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Publié par Tolbiac204

4 octobre 2025 : aujourd'hui samedi, mon amie Jacqueline a organisé pour les anciens des randonnées une visite du Château de Monte-Cristo, demeure que l'écrivain Alexandre Dumas s'est fait construire entre 1844 et 1847 dans un parc de neuf hectares, aménagé dans le style anglais au Port-Marly dans les Yvelines.

Son premier roman feuilleton historique (Les Trois Mousquetaires) publié dans le journal "Le siècle" remporte en effet un immense succès et lui permet de rembourser de nombreuses dettes et même d'envisager de faire construire une maison de campagne située près de Saint-Germain-en-L'Haye où il réside. Voici l'échange qu'il a avec l'architecte qu'il a choisi, Hippolyte Durand :

« - Monsieur Durand, vous allez ici même tracer un parc anglais au milieu duquel je veux un château renaissance, en face d'un pavillon gothique entouré d'eau… Il y a des sources, vous m'en ferez des cascades.

- Mais Monsieur Dumas, le sol est un fond de glaise, vos bâtiments vont glisser.

- Monsieur Durand, vous creuserez jusqu'au tuf… Vous ferez deux étages de caves et d'arcades.

- Cela vous coûtera quelques centaines de mille francs.

- Je l'espère bien ! »

Alexandre Dumas dira, à propos de sa propriété : "J'ai ici une réduction du Paradis terrestre".

Voici le pavillon gothique dans lequel il écrivait ses romans. Alexandre Dumas l'a baptisé le Château d'If en souvenir de son livre "Le Comte de Monte-Cristo"

Le pavillon est entouré d'une petite rivière.

Alexandre Dumas avait de l'humour : il avait demandé à son architecte de prévoir cette niche en bas des escaliers lui permettant d'entrer dans le Château d'If, niche portant l'inscription latine "Cave Canem", ce qui signifie "Prenez garde au chien"...

On peut apercevoir, à travers une vitre, une reconstitution de l'intérieur de son bureau.

Depuis le Château d'If, on a une vue plongeante sur le Château de Monte-Cristo. Ce dimanche va s'y tenir un salon du livre, ce qui explique toutes les tentes qui ont pris place autour de la demeure de l'écrivain.

De style néo-Renaissance, le bâtiment s'élève sur trois étages au-dessus du rez-de-chaussée et des caves qui servent de communs et abritent les cuisines, essentielles chez Dumas gastronome et cuisinier.

Vue sur le Château d'If depuis le Château de Monte-Cristo

On entre ?

Alexandre Dumas est né en 1802 à Villers-Cotterêts : il est le fils de Thomas Alexandre Dumas, général de division dans les armées napoléoniennes et de Marie-Louise Labouret. Son grand-père était le marquis Antoine Alexandre Dumas Davy de la Pailletterie, propriétaire à Saint-Domingue d'une plantation, et de Marie Cessette "du mas", l'une des esclaves noires du marquis. Il tient donc son nom de sa grand-mère paternelle. Son père, mourant en 1806, le petit Alexandre, qui n'a que quatre ans ne reçoit pas d'éducation rigoureuse. Il devient saute-ruisseau (garçon de courses) chez un notaire mais cela ne l'intéresse guère. A 21 ans, il est engagé comme copiste à la Bibliothèque du duc d'Orléans à Paris et profite de son temps libre pour lire, aller au théâtre, forger sa culture littéraire. Sa carrière se profile doucement... C'est une figure incontournable du XIXe siècle : il est à la fois écrivain prolifique, dramaturge, journaliste, amateur et critique d'art, voyageur infatigable, éternel amoureux, fin gourmet... On savoure ses récits, sa verve et son humour. Son enthousiasme pour la vie, sa force de travail et sa formidable carrière fascinent.

Dans l'entrée un grand portrait de l'écrivain jeune posant dans sa propriété de Monte-Cristo.

La descendance d'Alexandre Dumas (1802-1870)

De ses nombreuses liaisons, il a eu plusieurs enfants (il prétendait en avoir eu "plus de 500" !). Seuls deux de ces enfants ont été reconnus en 1831 : Alexandre et Marie Alexandrine.

Alexandre dit Dumas fils (1824-1895) : écrivain lui aussi, c'est l'auteur de "La Dame aux camélias" qui inspirera à Verdi "La Traviata". S'il critique la vie dissolue de son père, il entretient avec lui des relations de complicité. Auteur réaliste, souvent moralisateur, il dénonce l'adultère, la situation sociale des femmes, prône le divorce, défend les enfants naturels... En 1874, il est élu à l'Académie française.

Marie Alexandrine (1831-1878) : Elle désapprouve la vie que mène son père mais demeure avec lui jusqu'à son mariage en 1856. Lorsque le couple se sépare, elle revient vivre avec son père jusqu'à la mort de celui-ci.

