis Jouvet ainsi que de prodigieux acteurs à l'image de Pierre Brasseur et Jacqueline Maillan. Le personnage le plus mémorable reste toutefois celui qui a donné son nom au théâtre, à savoir André Antoine, qui a provoqué dans cette salle une véritable insurrection artistique : le Théâtre Libre. La vocation de ce mouvement proche du naturalisme est la liberté ; le théâtre est conçu comme un fantastique laboratoire où des auteurs délaissés trouvent désormais leur place. Le jeu de l'acteur s’affranchit de toute contrainte conventionnelle afin que la mise en scène atteigne son apogée.Les passages couverts insolites de Paris

    Un peu plus loin, au coin de la rue de Metz, un immeuble intéressant : celui de la BNP Paribas.

    L'immeuble a été bâti en 1900 par Charles Lefebvre. Il est entièrement construit en béton armé, ce qui autorise la présence de grandes baies éclairant les bureaux. Les façades sont rythmées par des bow-windows superposés. Un revêtement en mosaïque de grès émaillé dû aux célèbres céramistes Alphonse Gentil et Eugène Bourdet recouvre l’ensemble du bâtiment.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Décorée d’imposants lions sculptés, la façade est couronnée par une mosaïque percée d’un oculus et surmontée d’une corniche saillante cintrée.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris

    En vue de la Porte Saint-Denis qui, en fait, n'est pas une porte mais un arc de triomphe destiné à commémorer les 40 villes prises par Louis XIV lors de la bataille du Rhin.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Le Passage du Prado : une entrée plus que simple qui s'explique peut-être par l'année de percement du boulevard Saint-Denis dans lequel il prend (1660).

    Les passages couverts insolites de Paris

    Le passage est créé en 1785 : initialement découvert, il est couvert en 1925. Son nom, donné en 1930, fait référence au musée du Prado à Madrid. Avant cette date, il était appelé « Passage du Bois-de-Boulogne », en référence à un bal public qui s'y trouvait, le bal du Bois-de-Boulogne. En 1836, y tient commerce un commissionnaire du Mont de Piété tandis que la société Les voitures de Paris à Saint-Denis y ont leur siège.

    En 2012, le passage a subi une profonde restauration. Au sol a été coulée une dalle de béton, recouverte d'un revêtement d'asphalte poli incrusté de morceaux de verre

    Zut, je l'ai loupé...

    Les passages couverts insolites de Paris

    La rénovation des fermes repeintes de couleurs vives lui a apporté une note de gaité.

    Les passages couverts insolites de Paris

    L'installation créée rend hommage au quartier indien : des carafes lumineuses inversées, luminaires pensés par Yann Kersalé et SNAIK pour la cristallerie Baccarat ont été fixées sous les éléments décoratifs en plâtre.

    Les passages couverts insolites de Paris

    La verrière Art déco après rénovation

    Les passages couverts insolites de Paris

    Le style architectural des supports de la verrière renvoie à l'expo des Arts décoratifs de 1925.

    Les passages couverts insolites de Paris

    La photographe photographiée (merci Françoise H.)

    Les passages couverts insolites de Paris

    Communautés turques, indo-pakistanaises, afghanes y cohabitent dans une multitude d'activités.

    Evidemment, ici on déjeune exotique...

    Les passages couverts insolites de Paris

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    Et le bureau de traduction qui y est installé ne chôme pas.

    Les passages couverts insolites de Paris

    La Porte Saint-Denis sous un angle inhabituel

    Les passages couverts insolites de Paris

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    Dans la rue Saint-Denis, encore des boutiques proposant des vêtements un brin démodés, quoique..., ce sont apparemment des robes de mariées.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Une bonne initiative, respectée en plus !

    Les passages couverts insolites de Paris

    Je pensais que des restaurants Ouïghour, il ne devait pas y en avoir des masses sur Paris : que nenni, celui-ci "Boulettes restaurant" est loin d'être le seul. Pas eu le temps d'aller voir ce qu'on peut y déguster mais sur le net j'ai vu qu'il était tenu pas du tout par un ouïghour qui aurait échappé aux geôles chinoises (encore une mauvaise plaisanterie...) mais par un certain Kevin Austruy, bien de chez nous et surtout "Meilleur Ouvrier de France". Apparemment, c'est excellent et pas cher.

    Les passages couverts insolites de Paris

    La devanture fleurie ornée d'une céramique de cet autre restaurant, la brasserie Dubillot, incite à s'y attarder.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Il paraitrait qu'on y mangeât bien aussi.

    Ouvert tous les jours. Service continu de 9h à 1h du matin
    222 Rue Saint-Denis, Paris 2ème
    Métro : Réaumur-Sébastopol

    Les passages couverts insolites de Paris

     Mais nous ne sommes pas là pour parler cuisine n'est-ce pas ?

    Nous voici maintenant arrivés à l'entrée du Passage du Caire donnant sur la rue Saint-Denis. Son entrée est soignée et fermée par d'élégantes grilles en fer forgé. Comme pratiquement tous les passages couverts de la capitale, celui-ci ferme le soir.

    Les passages couverts insolites de Paris

     Nous sommes en plein dans le Sentier avec ses magasins de gros de toute sorte. La principale industrie de ce passage au 19e siècle était l'imprimerie, la lithographie et la fabrication des chapeaux de paille. 

    Les passages couverts insolites de Paris

     Actuellement, c'est principalement la fabrication de mannequins pour vitrines de magasins de mode.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris

    Ca déballe, ça déballe...

    Les passages couverts insolites de Paris

    C'est aussi ici le royaume du commerce de la confection.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris

    Cela fait plusieurs fois que je remarque ces anciennes lanternes indiquant autrefois la présence de gardiens ou de concierges dans le passage.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Il serait facile de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles qui s'entrecroisent mais heureusement, nous avons un bon guide !

    Les passages couverts insolites de Paris

    L'art des verrières

    Les passages couverts insolites de Paris

    Le Passage du Caire débouche sur la place du même nom au niveau d'un superbe immeuble dont la façade est décorée à l'antique. La place, triangulaire, a été ouverte à la fin de l'année 1799 sur une partie des bâtiments et des jardins du couvent des Filles-Dieu et son nom lui fut donné en mémoire de l'entrée victorieuse des troupes française au Caire le 23 juillet 1798.

