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Publié par Tolbiac204

24 septembre 2026 : aujourd'hui, c'est le jour de l'atelier des Balades Urbaines de Générations 13 et Marie-Ange, épaulée par Marie-Françoise Merck, a préparé une balade sur le thème de la Petite Ceinture, en remplacement de celle du mois de juin qui avait été annulée pour cause de canicule.

Le rendez-vous était donné au métro Maison Blanche, au niveau du 131 avenue d'Italie, point de départ de cette balade.

Voici à quoi ressemblait la gare de Maison Blanche à l'origine.

Le bâtiment voyageurs a été détruit vers 1966 et depuis peu une nouvelle station, ultra moderne, dessert désormais l'aéroport d'Orly grâce au prolongement de la ligne 14.

Voici l'immeuble qui nous servira de point de repère pendant cette balade.

Je me sers aujourd'hui pour faire ce retour de la solide documentation qu'elle ont préparée toutes les deux. Une balade qui m'a bien intéressée et surtout au cours de laquelle j'ai découvert une partie du 13e arrondissement que je ne connaissais pas forcément.

Mais la petite ceinture, qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit d'une voie ferrée circulaire à la limite de Paris qui reliait il fut un temps les différentes gares de chemin de fer parisiennes et desservait ainsi les zones industrielles. Ouverte en 1852, le trafic des passagers ferme en 1934 et le trafic des marchandises dans les années 1990. Elle comporte des tronçons en tunnel, d’autres à l’air libre. La SNCF permet certes l’aménagement en espaces verts mais elle en a conservé la propriété, au cas où….

Voici, en rouge les tranchées à aménager et en gris le tunnel

Un petit tour par le 11 rue Caillaux où, le jeudi matin, c'est Laurence qui fait l’accueil.

Tournant à droite pour prendre la rue Gandon, nous nous arrêtons sur le pont qui enjambe la Petite Ceinture, ici à l'air libre. Côté Ouest, on aperçoit le fameux immeuble dont je viens de parler qui donne sur l'avenue d'Italie.

Vue sur le côté Est, du côté des tours Duo : nous sommes bien ici au cœur du treizième, l'un des arrondissements de la capitale réputé pour ses tours monumentales.

Ces deux portions de la Petite Ceinture ont servi de base de vie (on y a entreposé des Algécos) aux ouvriers qui ont travaillé aux travaux de la ligne 14 et devraient être aménagées dans un futur encore inconnu avec entrée d'un côté par la station Maison Blanche (à l'aide d'un escalator je crois) et sortie par un escalier à l'autre extrémité.

Tournant sur la droite dans la rue Tagore, nous voici arrivés devant le Lycée professionnel public Gaston Bachelard offrant une formation électrotechnique.

Gaston Bachelard (1884-1962) est un philosophe français des sciences, de la poésie, de l’éducation et du temps, représentant de l’école française d’épistémologie historique. L'établissement date de 1937 et faisait partie à l'époque d’une série de bâtiments scolaires destinés aux enfants des logements sociaux construits sur les boulevards des maréchaux. Ses architectes, Denis et Creuzot, ont suivi les préceptes hygiénistes qui favorisent des locaux vastes, éclairés et aérés. (Photo Inventaire Général du Patrimoine)

Je trouve qu'il a belle allure !

Beaucoup moins élégant une semaine après, suite au blocus des Lycées...

Juste en face du lycée, le Jardin Joan Miro dans lequel nous entrons.

Ce peintre espagnol (1893-1983), grand ami des surréalistes, se définit comme "catalan international". Son œuvre reflète son goût pour les couleurs vives et "l'esprit enfantin" que l'on retrouve, entre autres, sur la très jolie fresque en céramiques, intitulée "Le mur de la lune" (1958), décorant le bâtiment de l'Unesco à Paris.

Le nom de la rue Tagore provient d'un hommage rendu à Rabindranath Tagore (1861-1941), poète, écrivain, musicien, philosophe et peintre indien originaires de Calcutta. Dans un coin du parc, une sculpture due à Ramkinkar Baij (1986), honore le grand homme, prix Nobel de Littérature en 1915, qui a exercé une très grande influence culturelle et philosophique en Inde et dans le monde.