Trois autres enfants non reconnus : 

☻ Henri Bauër (1851-1915) fils adultérin d'Anna Bauër
☻ Alexandrine de Fernand (1859-1888) fils de Marie de Fernand
☻ Miccaëla Cordier (1861-?) fille d'Emilie Cordier

Un peu plus loin, une affiche explique qu'Alexandre Dumas mène grand train dans sa propriété de Monte-Cristo, ce qui le conduira à vendre son mobilier en 1848 et son château en 1849. La Société des amis d'Alexandre Dumas créée en 1971 autour d'Alain Decaux alerte l'opinion sur une démolition possible dans le cadre d'une opération immobilière et les communes de Marly le Roi, du Pecq-sur-Seine et du Port-Marly forment un syndicat intercommunal qui rachète la propriété et la sauve. Des travaux de restauration d'envergure y sont effectués et le domaine ouvre ses portes au public en 1994.

 Dès l'entrée, j'ai flashé sur les vitraux qui décorent les fenêtres du Salon de Musique.

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Ce buste de Dumas se trouve dans la salle à manger que vous allez découvrir ci-dessous. On reconnait bien ici l'écrivain tel qu'on nous le présente souvent avec sa chevelure crépue ainsi que sa carrure impressionnante. On raconte que le jour de l'inauguration du château, il invite 100 amis et les invités sont si nombreux (on en compte pas moins de 600) qu'il ne les connaît pas tous évidemment, beaucoup de curieux s'étant joints aux invités...

On devait bien manger à la table d'Alexandre...

En témoigne ce menu d'un dîner de quinze personnes offert par M. Alexandre Dumas en la maison dorée le 10 novembre : Deux potages, Hors d'oeuvre, Deux relevés, Deux entrées, Rôtis, Dessert, tout ceci accompagné de bons vins bien sûr...

Très jeune, Alexandre Dumas apprend à chasser et sa mère l'initie à l'art culinaire. Ces deux occupations resteront pour lui de véritables passions. Bon vivant et fin gourmet, Dumas élabore des menus et prépare les repas. On peut goûter chez lui "l'omelette aux huitres" ou "le potage de cailles en profiteroles".

Ci-dessous la couverture de "La Cuisine des Familles" (dimanche 22 octobre 1905)
Alexandre Dumas : son omelette aux huitres

Il rencontre de grands cuisiniers comme Gouffé ou Vuillemot qui lui livrent quelques secrets de fabrication. Il s'intéresse aux traditions culinaires lors de ses voyages et collabore à l'Almanach des gourmands, journal consacré à la gastronomie.

Ci-dessous le livre qu'il a écrit intitulé "Propos d'art et de Cuisine", présenté ici accompagné d'assiettes représentant des scènes de ses différents romans.

"Je veux clore mon œuvre littéraire de cinq cents volumes par un livre de cuisine."

En 1869, il écrit un dictionnaire de cuisine et réalise son rêve de gastronome. Ce dernier sera terminé par Anatole France, la maladie de Dumas l'obligeant à dicter ses œuvres. Ce Grand Dictionnaire de cuisine sera publié en 1872 à titre posthume. Certaines recettes sont étonnantes telles les pieds farcis d'éléphant ou les filets de kangourou...

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Dans cette pièce aux boiseries sombres donnant sur le parc, appelée le Salon vert, les collections mettent l'accent sur les débuts de la carrière littéraire d'Alexandre Dumas, notamment au théâtre. On dénombre 67 pièces de théâtre comprenant drames historiques, drames contemporains, comédies... (Photo site internet du château)

Sur un mur, un portrait de Mademoiselle Mars, grande actrice de la Comédie française qui joua de nombreux auteurs dont Dumas.

Ayant monté un escalier en colimaçon, nous arrivons au premier étage du château, dans l'Antichambre où se trouve le "Panthéon de Nadar" voisinant avec un buste de l'écrivain.

Gaspard-Félix Tournachon dit "Nadar" (1820-1910) : caricaturiste, aéronaute et photographe français. A 19 ans, il se lance dans l'édition et édite "Le Livre d'or", luxueuse revue qui publie les textes de ses amis, et non des moindre... Alexandre Dumas, Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Alfred de Vigny, Honoré de Balzac.

A partir de 1851, il s'attèle à un grand projet de Musée des gloires contemporaines, pour lequel, avec l'aide de quelques collaborateurs, il rencontre les grands hommes du moment afin de les dessiner. L'ensemble de ce travail concerne plus de 300 grands hommes de l'époque : il s'agit du Panthéon de Nadar en quatre feuillets (écrivains et journalistes - acteurs et dramaturges - peintres et sculpteurs - musiciens). La préparation de la lithographie demanda au moins deux ans.