    C'était ici autrefois l'emplacement de l'ancienne Cour des miracles ainsi appelée parce que, le soir venu, "les aveugles voyaient clair..., les estropiés retrouvaient l'usage de leurs jambes". On y trouvait aussi des milliers de mendiants, tire-laine et "vendangeurs de coste" (les pickpockets de l'époque), faux paralytiques, soldats déserteurs, filles de joie... Tous ces gueux élisaient leur roi et leur reine. Il y avait une bassine devant une statue de saint volée dans une église. Les gens qui passaient devant étaient obligés d'y jeter une pièce, d'où l'expression "cracher au bassinet". Le premier lieutenant de police, La Reynie, nettoya la cour des Miracles en 24h, promettant aux six derniers mendiants encore présents d'être pendus sur place. "Bonne nouvelle" s'écrièrent le voisinage et les braves gens (d'où, dit-on, le nom du quartier).

    Les passages couverts insolites de Paris

    La façade, témoignage de l'architecture "Retour d'Egypte", comporte trois effigies de la déesse Hathor, reconnaissable à ses oreilles de vache.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Elles sont surmontées d'une frise de hiéroglyphes rappelant les batailles passées.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Tout en haut, une caricature du peintre Henri Bouginier, élève travaillant dans l’atelier du peintre Antoine-Jean Gros au début du 19e siècle dont le nez était la cible de ses camarades. Un jour il en eut assez, et se fâcha. Pour le punir, ses condisciples crayonnèrent son nez sur tous les murs de Paris !

    On parle du "nez de Bouginier".

    Les passages couverts insolites de Paris

    Sur la place du Caire, tout le monde se regroupe pour la photo.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Le Passage du Ponceau a été ouvert en 1826. Il tenait son nom d'un petit pont couvrant, au-dessus de la rue Saint-Denis, un égout à ciel ouvert. En 1413, ce petit pont s'appelait d'ailleurs le "ponceau Saint-Denis auprès des Nonnains". L'égout fut recouvert par François Miron, prévôt des marchands et le nom resta.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Le groupe regarde la plaque au sol marquée du nom du passage.

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    Un passage qui, apparemment, ne m'a marqué que par son entrée et sa sortie sur le boulevard de Sébastopol !

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     En arrivant sur le boulevard, nous faisons halte dans le square Emile Chautemps situé juste en face de l'entrée du théâtre de la Gaité Lyrique.

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    Deux bassins, à sec en ce moment - dommage - ornent le square. Elles sont l'oeuvre de Charles Gumery et d'Auguste-Louis-Marie Ottin.

    Celui du bassin nord rend hommage à l'Agriculture et à l'Industrie.

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    Celle du bassin sud met en scène Mercure et la Musique.

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    Un peu plus loin, toujours sur le boulevard de Sébastopol, une jolie entrée de porte cochère.

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    Anne nous emmène ensuite au numéro 131 qui donne accès au Passage des Dames de Saint-Chaumond où se trouve un bel Hôtel particulier datant du 18e siècle. Celui-ci a été réalisé par l'architecte Jacques Hardouin-Mansart de Lévi, petit-fils de Jules Hardouin-Mansart.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Curieusement, les deux petits putti qui ornent le portail ne portent pas le même numéro...

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    Par chance, la porte cochère ne possède pas de digicode et nous permet d'entrer dans la cour.

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    Côté boulevard de Sébastopol, une rotonde centrale anime la façade, dotée d’un élégant balcon en fer forgé finement sculpté à l’étage.

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    Les consoles du balcon, le mascaron représentant une tête de femme (œuvre du sculpteur Nicolas Pineau), ainsi que les clefs des baies cintrées sont très gracieux.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Le balcon en ferronnerie ouvragée, dalles chantournées, volutes de pierre, est marqué d'un monogramme. Je n'ai pas réussi à trouver ce que voulaient dire les lettres que je déchiffre comme DMC et je ne pense pas qu'il s'agisse de la célèbre marque de fils à broder !

    Les passages couverts insolites de Paris

    La rue de Palestro conduit vers la rue Réaumur et le métro Réaumur-Sébastopol.

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    Il s'y trouve là un très bel immeuble pourvu d'une rotonde : c'est celui de l'ancien siège des magasins Félix Potin. Du temps de sa splendeur, il était surnommé "La Poivrière" et est maintenant occupé par un Monoprix tout ce qu'il y a de plus banal. 

    Les passages couverts insolites de Paris 

    Cette "pelle Starck" (j'ai appris leur nom grâce aux "Petites promenades" d'Anne-Marie) donne les renseignements sur la rue du Ponceau. Comme je l'ai dit plus haut, l'égout du Ponceau qui empuantissait les environs fut couvert en 1605, ce qui permit de créer la rue du Ponceau, refaite en 1642.

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    Et voici la rue Réaumur avec cet immeuble qui en jette, n'est-ce pas ?

    Il se présente tel un édifice néogothique, bien loin de la tendance Art nouveau qui avait alors toutes les faveurs dans la capitale. La partie centrale est de loin celle qui se démarque : elle nous rappelle immédiatement les églises et cathédrales médiévales avec ses détails et ses hautes fenêtres en ogive que l’on imaginerait bien recouvertes de vitraux. Ajoutons à cela une sublime horloge monumentale, décorée sur le thème du temps et de l’astrologie. Sur ce cadran qui rivalise avec les plus beaux de la capitale, on découvre les différents signes du Zodiaque (que l’on retrouve sculptés un peu plus bas dans une forme animalière) et les douze mois de l’année, gravés dans une typographie typiquement médiévale. 

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    Dans la même rue, j'ai aussi remarqué ces jolies caryatides supportant un balcon. Avez-vous vu le reflet dans la fenêtre... ? Je ne suis pas parvenue à l'identifier.

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    Près de là, Anne nous fait remarquer ces deux maisons datant du Moyen-Age. C'est vrai qu'elles tranchent dans le paysage avec leurs deux seuls petits étages et leur toit à double pente.