Créé en 1993 et dessiné par l'atelier du paysagiste François Tribel, le jardin Joan Miro, d'environ 7 500 m², rend un bel hommage à l'artiste catalan. Le jardin occupe un cœur d'îlot et est conçu avec des niveaux en reliefs permettant une variété de cheminements parmi des arbustes à floraisons étagées et de couleurs différentes.

Le bâtiment au sud du jardin (qui donne sur la rue Chagall) est constitué d'ateliers d'artistes.
La célèbre Miss.Tic, street-artiste, a habité et travaillé ici.

Sur la Butte aux Cailles, celle-ci a décoré beaucoup de murs y compris celui du restaurant Chez Gladines. Entourant la porte d'entrée, ce "Port du cerveau obligatoire", datant de l'époque Covid, est particulièrement succulent !

Vous me direz, pour un restaurant, il vaut mieux que ce soit succulent 🤣

Des bancs bien accueillants pour le petit groupe

Un jardin qui vaut vraiment le détour 😊

Et toujours cet immeuble de la station Maison Blanche : nous n'avons pas encore beaucoup bougé même si je suis déjà dépaysée.

Le jardin est traversé par une passerelle fort élégante que nous empruntons pour gagner la sortie.

Peu avant celle-ci, ce panneau indique qu'ici fut le poste de commandement du colonel Fabien d'où a été dirigée le 18 août 1944 l'insurrection libérant Paris. Il faut savoir que le bâtiment du N°50 rue Gandon a été démoli pour faire place au Jardin Joan Miro.

Nous laissons derrière nous la passerelle...

et sortons par la rue Gandon, au coin de la rue Chagall.

Chacun sait que Marc Chagall a réalisé, dans les années 1960, sur une commande de l'ancien ministre de la Culture André Malraux, le plafond actuel de l'Opéra de Paris : l'œuvre onirique et colorée rend hommage à la musique, à la danse, à l'Opéra de Paris et à de grands compositeurs (comme Mozart, Wagner, Berlioz ou Ravel), ainsi qu'à des monuments de Paris.

Mais savez-vous que les héritiers de Jules-Eugène Lenepveu envisagent depuis l'automne une action en justice pour réclamer l'alternance du plafond de Chagall avec l’œuvre originale de leur aïeul (Les muses et les heures du jour et de la nuit) réalisée en 1872...?

Je peux comprendre cette demande mais, si vous voulez mon avis, je préfère de loin le plafond actuel, l'autre étant un peu triste...

La justice tranchera et trouvera peut-être une autre solution... qui sait ?

Juste en face du Jardin Joan Miro, un autre espace vert, le square Samuel Beckett, dans lequel nous entrons.

Samuel Beckett est un écrivain, romancier et dramaturge irlandais (1906-1989) qui fut résistant en France pendant la deuxième guerre. Il a connu le succès avec sa pièce "En attendant Godot", chef-d’œuvre du théâtre de l'absurde.

Créé par le paysagiste Jacques Coulon, le square mesure un hectare : encore un cœur d’ilot avec  promenades, pelouses et aires de jeux. Son axe central en relie les différentes entrées.

Beaucoup de verticalité tout autour du square mais aussi beaucoup de verdure

 

A la sortie, on voit que ce square a été créé en 1986 et qu'il a été étendu en 2019.

Et bien, on continue, n'est-ce pas Marie-Ange ? Nous n'en sommes qu'au point 5 !

Google Maps, un outil ultra pratique pour préparer une balade 😊. Mine de rien, une telle balade, il faut le savoir, demande un grand investissement.

Pas de doute, nous sommes toujours tout près du point de départ et il y a tellement d'endroits que je ne connaissais pas... Enfin, j'exagère un peu tout de même : qui ne connaît le fameux restaurant "chinois" Tricotin !

Si j'ai bien compris, Gérard est un familier de ce quartier 😊.

Le 13e est bien connu pour ses murs décorés par les Street-artistes. Si quelqu'un connait l'auteur de cette fresque représentant des animaux plus ou moins imaginaires, merci de me le signaler : je n'ai pas réussi à en trouver l'auteur malgré sa signature.