Ce feuillet représente, en grand format, 250 écrivains et journalistes.

Cherchez Charlie...!!!

je remarque également dans cette pièce de très jolis vitraux.

Cette maquette en terre cuite représente son héros, D'Artagnan : présentée dans cette pièce c'est celle d'une sculpture d'envergure située place du général Catroux à Paris, réalisée par le sculpteur Gustave Doré en 1883 en hommage posthume à Alexandre Dumas.

Le fauteuil dans lequel il corrigeait ses manuscrits

Le Salon Cachemire a probablement servi de chambre à coucher à l'écrivain.

Le roman est ici à l'honneur : Dumas a écrit plus de trois cents volumes, ce qui est considérable. Il était doté d'une imagination sans bornes et d'une grande force de travail. Il était épaulé par des documentalistes, tel Auguste Maquet dont on parle souvent comme étant son "nègre". En fait, celui-ci comme les autres, écrivait une trame et faisait des recherches historiques. Dumas réécrivait ensuite, apportant sa flamme, sa marque inimitable et faisait "du Dumas".

Les œuvres de Dumas ont fait le tour du monde, elles ont été traduites dans de nombreuses langues et ont fait l'objet de nombreux films. Le dernier Comte de Monte-Cristo a été joué en 2024 par Pierre Niney (ce n'est pas la version que j'ai préférée mais j'ai quand même passé un bon moment devant le grand écran).

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Alexandre Dumas, grand reporter et voyageur : la Suisse, l'Italie du nord, l'Espagne, l'Algérie, la Tunisie, la Russie et le Caucase... Insatiable, curieux, il se mêle au peuple qu'il rencontre, emprunte les costumes traditionnels, observe les coutumes, les habitudes culinaires. Publiées dans la presse ses "Impressions de voyage" sont accueillies par les lecteurs avec le même enthousiasme que ses romans et ses pièces de théâtre.

Manuscrit de Dumas se rapportant à son voyage en Russie

Il nous reste à visiter le "clou" du château qui se rapporte justement aux voyages effectués par l'écrivain : Le Salon mauresque.

Lors de son voyage en Tunisie en 1846, Dumas revient en France avec deux artistes tunisiens (Hadj Younis et son fils Mohammed) pour exécuter dans sa demeure en construction, un salon comparable à ceux qu'il a vus au Palais de l'Alhambra à Grenade, à l'Alcazar de Séville et dans le Palais du Bey de Tunis.

Lors de sa restauration en 1985, grâce à Hassan II, roi du Maroc, tout est refait à l'identique : les sculptures géométriques taillées dans le stuc sur les murs et le plafond, les vitraux, les tissus. Le sol autrefois en parquet, présente aujourd'hui cette magnifique mosaïque en zelliges et marbre de Fez. (Photo site internet du Château de Monte-Cristo)

 

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Liste des œuvres d'Alexandre Dumas

Objets se rapportant aux Trois Mousquetaires

En 1625, de mauvaises langues accusent l’épouse de Louis XIII, Anne d'Autriche, d’avoir offert des bijoux au duc de Buckingham, ambassadeur d’Angleterre.

Un vrai scandale d’État éclate à la Cour qui fournira à Alexandre Dumas son intrigue pour Les Trois Mousquetaires.

Réplique du collier de la Reine (cristal de Swarowski) grâce à l'aimable contribution de la Caisse d'Epargne de Marly-le-Roi.

Le costume de Mousquetaire : la célèbre "casaque bleue" n'est pas un uniforme mais un signe distinctif jusqu'en 1650 environ. En effet, sous Louis XIII les mousquetaires étaient habillés en "civil". Lorsqu'ils prenaient leur service, ils enfilaient la casaque.

Le véritable uniforme de mousquetaire apparut sous Louis XIV. La soubreveste était en velours bleu foncé et non pas clair comme on le voit souvent. Les bottes de couleur havane, le chapeau à plume (blanche pour la maison du Roi, ou rouge pour la garde du Cardinal).

Midi arrivant, il est grand temps de grignoter notre sandwich dans ce beau parc.

Hélas il a plu pendant notre visite : les bancs sont mouillés...

Sauf celui-là, placé au soleil.

Nous n'étions que cinq privilégiés à suivre cette intéressante visite proposée par Jacqueline que je remercie au passage pour cette très bonne idée d'occupation d'un samedi qui s'annonçait plutôt pluvieux.

L'essentiel n'est pas la quantité, c'est la qualité comme on dit parfois !

Ici se termine notre visite de ce château : pour en voir plus et surtout de plus près, rendez-vous à cette adresse : Chemin du Haut des Ormes 78560 Le Port-Marly (1h15 de trajet avec le RER A depuis Paris).

 

Allez, une petite dernière pour la route : cette vidéo est assez sympa.

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