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    A leur angle, prend le Passage Basfour reliant la rue Saint-Denis à la rue de Palestro. Il existe depuis le milieu du 14e siècle et était alors une impasse comme le montre encore une inscription gravée dans la pierre. Son nom provient d'un four à plâtre qui existait dans le passage.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Le passage est pavé, ce n'est pas si fréquent dans Paris de nos jours.

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    Les contreforts de la maison qui en fait l'angle ont dû être étayés...

    Les passages couverts insolites de Paris

    Jolie déco de balcon

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    Le Passage de la Trinité débouche à son issue sur la rue Saint-Denis. Il tire son nom d'un hôpital fondé en 1201 par deux gentilshommes allemands pour héberger les voyageurs arrivés après la fermeture des portes de l'enceinte de Philippe Auguste.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris

    Nous sommes ici au cœur de l'industrie du sexe.

    Les passages couverts insolites de Paris

    On y trouve aussi des boutiques plus poétiques...

    Les passages couverts insolites de Paris

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    Et encore un passage ! Celui du Bourg-l'Abbé

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    Édifié en 1828, par Auguste Lusson, entre le Passage du Grand-Cerf et le Passage de l'Ancre (toujours existant et bordé de boutiques mais non couvert), il est dit sur les guides que le passage Bourg-l'Abbé n'est plus aujourd'hui que l'ombre de sa grandeur passée. Perso, je ne l'ai pas trouvé si dégradé que ça mais j'ai lu aussi qu'il est en voie de réhabilitation.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Proche autrefois d'un terminus de diligences il attirait la clientèle des voyageurs qui y faisaient des emplettes en surveillant l’heure, d’où la présence de la grosse horloge.

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    La menuiserie-ébénisterie Lulli

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    L'entrée est du passage ouvrant sur la rue de Palestro est l’œuvre d'Henri Blondel, également architecte de la Bourse de commerce. Les deux caryatides qui encadrent l’entrée, sculptées par Aimé Millet sont des allégories du Commerce et de l'Industrie.

    Les passages couverts insolites de Paris

     La clé de voûte de l'arcade porte une ruche entourée d'abeilles, symbole de l'activité économique des lieux, autrefois "bourdonnante". (Photo Francine A.)

    Les passages couverts insolites de Paris

    Au sol, à l'entrée du passage, une plaque portant son nom

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    Le Passage du Grand Cerf prend dans la rue Saint-Denis au niveau du numéro 145. Son nom provient de l'ancienne enseigne d'un hôtel.

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    Nous voici arrivés dans le domaine du luxe avec ce passage faisant face à celui du Bourg l'abbé, créé en 1825 et recouvert d'une verrière depuis 1845.

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    Des silhouettes sportives le décorent en l'honneur des Jeux Olympiques d'hiver de Pékin.

    Les passages couverts insolites de Paris

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    Ici, toutes les boutiques rivalisent entre elles pour offrir au chaland les plus beaux produits.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris

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    La sortie rue Dussoubs

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    Notre balade se termine à la Tour Jean-sans-Peur.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Dernier élément du palais parisien des Ducs de Bourgogne, la plus haute tour civile médiévale de Paris a conservé un grand escalier d'apparat, le décor végétal de sa voûte d'escalier, chef-d'œuvre de sculpture : un lieu de vie presque inchangé depuis six siècles avec en particulier l'étude de Jean-Sans-Peur et les plus anciennes latrines de Paris, au confort exceptionnel.

    Les passages couverts insolites de Paris

    Deux expositions à voir ce printemps...

    Les passages couverts insolites de Paris

    Les passages couverts insolites de Paris

    Toutes les bonnes choses ont une fin, n'est-ce pas ? Et bien, nous voici arrivés au terme de ce voyage dans le temps au cours duquel nous aurons parcouru "à vue de podomètre" quelque cinq ou six kilomètres.

    Un grand merci à Anne pour cette très agréable promenade.


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  •  Ce vendredi, j'avais rendez-vous au métro République pour faire une sortie "culture" avec mon association sur le thème de l'enclos du Temple situé dans l'actuel 3e arrondissement de Paris près de la place de la République.

    C'est Michel Duffau, nouveau à l'association, qui l'encadrait. Il s'est proposé pour faire du bénévolat afin de relayer un peu notre présidente qui anime d'habitude cet atelier bimensuel "Petites promenades dans Paris" de Générations 13.

    Pour cette fois, très peu de photos réelles à l'appui et pour cause : tout à été détruit entre 1811 et 1863, ces lieux étant trop emprunts de mauvais souvenirs comme vous le verrez un peu plus loin. Il nous reste donc (nous sommes une dizaine d'adhérents, que des femmes : ça vous étonne... ?) à écouter Michel nous parler de tous les événements qui se sont déroulés dans ce sanctuaire des Templiers.

    Ces lieux chargés d'histoire ont été transformés depuis le Second Empire en un square baptisé bien sûr, Square du Temple.

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Nous profitons des bancs du square pour écouter la conférence.

    Sur les pas des Templiers : l'enclos du Temple avec Michel Duffau

    L'histoire des Templiers

    L'Ordre des Templiers est fondé en 1118, après la première croisade, par Hugues de Payns et sept autres chevaliers pour escorter et accueillir les pèlerins en Terre Sainte : ce sont des moines-soldats appartenant à un Ordre où ils entrent en prononçant des vœux et en vivant selon une règle.

    Suite à la chute du royaume de Jérusalem en 1244, ils construisent des commanderies dans toute l'Europe et particulièrement en France. Le nom de Templiers vient peut-être de ce que le roi Baudouin II de Jérusalem leur avait offert une maison près des ruines du temple de Salomon ?

    Les commanderies (qui étaient de grosses fermes) recrutaient des chevaliers (l'ordre recruta ainsi quelques quinze mille hommes, bien plus que n'aurait pu en lever n'importe quel roi de la chrétienté), recueillaient des donations, les faisaient fructifier et payaient ainsi leurs déplacement en Terre Sainte (il fallait entretenir la flotte des bateaux). L'Ordre gère ainsi, en véritable banquier, les biens de l'Église et ceux des rois d'Occident (Philippe le Bel, Jean sans Terre, Henri III, Jaime Ier d'Aragon...), ce qui ne sera pas sans conséquence...