Nous traversons un autre pont enjambant la Petite Ceinture toujours désaffectée : nous sommes ici en train de marcher sur l'avenue d'Ivry.

Cette œuvre de 66 mètres de haut et de 15 mètres de large décorant la tour Sienne est la plus grande fresque murale réalisée en Europe. Elle est due au Street-artiste portugais Pantonio et est située au 20 avenue de Choisy.

L’œuvre est une métaphore de la densité humaine qui vit dans les grands immeubles de l’avenue de Choisy. Les poissons n’ont pas été choisis par hasard par l’artiste. Symbole de vie, de fécondité, de virilité pour les hommes, mais aussi de richesse et de chance, le poisson est un symbole que l’on retrouve partout dans la culture chinoise, dont une communauté très importante habite le quartier.

Et toujours ce mélange entre béton et végétation : nous voici maintenant dans le Jardin de la Dalle d'Ivry qui recouvre le tunnel de la Petite Ceinture.

 

A partir de 1890 à peu près à cet endroit se trouvaient les ateliers des usines Panhard-Levassor. Fabricants de machines pour l’industrie du bois, ils ont l’idée d’utiliser le moteur à pétrole pour déplacer les premières voitures hippomobiles (qu'on nommera « automobiles »). Le succès est considérable et ils étendent l’emprise de leur usine entre la rue Gandon, l’avenue d’Ivry et l’enceinte de Thiers. En 1965 Citroën prend le contrôle de Panhard et de l’usine sortent des 2CV.

Citroën vend les terrains en 1969 et 6 tours de 30 étages sont bâties au début des années 70 dans le cadre de l’opération Italie 13 de la Ville de Paris. Les appartements sont construits à l’intention des classes moyennes mais les parisiens les boudent. A la fin de la guerre du Vietnam, la chute de Saïgon et du régime génocidaire de Pol Pot au Cambodge, une forte émigration provenant du sud-est asiatique (y compris les boat-people) arrive à Paris et trouve à se loger en partie dans ces tours : ils sont à l’origine du « quartier chinois ». Pourtant l'arrivée de chinois... à compléter

Voici une page de la documentation présentant un croquis des usines Panhard-Levassor.

Et encore un square, un !

La deuxième partie du jardin de la dalle d'Ivry continue sur la gauche et arrive en face du Jardin Baudricourt encore appelé square de la rue Jean Dunand, ouvert en 1986.

A droite, vous voyez cette stèle en pierre ?

Elle comporte deux inscriptions, l'une en chinois, l'autre sa traduction en français.

Il s'agit d'un monument aux travailleurs et combattants chinois morts pour la France pendant la Grande guerre (1914-1918).

La guerre étant grande consommatrice de soldats français, celle-ci a alors eu recours à des gens provenant de ses colonies. Entre 1916 et 1918, environ 140.000 ouvriers chinois (surnommés les « Travailleurs Célestes ») ont été recrutés par la France et le Royaume-Uni pour participer à l'effort de guerre. Bien qu'initialement affectés aux usines et aux travaux d'infrastructure à l'arrière, beaucoup ont été exposés aux dangers des bombardements, aux maladies et aux travaux de première ligne (creusement de tranchées, déminage), et plusieurs milliers d'entre eux y ont laissé la vie. A la fin de la guerre...

Un grand sourire, ça fait toujours plaisir au photographe ! Merci Marie-France...

On revient sur la dalle et on passe par le jardin pour chiens et le jardin partagé "Des tours au jardin". Au passage, au 23 de l'avenue d'Ivry, la Villa d'Esté et sa superbe fresque Street-art.

C'est l'espagnol San Miguel Okuda, réputé pour ses œuvres multicolores et géométriques, qui a représenté ici la Joconde en 2017. Haute de 50 mètres et large de 15 mètres, elle décore la façade aveugle de cet immeuble de 19 étages !

