☻ Beaune et ses hospices
25 juillet 2025 - Aujourd'hui, Philippe m'a proposé d'aller passer la journée à Beaune. Moi, vous savez, quand on me parle voyages ou même petites évasions, je suis toujours partante !
Sur la place Lazare Carnot (grand-père de l'ancien Président de la République Sadi Carnot), un terre-plein central bien végétalisé accueille un square où les enfants peuvent faire du manège. Mais ce n'est pas pour le manège que j'ai pris la photo mais bien pour ce taureau en bronze signé Paul Day, un sculpteur franco-britannique installé en Bourgogne depuis 32 ans, Bourgogne à laquelle il rend hommage par cette sculpture qu'il a intitulée "Le bœuf bourguignon".
Le voici mieux photographié par la presse en train d'être installé à l'aide d'un charriot élévateur en avril dernier à l'occasion d'une exposition du sculpteur.
Belle bête dirait François !
/image%2F0655639%2F20250902%2Fob_3024b9_le-boeuf-bourguignon-de-paul-day.jpeg)
Tout autour de la place il n'y a que l'embarras du choix pour se restaurer. C'est à la terrasse du Lazare Carnot que nous avons déjeuné à l'ombre de la toile de tente.
/image%2F0655639%2F20250902%2Fob_7bc109_2.jpg)
Le choix de Philippe s'est naturellement porté, comme d'hab, sur un morceau de bœuf accompagné d'une sauce poivre et de frites !
Plusieurs façades intéressantes
/image%2F0655639%2F20250902%2Fob_84fd60_4.jpg)
/image%2F0655639%2F20250902%2Fob_fe71ec_5.jpg)
Les Hospices ne sont qu'à deux pas de la place Carnot.
/image%2F0655639%2F20250902%2Fob_6cee48_plan-du-quartier.jpg)
Nous faisons le tour de la Halle située entre la place Carnot et les Hospices : nuages, soleil et pluie intermittente alternent...
Beaune est connue pour les toits en tuile vernissée de ses Hospices mais on en trouve aussi sur certains immeubles du centre ville.
Tout près de la Halle un panda géant en bronze a été peint à l'acrylique : il est l’œuvre de Julien Marinetti et pèse, tenez-vous bien, 1,3 tonnes. L'artiste qui expose à l'international a posé ses valises à Beaune il y a 32 ans où il a ouvert une galerie. Il doit aimer le bon vin !
La Halle fait face aux Hospices : c'est le lieu de départ d'un petit train touristique emmenant les visiteurs faire le tour de la ville et même des vignobles qui l'entourent.
Nous ne le prendrons pas car notre objectif principal c'est la visite de ces fameux Hospices que Philippe n'a jamais faite (moi, je l'ai déjà faite il y a quelques années en compagnie d'Arlette lors d'une de nos petites sorties entre sœurs).
Comme indiqué sur le tympan du porche d'entrée, l'Hôtel-Dieu a été fondé en 1443 par Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne Philippe le Bon, et Guigone de Salins, son épouse.
Voici d'ailleurs l'acte de fondation de l'Hôtel-Dieu de Beaune par Nicolas Rolin (4 août 1443).
... "De même, je veux et dispose qu'il soit établi et installé, dans le principal bâtiment et près de la chapelle dudit hôpital, trente lits, savoir quinze d'un côté dudit bâtiment et quinze de l'autre"...
Nous voici entrés dans la cour d'Honneur où les toitures côté rue sont simplement couvertes d'ardoises ; mais c'est de l'autre côté qu'il faut se tourner pour admirer ce que tous les visiteurs du monde entier veulent découvrir : les fameuses toitures en tuiles vernissées de Bourgogne.
Aujourd'hui, le temps n'est pas le meilleur et le soleil n'illumine pas assez ces tuiles multicolores, mais on va s'en contenter puisque la pluie a cessé.
La visite commence par la salle des Pôvres, celle où l'on soignait les malades. Vous allez voir qu'elle est grandiose.
La charpente, magnifique, est en forme de carène de bateau. La salle mesure 50 mètres de long 14 mètres de large et 16 mètres de haut.
Élément de la charpente : un dragon crachant du feu
/image%2F0655639%2F20250907%2Fob_2e4d3f_15-bis.jpg)
Un Christ veillait autrefois sur la salle des Pôvres, installé sur la petite sellette placée à 5 mètres au-dessus de la porte d'entrée.
Il est maintenant mis à l'honneur plus à hauteur d public. Il s'agit d'un Christ de Pitié ou Christ aux liens. Cette sculpture se trouvait là pour montrer le soutien spirituel donné aux malades, qui représente aussi la souffrance du Christ. La sculpture polychrome sur bois, attribuée à Jan Borman II, un sculpteur de Louvain ou de Bruxelles (?), est datée de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle.
Des alcôves abritent de chaque côté une suite de 15 loges individuelles (mais parfois les malades pouvaient aussi y être à deux) tendues de rideaux rouges pour isoler du froid. D’habitude, dans un hôpital médiéval, les malades reposaient sur des paillasses à même le sol...
C'est le luxe !
/image%2F0655639%2F20250902%2Fob_204ee3_15.jpg)
Au fond de la salle, une chapelle, fermée par un jubé en bois sculpté surmonté d'un Christ en croix, permettait aux malades d'assister à la messe.