    Le manteau des chevaliers était toujours blanc en signe d’innocence ; la croix d’étoffe vermeille était le symbole du martyre.

    Un templier au combat en Terre Sainte (peinture murale de la chapelle de Cressac en Angoumois)

    Sur les traces des Templiers... : l'enclos du Temple avec Michel Duffau

    A Paris, les Templiers reçoivent en don du roi, en dehors des fortifications de Philippe Auguste, les terres qui constituent l’enclos du Temple (limité par les rues actuelles du Temple, de Bretagne, de Picardie et de Béranger), un vaste territoire de 6 hectares formé de champs et de marécages. Jusqu'à la Révolution, cet endroit était un lieu de franchise fiscale, lieu d'exemption aux règles des corporations et lieu d'asile pour les débiteurs insolvables. Encore quelque chose qui ne plait pas à tout le monde...

    Michel Duffau nous montre une gravure de l'enclos datant du milieu de 1450 où l'on voit des personnages en dehors de l'enceinte fortifiée mais à l'origine, au XIIe siècle, les remparts étaient entourés d'un profond fossé rempli d'eau. L’enclos était une véritable forteresse : les murailles étaient crénelées, hautes de huit mètres, défendues par des tours, soutenues par des contreforts.

    A gauche, l'abreuvoir et la tour César qui protège l'église voisine Sainte-Marie du Temple, à droite la Grosse Tour ou donjon de cinquante mètres de haut avec ses quatre tours et le palais du Grand Maître de l'Ordre.

    Cet enclos était si bien fortifié que les rois et les particuliers y mettaient leurs trésors en dépôt. C'est ainsi que l'enclos du Temple devint une véritable banque. Lors de leurs déplacements en Terre Sainte, les moines-soldats utilisaient des lettres de change plutôt que de risquer de se faire voler leur argent...

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13 

    J'ai trouvé sur le net ce petit film d'animation de la société GrEz Productions qui reconstitue avec beaucoup de minutie le Paris du Moyen-Age et en particulier l'enclos du Temple (vers 1550). On s'y croirait presque !

    La même société Grez Productions a aussi fait cette animation en 3D assez extraordinaire : les concepteurs ne se sont pas contentés de représenter veaux, vaches, cochons, couvées, mais ils ont même ajouté des bruits de fond ! Cliquez ICI pour découvrir l'animation et surtout n'hésitez pas à cliquer sur les quatre carrés en bas à gauche pour faire apparaître les différentes vues dans lesquelles vous pourrez vous promener (pensez aussi à utiliser le ZOOM).

    Ah, la technique moderne, c'est tout de même quelque chose !

    Les commanderies sont placées sous l'autorité du Pape Benoit XI. Le roi, à cette époque, est Philippe le Bel qui portait bien son nom si on en croit cette peinture.

    Sur les pas des Templiers : l'enclos du Temple avec Michel Duffau

    Ce roi étend beaucoup le domaine royal par de nombreuses conquêtes mais a aussi besoin d'argent. Il s'intéresse alors à l'Ordre du Temple auquel il demande des prêts. Toujours acceptés, rarement remboursés, la dette à rembourser est conséquente et les finances du royaume au plus bas...

    Une décision s'impose : Plus de Templiers, plus de dette !

    C'est alors que Guillaume de Nogaret, fidèle serviteur du roi, se rend en Italie en vue de destituer le pape avec lequel Philippe le Bel est en désaccord. La rencontre a lieu le 8 septembre 1303, à Anagni, au sud de Rome. Elle tourne mal. On parle d'un «attentat» contre la personne du pape, qui aurait été souffleté. Peu de temps après, le pape meurt et c'est Guillaume de Bordeaux qui lui succède sous le nom de Clément V.

    Le procès des Templiers

    Avec la complicité de Clément V, le 14 Septembre 1307, dans tout le royaume, les Templiers sont arrêtés, envoyés dans les geôles royales et torturés jusqu'à obtention de leurs aveux d'hérésie au sein de l'ordre.

    Clément V et Philippe le Bel au procès des Templiers par Maître de Boucicaut

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Parmi les 140 Templiers de Paris, 54 sont brûlés vifs après avoir avoué, sous la torture, pratiquer la sodomie ou commis des crimes extravagants comme de cracher sur la croix ou de pratiquer des "baisers impudiques". Le pape prononce finalement la dissolution de l'ordre le 3 avril 1312.

    Après sept années de procès, la plupart des Templiers sont envoyés en prison ou finissent au bûcher. Le grand maître de l'ordre du Temple, Jacques de Molay, et son second Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, sont mis à mort le soir du 19 Mars 1314 sur un bûcher double sur l'île aux Juifs à Paris disparue aujourd'hui mais située alors au niveau de l'actuel square du Vert-Galant à la pointe de l'Île de la Cité.

    Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sur le bûcher
    (miniature du maître de Virgile provenant des Grandes Chroniques e France, vers 1380 (British Library)

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Toutes les richesses reviennent de droit à la royauté, affaire conclue !

    Avant de mourir, Jacques de Molay prononcera ces mots qui permettront à Maurice Druon d'écrire son fameux livre "Les rois maudits" : "Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Maudits ! Maudits ! Soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races!".

    On trouve aussi sur le net cette autre citation : "Pape Clément, roi Philippe, avant que l’année ne soit écoulée, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits !"

    A vous de choisir !

    Sa malédiction a-t-elle été entendue en haut lieu ? Toujours est-il qu'un mois plus tard le pape Clément V meurt à son tour (sans doute d'un cancer de l'intestin) et que Philippe le Bel fait une chute de cheval : le choc est d'une violence telle que le roi est dans l'impossibilité de parler (suite à un AVC sans doute). Il est rapatrié vers Fontainebleau ou il s'éteint quelques semaines plus tard, le 29 Novembre 1314.

    Avec l'affaire du Temple, la monarchie capétienne montre qu'elle entend suivre son intérêt politique et ne plus se comporter en vassale de l'Église.

    Si vous le désirez, vous pouvez écouter ce podcast d'Hérodote.net sur l'arrestation des templiers.

    L'affaire des brus

    Les trois femmes des fils de Philippe le Bel se voient accusées par sa fille Isabelle de France, reine consort d'Angleterre, de tromper leurs maris dans la Tour de Nesle... (Médiapart n'existait pas à cette époque mais la reine faisait le taf !)