Le drapeau américain côtoie l’exotisme d’une chevelure à demi zébrée. La présence discrète d'un sac de la célèbre marque au monogramme (Louis Vuitton) , suggère le rôle de Paris comme capitale de la mode et du luxe et permet à l’artiste de confirmer la dimension symbolique de son œuvre.

 Et toujours ces tours absolument immenses de la Villa d'Esté qui me donnent le vertige...

De l'autre côté de l'avenue d'Ivry, on trouve le dernier reste des anciennes usines Panhard-Levassor qui ont disparu pour faire place à des bureaux en briques rouges pour s'harmoniser avec le bâti existant situé hors photo. Ils sont principalement le siège de l'AREP, le bureau d'études de la SNCF, mais abritent aussi des locaux à vocation sociale : ceux de L'Arche d'Avenirs (centre d'accueil de jour de la Mie de Pain permettant notamment la domiciliation, un espace hygiène, une buanderie, une salle de repos… Véritable lieu d’échange et d’accompagnement, il propose également une aide psychologique et sociale, met à disposition une cafétéria participative ainsi que des ateliers permettant d’amorcer la réinsertion des bénéficiaires). 

Juste en face, le square Ulysse-Trélat (1795-1879) a été créé en 1977 : l'homme était aliéniste à la Pitié-Salpêtrière ainsi qu'homme politique, chef de l'opposition républicaine sous Louis-Philippe.

Les jardiniers de la mairie du 13e ont beaucoup de goût, n'est-ce pas ?

Le mobilier de jardin d'un joli bleu allié à la couleur sable des allées et des tours qui le dominent contribuent à donner à ce jardin une impression de sérénité.

Françoise a l'air d'apprécier ce bel arbuste : il s'agit d'un Abutilon.

En face de nous, les tours de la Villa d'Esté, d'où nous venons.

Nous progressons ici parallèlement à l'ancienne gare des Gobelins (aussi appelée gare des Olympiades car située sous la dalle en question).

 La gare fut construite en même temps que la petite ceinture, au milieu du XIX siècle, pour
desservir les usines du quartier. Suite à la fermeture des usines dans les années 60, la SNCF
signa un accord avec les promoteurs : reconstruction de la gare en sous/sol en échange du
droit de construire autour de la dalle de couverture, piétonnière selon le principe de
séparation des circulations. La nouvelle gare fut utilisée Jusqu’en 1991, pour le ravitaillement « liquide » de la capitale (eaux et boissons diverses). Ensuite les entrepôts furent utilisés par les commerçants chinois comme Halles pour la région parisienne.
 

Vue sur la branche de la Petite Ceinture non encore aménagée (voie qui relie la gare des Gobelins à la Petite Ceinture).

En vue des tours Duo de Jean Nouvel (122 mètres et 180 mètres) : sur notre droite, nous longeons la Petite Ceinture.

Cette fresque, de 8 mètres de haut, du Street-artist brestois WEN2, est inspirée du Phare de l’Ile Vierge, situé dans le Finistère et mesurant plus de 80 mètres de haut.

La gare Massena a servi pour le RER C (maintenant desservi par la station BNF) jusqu'en décembre 2000. Elle a été vendue à la Ville en 2007 puis à une société privée en 2022 : actuellement en travaux, elle devrait devenir un lieu de vie autour de l'alimentation.

Voici une photo du projet : il prévoit notamment la surélévation d’un niveau du bâtiment. L’ex-gare doit accueillir des espaces de formation et de recherche autour de l’alimentation, avec un café et un restaurant.

Jusqu'en 2012 où elle a été entièrement démontée, existait ici, en prolongation de la gare Massena, une passerelle du même nom qui surplombait les voies ferrées de la gare d'Austerlitz.

Cette passerelle était célèbre pour avoir servi de décor à Jean-Pierre Melville en 1967 dans le film Le Samouraï. C’est à cet endroit précis qu'Alain Delon (incarnant Jef Costello) se fait tirer dessus lors d'un rendez-vous nocturne.

C'est là que s'arrête ma promenade...

Un grand merci à Marie-Ange et à Marie-Françoise Merck

pour la préparation et l'animation de cette Balade Urbaine fort intéressante.

 

 

 

 

 

 

 

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