/image%2F0655639%2F20250904%2Fob_14b470_17.jpg)
Guigone de Salins repose ici dans la chapelle des Hospices.
Le pavage du sol représente le monogramme de Nicolas Rolin "Seule" signifiant que son épouse était la seule dame de ses pensées entourant le N de Nicolas et le G de Guigone.
Il y a aussi cette superbe plaque en fer forgé où l'on y distingue un N et un R.
Au fond de la chapelle, au-dessus de l'autel, une copie du polyptyque du Jugement Dernier de Rogier Van des Weiden commandé par Nicolas Rolin et son épouse Guigogne de Salins : il s'agit de s'acheter, par une geste de générosité, le salut éternel.
/image%2F0655639%2F20250907%2Fob_ad3c2d_18.jpg)
Composé de neuf panneaux, l’œuvre originale (que l'on voit dans une pièce faiblement éclairée en fin de visite) se déploie sur 5,48 mètres de long et 2,20 mètres de large. Le polyptyque a probablement été réalisé entre 1443 et 1451 dans l’atelier du maître à Bruxelles, avant d’être acheminé à Beaune.
Au centre, le Christ ressuscité trône sur un arc-en-ciel. Autour de lui, sur deux petits panneaux, quatre anges volants présentent les instruments de la Passion. En dessous se tient saint Michel pesant les âmes. Le mal pèse lourd sur la conscience des êtres et entraîne les damnés en enfer. Ève et Adam y sont représentés, chassés du paradis. Le bien quant à lui, élève les âmes. Les justes sont conduits vers la porte du paradis par un ange.
/image%2F0655639%2F20250907%2Fob_346b34_retable-du-jugement-dernier.jpg)
En position fermée, le retable est consacré à ses donateurs. On y voit Nicolas Rolin et sa femme Guigone prier devant les statues de leurs deux protecteurs, saint Sébastien et saint Antoine. symbolisant l’Amour.
/image%2F0655639%2F20250907%2Fob_a974fe_le-retable-referme.jpg)
Petit retour dans la cour d'Honneur - où des lucarnes sont sublimement mises en valeur par des girouettes en signe de richesse - avant de rejoindre...
/image%2F0655639%2F20250907%2Fob_477560_19.jpg)
La salle Saint-Hugues : dans cette salle, au-dessus de l’autel, entouré des deux anges en grisaille, "Le Miracle de Saint-Hugues" ressuscitant deux enfants morts de la peste. Cette salle, qui contient plusieurs lits, était destinée aux malades plus aisés.
La pièce suivante est les cuisines, qui sont scénarisées, les sœurs étant aux fourneaux. La reconstitution est fidèle au tableau de Jean-Louis-Edouard Darviot (1897).
Sa gigantesque cheminée est associée à un tourne-broche.
/image%2F0655639%2F20250907%2Fob_f1c913_44.jpg)
Il est animé par un petit automate "Messire Bertran".
Le "piano" de cette cuisine est pourvu de jolis robinets "en col de cygne".
/image%2F0655639%2F20250907%2Fob_8c74db_46.jpg)
Une Vierge veille sur les instruments de cuisine.
Le beau temps est revenu quand nous ressortons dans la cour d'Honneur, cette fois-ci face à l'entrée sur rue dont la toiture est couverte d'ardoises.
/image%2F0655639%2F20250907%2Fob_038c16_23.jpg)
Dans la cour, un puits où l'on récupérait l'eau de la Bouzaise qui coule sous le bâtiment : il est surmonté d'une élégante margelle en fer forgé.
Si nous entrons à nouveau, c'est cette fois-ci pour visiter la pharmacie. Mais avant, direction l'exposition temporaire qui se tient dans la cour voisine.
Cette cour s'appelle la Cour des Fondateurs où ceux-ci sont représentés.
Nicolas Rolin
et Guigone de Salins
Il s'agit d'un polyptyque monumental composé de 14 tableaux installés sur la façade Saint-Joseph. D'espiègles gouzous content l'histoire des métiers de l'Hôtel-Dieu et de ses donateurs. Il s'agit d'une création de Jace : les gouzous sont des petits personnages sans visages, généralement orange, que l’on trouve dans les rues des villes et au bord des routes. C’est ce personnage qui permettra d’illustrer et de faire le lien entre les différents volets.
En voici quelques exemples :
Un pèlerin peut-être ?
/image%2F0655639%2F20250909%2Fob_111653_jace-1.jpg)
Le préparateur en pharmacie
/image%2F0655639%2F20250909%2Fob_7555fc_jace-3.jpg)
Le médecin sans doute
/image%2F0655639%2F20250909%2Fob_62b7a1_jace-2.jpg)
La cour des Fondateurs donne sur une jardin clôturé par cette élégante grille en fer forgé. Il n'est pas accessible au public.
Nous quittons la cour non sans un regard sur l'aménagement végétal qui orne maintenant le bassin central.
Et voici la pharmacie des Hospices. On peut y voir un bel alambic et divers objets dédiés à ce métier. Au fond, un tableau représente le lieu à la grande époque.
/image%2F0655639%2F20250909%2Fob_fb75f1_33.jpg)
Une sœur manie le pilon...
Une belle collection de bocaux à pharmacie
C'est ainsi que se termine notre visite libre des Hospices.
Une belle découverte pour Philippe et une petite piqure de rappel pour moi...