    MargueriteJeanne et Blanche de Bourgogne, épouses des futurs rois Louis X le HutinPhilippe V le Long, et Charles IV le Bel, sont accusées d'adultère et comparaissent devant un tribunal spécial en avril 1314.

    Marguerite et Blanche sont enfermées à Château-Gaillard : la première mourra de mort violente en 1315, dans un cachot ouvert à tous les vents (on parle d’une pleurésie), ou vraisemblablement étranglée sur ordre de son mari. La seconde Blanche devra accepter l'annulation de son mariage et finira ses jours à l'abbaye de Maubuisson. Jeanne la femme du futur Philippe V, échappe à l'accusation d'adultère, elle est enfermée pendant un an dans la forteresse de Dourdan, puis elle est acquittée par manque de preuves.

    C'est ainsi que la branche des capétiens s'éteint et que ce sont les Valois qui reprennent le flambeau.

    Après la fin de l'Ordre des Templiers, que se passe-t-il ?

    Aux XIVe et XVe siècles, l'enclos du Temple ne change pas mais ses biens sont transférés aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (actuellement Chevaliers de l'Ordre de Malte).

    Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Templiers avaient beaucoup de terrains bâtis d'hôtels particuliers, des boutiques, des ateliers : on appelait cet endroit "La Couture du Temple". Il s'agit d'un micro quartier situé au nord-est du Marais.

    Il y avait alors ici toute une vie intellectuelle qui perdurera jusqu'à la Révolution. Le Prince de Conti, le Comte d'Artois (futur Charles X) logent ainsi dans le palais du Grand Prieur qui était propice aux grandes réceptions. On y vit passer La Fontaine, Bussy-Rabutin, Jean-Jacques Rousseau (menacé d'une lettre de cachet) et même Mozart qui, âgé de sept ans, vint jouer du clavecin lors de son premier séjour parisien en 1763 chez le Prince de Conti, grand amateur de musique.

    La scène a été immortalisée par un tableau de Michel Barthélémy Ollivier : ’’Thé à l'anglaise chez le prince de Conti’’, daté de 1766 et conservé au musée de Versailles.

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Avant la Révolution, l'enclos du Temple bénéficiait de certains privilèges :

    Les aristocrates y habitaient car c’était un lieu paisible ; mais aussi des artisans qui, grâce aux franchises héritées des Templiers, pouvaient travailler sans se soumettre aux strictes règles des corporations ; et enfin les débiteurs insolvables car la police n’avait pas le droit de pénétrer à l’intérieur du Temple.

    Michel Duffau nous conduit ensuite devant la mairie du IIIe arrondissement située derrière le square du Temple. On aperçoit sur le sol les clous marquant l'emplacement de l'ancien donjon de l'enclos.

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    L'histoire de la famille royale pendant la Révolution

    Pendant la Révolution, Louis XVI et sa famille tentèrent de rejoindre le bastion royaliste de Montmédy à partir duquel le roi espérait lancer une contre-révolution, mais ils furent arrêtés en route à Varennes-en-Argonne dans la Meuse. Vous savez qu'il fut trahi par son effigie...

    Arrestation de Louis XVI à Varennes le 22 juin 1791
    (musée de la Révolution française à Vizille)

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Le 13 août 1792la famille royale (Louis XVI, son épouse Marie-Antoinette d’Autriche-Lorraine, sa sœur, Madame Élisabeth, sa fille, Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, son fils Louis-Charles, dauphin de France), est conduite au TempleLà, des révolutionnaires leur servent un repas dans le palais du Grand Prieur (ancienne propriété du comte d'Artois). On appelle alors la famille de Louis XVI, les Capet, et on leur fait porter la cocarde.

    Afin de renforcer la sécurité au Temple, de longs travaux sont entrepris : on pose des guichets, de solides portes et des abat-jour aux fenêtres des tours pour qu’on ne puisse voir les prisonniers. Provisoirement la famille royale est logée dans la Petite Tour adossée à la Grande Tour. Cette petite tour servait depuis peu d'habitation à M. Jacques-Albert Barthélemy, ancien avocat archiviste de l'Ordre du Temple, détenteur de cette charge depuis 1774, que l'on pria de déménager illico presto !

    Dernier repas en famille de la famille royale

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Le donjon comporte 4 niveaux :

    Au rez-de-chaussée se trouve le secrétariat révolutionnaire ; au premier étage, les gardes ; le roi et son fils occupent le second étage tandis que la reine, sa fille, la sœur du roi, Madame Elisabeth, et la princesse de Lamballe (rentrée d'Angleterre pour soutenir la reine, son amie) occupent le dernier étage.

    La princesse de Lamballe sera ensuite transférée à la prison de la Force avant d'être exécutée. Sa tête sera brandie au bout d'une perche devant la fenêtre de Marie-Antoinette qui s'évanouira.

    Le poète André Chénier subira le même sort.

    Pendant cette période d'enfermement, plusieurs portraits de la famille royale seront exécutés. Ainsi, celui de Marie-Antoinette en deuil après le décès de son mari, Louis XVI. Le peintre Alexandre Kucharski avait réussi à pénétrer dans la prison du Temple entre l’exécution de Louis XVI et le départ de la Reine à la conciergerie.

    Marie-Antoinette au Temple par Alexandre Kucharski (vers 1815) - Musée Carnavalet

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Il y aura aussi celui de Louis XVI sur la terrasse du donjon du Temple.

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

     Louis XVI sera guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Marie-Antoinette, transférée après le décès de son mari à la Conciergerie, sera décapitée le 16 octobre 1793 après un procès qui aura duré deux jours seulement. Madame Elisabeth, sœur du roi, sera exécutée le 9 mai 1794 et le dauphin mourra à la prison du Temple le 8 juin 1795 (probablement de tuberculose) à l'âge de 10 ans après presque trois ans de captivité.

    Madame Royale, qui n'a que 17 ans, reste la seule survivante de la famille royale. Elle reste quelques années prisonnière puis sera échangée contre des commissaires de la Convention détenus en Autriche. Elle ira s'installer en Suisse jusqu'à la Restauration.

    L'isolement total dans lequel a été placé Louis-Charles, le dauphin, laisse planer un certain mystère et donne l'occasion à l'imagination populaire de soulever l'hypothèse de substitution d'enfant et de son exfiltration mais aucun document ne peut appuyer cette hypothèse.

    A la Révolution, l’enclos du Temple est divisé en 92 lots. L’église est démolie en 1796. Le donjon du Temple, rappelant dangereusement la tragédie vécue par la famille royale, est abattu sur ordre de Napoléon 1er en 1811. Le palais du Grand Prieur est rasé en 1853 et la Rotonde en 1863 (remplacée par le Carreau du Temple).

    Le Carreau du Temple

    Voici comment se présentait l'enclos du Temple à la veille de la Révolution (maquette du musée Carnavalet). 

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Partie intégrante de l’Enclos du Temple, la Rotonde (à droite sur la photo), construite en 1788 par l’architecte Pérard de Montreuil, bénéfice toujours des privilèges d'extraterritorialité accordés à l’enclos (exemption de taxes, etc). Les boutiques s’y louent à prix d’or. 

     La Ville de Paris fait aussi construire en 1809 un marché couvert entre la rue du Temple et la Rotonde, la "halle au vieux linge", édifié entièrement en charpente de bois, qui rencontrera un grand succès. Il est alors constitué de quatre carrés ayant chacun sa spécialité : ainsi "le Palais-Royal" se spécialise dans les tapis, soieries, rubans, gants, plumes et articles à la mode, "la Flore" dans le linge de maison, "le Pou-Volant" dans la ferraille et les friperies et "la Forêt-Noire" dans le cuir.

    Entre la "halle au vieux linge" et la Rotonde se trouvait un "carreau" des brocanteurs ou des chineurs (depuis le Moyen-Age, le "carreau" désigne un pavé plat de terre cuite servant à paver le sol pour éviter les inconvénients liés aux intempéries), terre-plein où fonctionnait une bourse du vêtement d’occasion, qui durera jusqu’à l’après-guerre, d'où l'expression "rester sur le carreau", donc en dehors des lieux importants. Il y a aussi sur le net d'autres explications pour cette expression populaire : laquelle est la bonne... ? Je ne sais pas. Le marché a aussi son propre vocabulaire, dont certains termes sont restés, comme "gonzesse" (cliente, à l’origine), "braise" ou "thune" pour l’argent.

    En 1863, la Rotonde et la "halle aux vieux linge" sont démolis : Napoléon III s'adresse en effet à l'architecte Jules Mérindol pour remplacer le marché de bois par une structure métallique constituée de six bâtiments, plus sûre face aux fréquents incendies. Sa façade monumentale s’ouvre sur la rue du Temple. Le marché, avec ses pavillons de métal, de verre et de briques, peut accueillir plus de 2000 places pour les vendeurs. En 1904, le Carreau e Carreau accueille la première foire de Paris.

    L'actuel Carreau du Temple ne comporte plus que deux bâtiments. Il a été classé en 1982 et est devenu un centre culturel, sportif et artistique.

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

     Cette vidéo tournée par des archéologues lors des travaux de rénovation de 2007 montre qu'il existe des restes de la Rotonde et du Palais du Grand Prieur sous le sol de la halle...

     Michel Duffau nous conduit ensuite au Marché des Enfants-Rouges situé à l'angle des rues de Bretagne et Charlot. Il s'agit du plus ancien marché parisien (il date de 1615) et tire son nom d'un ancien orphelinat et hôpital voisin créé par Marguerite de Navarre, sœur de François Ier, l'Hospice des Enfants-Rouges dont les pensionnaires étaient vêtus de rouge (couleur de la charité chrétienne pendant des siècles). Malheureusement, il s'est mis à pleuvoir et nous ne pourrons pas beaucoup nous attarder.

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Cette photo tirée d'internet montre bien l'ambiance familiale version "bobo" du lieu partagé entre les étals des marchands venant des quatre coins du monde et les petits restaus où on peut déjeuner sur le pouce.

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    La balade se termine au Jardin Madeleine de Scudéry situé tout près du petit marché au 1, rue des oiseaux (il est fermé à cette époque de l'année). 

    Il rend hommage à Madeleine de Scudéry (1607-1701), femme de lettres française. Orpheline dès l'âge de 6 ans, son oncle, ecclésiastique, lui donne une éducation exceptionnelle qui lui ouvre les portes du salon de l'Hôtel de Rambouillet. Elle y fréquente la plupart des célébrités de l'époque : Madame de La Fayette, Madame de Sévigné, La Rochefoucauld...

    Première femme à recevoir le prix de l'éloquence de l'Académie française, elle fut une des romancières du courant précieux du XVIIème siècle (dont Molière fit la satire dans sa pièce "Les précieuses ridicules") mais contribua ainsi à faire évoluer la langue française, influençant de grands noms de la littérature française comme La Fontaine et Molière.

    Mademoiselle de Scudéry avait un frère, George, également écrivain que Boileau railla dans des vers célèbres :

    "Bienheureux Scudéri, dont la fertile plume
    Peut tous les mois sans peine enfanter un volume !
    Tes écrits, il est vrai, sans art et languissants,
    Semblent être formés en dépit du bon sens ; [...]
    Et quand la rime enfin se trouve au bout des vers,
    Qu'importe que le reste y soit mis de travers !"

    Il faudra que je revienne voir ce petit jardin quand le figuier qui le décore donnera des fruits, l'occasion aussi de flâner dans le petit marché des Enfants-Rouges...

    L'enclos du Temple : une promenade dans Paris avec Générations 13

    Merci beaucoup Michel pour nous avoir aidées à remonter le temps, et découvrir des époques qui ne nous font pas regretter celle dans laquelle nous avons eu la chance de naître !

    Je crois pouvoir dire que nous étions toutes très satisfaites de ta prestation.


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    Ce dernier jeudi, par un temps couvert mais sans pluie, Anne nous a guidés, dans le cadre de son atelier "Marches de 6 km", à la découverte des passages couverts parisiens du XIXe siècle qui se situent majoritairement sur la rive droite. Un petit coup de ligne 7 au départ de la place d'Italie et voici les seize participants arrivés à la station Bourse.

    A l'emplacement du couvent des Filles Saint-Thomas, vaste monastère étendu de la rue Saint-Augustin à la rue Feydeau, débute en 1808 la construction de la Bourse des valeurs, sur les plans d'Alexandre-Théodore Brongniart, dont la première pierre est posée par Napoléon Ier.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Nous empruntons tout de suite la rue Vivienne voisine, ancienne voie romaine conduisant à Saint-Denis qui tire son nom de celui de la famille Vivien qui y possédait des terrains. Nous passons devant plusieurs boutiques qui font le commerce de l'or et de l'argent comme celle-ci ouverte depuis 1933.

    N'oublions pas que nous sommes tout à côté de la Bourse.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Le premier passage que nous allons emprunter donne dans la rue Saint-Marc : il s'agit du Passage des Panoramas qui permet de circuler à l'abri des intempéries jusqu'au Boulevard Montmartre.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    C'est l'un des plus anciens passages de Paris (1799) et même d'Europe. Il tire son nom, comme nous l'explique Anne, de l'existence autrefois de "panoramas" (ou cycloramas) à l'intérieur de deux rotondes de 17 mètres de diamètre sur 7 mètres de haut élevées à son entrée côté boulevard Montmartre (une attraction de l'ingénieur et inventeur américain Robert Fulton).

    Le "panorama" était une peinture à 360 degrés de grande dimension, dont la production s'est étendue essentiellement entre la toute fin du XVIIIe siècle et le début du XXe, développée sur le mur intérieur d'une rotonde et donnant l'illusion de la réalité par des effets de perspective et de trompe-l'œil.

    Les deux rotondes situées à l'entrée du passage des Panoramas (Paris, vers 1820, musée Carnavalet)

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    S'y déployaient des toiles peintes figurant des vues de Paris, Toulon, Rome, Jérusalem et d'autres grandes villes célèbres. Malgré la disparition de ces panoramas en 1831, le passage demeura longtemps un des lieux favoris de promenade des parisiens. Premier lieu de la capitale doté, dès 1817, de l'éclairage au gaz il possédait une foule de boutiques de luxe : Le café Véron, la pâtisserie Félix, la confiserie "A la duchesse de Courlande", le papetier Susse, et le graveur Stern dont le magasin existe encore.

    Du lèche-vitrines, en veux tu en voilà dans le passage des Panoramas... Anne n'a pas fini d'attendre les retardataires !

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Le French Paradox vante les bienfaits du canard et du champagne contre le cholestérol !

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Cet autre restaurant est installé dans un wagon de train reconstitué : original !
    (Photo Monick)

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Nous traversons le boulevard Montmartre pour rejoindre, juste en face, le Passage Jouffroy qui se trouve logé dans un Grand Hôtel, anciennement Hôtel Ronceray (datant du début du XIXe, il était la destination privilégiée de Rossini quand il séjournait à Paris) et désormais Best Western Hôtel Ronceray.

     

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Voici une vue de l'intérieur...

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Revenons à nos moutons...

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Dans ce type de passage couvert, on rencontre parfois de drôles de bêtes...

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Il s'agit de la boutique d'un marchand de parapluies et cannes.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Des cannes, oui, mais des cannes haut-de-gamme !

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Au bout du passage, l'Hôtel Chopin porte ce nom en hommage au compositeur qui appréciait en son temps le passage. Ouvert en 1846, année de construction du passage Jouffroy, c'est une véritable oasis de calme dit-on, aucune chambre ne donnant sur la rue, mais plutôt sur les toits de Paris.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Il jouxte l'entrée au musée Grévin, connu dans le monde entier comme Madame Tussauds à Londres pour ses personnages en cire toujours d'actualité.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Un rapide passage dans le passage Verdeau, construit en 1847 et faisant communiquer la rue de la Grange-Batelière avec le faubourg-Montmartre.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Une photo seulement ? J'ai été avare...

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Nous voici donc rue du Faubourg-Montmartre avec cette chocolaterie fondée en 1761, La mère de famille, actuellement tenue par la toute la famille Dolfi.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Aux commandes le chef chocolatier Sébastien Hérault qui réalise une large palette de douceurs telles que : bonbons de chocolat, tablettes, pâtes à tartiner, moulages... selon un savoir-faire ancestral.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Anne coucoune toujours ses ouailles : elle prévoit toujours un "arrêt technique" au milieu de la balade. Ici, ce sera à la mairie du 9ème, l'occasion de rentrer dans la grande cour. 

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Dans l'allée qui accède au bâtiment principal, des photos de tous les espaces végétalisés de l'arrondissement.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Le passage des Princes, inauguré en 1860, relie la rue de Richelieu au boulevard des Italiens. Il tire son nom de l'emplacement d'un ancien hôtel du même nom. Il est le dernier passage couvert ouvert à Paris au XIXe siècle.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Il possède une superbe verrière ornementée d'élégants lampadaires.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Au bout, une très jolie coupole en verre coloré.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Il est pratiquement entièrement occupé par la chaîne de magasins Jouéclub.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Sur le boulevard des Italiens, une jolie construction : celle du Centorial, siège central du Crédit Lyonnais. L'immeuble est construit dans le style d'Haussmann et des expositions universelles, dans le but d'impressionner les clients et les investisseurs. La tradition veut que ce style ait été choisi afin de pouvoir reconvertir le bâtiment en grand magasin en cas de faillite de la banque. Le pavillon central de la banque est inspiré du pavillon de l'Horloge du palais du Louvre, le toit de celui du pavillon de Flore.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    L'habillage en pierre, symbole traditionnel de richesse, dissimule une charpente métallique, réalisée en partie par les établissements de Gustave Eiffel. 

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne Viala

    Le passage Choiseul prend dans la rue Saint-Augustin. C'est le plus long des passages couverts parisiens avec une longueur de 190 mètres pour une largeur de 3,7 mètres. Jacques Offenbach entrait par le numéro 73 du passage pour se rendre dans son théâtre des Bouffes parisiens.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    A l'entrée, une grosse horloge indique l'heure de notre passage.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Le passage consiste en une enfilade d'arcades sur pilastres au niveau du rez-de-chaussée. Ce dernier et l'entresol sont occupés en majorité par des boutiques tandis que le premier et second étages sont plutôt résidentiels.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Ce sont des vrais !

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

     Il est recouvert d'une verrière qui fut remplacée vers 1907. Celle-ci a fait l'objet de plusieurs campagnes de rénovation-restauration entre 2012 et 2019 par l'architecte Jean Frédéric Gervet qui ont permis au passage Choiseul de retrouver une meilleur qualité architecturale grâce à la restitution de sa verrière, ses deux marquises situées aux extrémités du passage, son sol et son éclairage.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    La mère de Louis-Ferdinand Céline tenait au numéro 67 du passage un fonds "d'objets de curiosité". L'écrivain raconte son enfance ici dans "Mort à crédit".. 

    A la sortie sur la rue des petits-Champs, une belle verrière

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne 

    J'ai remarqué au numéro 38 de la même rue un superbe encadrement de porte cochère en pierre sculptée.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

     Extraordinaire, non ?

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Chemin faisant, nous voici arrivés à l'entrée de la Galerie Colbert, inaugurée en 1827. Elle tire son nom de l'ancien Hôtel Bautru (l'un des favoris de Richelieu) construit par le très jeune architecte Le Vau et acheté en 1665 par l'Intendant des finances et Surintendant des bâtiments du Roi, Jean-Baptiste Colbert, à la recherche d'un logement à la hauteur de ses fonctions.

    Dans la première moitié du XIXe siècle, le quartier devient un des lieux privilégiés d'implantation des passages couverts. L'architecte Jacques Billaud reçoit pour mission de concevoir un ensemble susceptible de rivaliser avec la Galerie Vivienne ouverte en 1825. Pour cela, il conservera en partie l'Hôtel Colbert notamment la façade, à laquelle il ajoute un étage et un portique. La Galerie Colbert ouvrira en 1828 mais ne connaîtra pas le succès de sa voisine...

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

     Sous Louis-Philippe, un magasin de nouveautés appelé "Au Grand Colbert" ouvre ses portes. Le nom sera conservé jusqu'en 1900 où il est transformé en restaurant. (photo Monick)

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Et encore une verrière...

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    En vue de la rotonde

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Au centre, une statue de Charles-François Leboeuf dit "Nanteuil" représentant Eurydice mourante ou Eurydice piquée par un serpent (bronze fondu pour remplacer le marbre exécuté à la Villa Médicis dans les jardins du Palais-Royal)

    "Eurydice épousa Orphée mais leur joie fut brève. La noce à peine achevée, comme la jeune épouse marchait avec ses demoiselles d'honneur dans une prairie, une vipère la mordit au pied et elle mourut. La douleur d'Orphée fut accablante, il décida de se rendre dans le royaume des morts pour tenter d'en arracher Eurydice." Apollonius de Rhodes (295-215) Les Argonautiques

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Superbe !

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Et voici la fameuse Galerie Vivienne qui relie la rue du même nom à la rue des Petits-Champs par un angle droit. Elle est la propriété de l'Institut de France, Académie des Beaux-Arts.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Dans ses Mémoires, Hector Berlioz donne un récit saisissant de l'atmosphère enivrée des journées de juillet 1830. Il raconte en détail une exécution spontanée de la Marseillaise, qu'il venait d'arranger pour chœur et orchestre, par un petit groupe qu'il menait, avec la participation de la foule entassée dans la Galerie Vivienne.

    " Il faut se figurer que la galerie qui aboutissait à la rue Vivienne était pleine, que ces quatre ou cinq mille voix étaient entassées dans un lieu sonore fermé à droite et à gauche par les cloisons en planches des boutiques, en haut par des vitraux, et en bas par des dalles retentissantes, il faut penser, en outre, que la plupart des chanteurs, hommes, femmes et enfants palpitaient encore de l'émotion du combat de la veille, et l'on imaginera peut-être quel fut l'effet de ce foudroyant refrain... Pour moi, sans métaphore, je tombai à terre, et notre petite troupe, épouvantée de l'explosion, fut frappée d'un mutisme absolu comme les oiseaux après un éclat de tonnerre."

    La Marseillaise d'Hector Berlioz

    La galerie est effectivement pavée de mosaïques d'époque, œuvres du célèbre mosaïste français d'origine italienne, Facchina, qui a aussi décoré l'Opéra Garnier et le Printemps Haussmann.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Il s'agit d'un luxueux passage couvert construit en 1823 selon les plans de l'architecte François-Jean Delannoy qui conçoit un décor de style pompéien. Celui-ci désirait assurer une liaison avec les jardins du Palais-Royal et leurs galeries très animées. La galerie, de 176 mètres de long, est inscrite aux monuments historiques depuis 1974. Il faut savoir qu'au début du XXe siècle la démolition pure et simple de la galerie, laissée à l'abandon, était envisagée...

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    On peut y voir d'élégantes vitrines...

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    La grande galerie pourvue d'une verrière est longue de 42 mètres. En 1970, Kenzo y fit son premier défilé et l'arrivée de Jean-Paul Gauthier en 1986 la consacra définitivement comme un haut lieu de la mode parisienne.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les travaux de restauration récents ont permis de réhabiliter les caducéesancres et cornes d'abondance qui ornent les fenêtres en demi-lunes.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    J'ai cru comprendre que les déesses et les nymphes qui décorent l'avant rotonde représentaient les saisons. 

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Voici l'été et l'automne

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    La coupole vitrée s'effondra en 1961 lors de travaux de réparation...

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Dernière verrière, rectangulaire celle-ci

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    L'entrée de la rue des Petits-Champs est ornée de caryatides : pour nous ce sera la sortie !

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Le Passage des deux Pavillons permet de rejoindre les jardins du Palais-Royal.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les colonnes du Palais-Royal

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Le jardin est fermé pour cause de grève dans le public : ah, ces fonctionnaires, toujours à râler ! Je suis bien placée pour en parler...

    Jolis reflets malgré un temps maussade

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Le circuit préparé par Anne s'arrête au métro Palais-Royal.

    Les passages couverts de la rive droite avec Anne

    Merci, Anne, pour cette agréable promenade historique qui était, comme toujours, très bien organisée. J'ai 6108 mètres au compteur, ça c'est de l'exactitude !


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