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Publié par Tolbiac204

17 juillet 2025 - Ce matin, nous partons pour Dijon : rien de plus près de Châtillon pour faire faire des examens de santé un peu pointus... Quitte à être en ville, autant aller au restau ! Chose dite, chose faite à la terrasse ensoleillée d'une brasserie de la place de la République.

Puis, retour au bercail après un petit arrêt aux sources de la Seine situées à Source-Seine près du plateau de Langres et qui sont quasiment sur notre chemin, une promenade que nous avions faite il y a quelques années en compagnie de Louis et de Christelle. Quelle chance nous avons eue d'y retourner cet été puisqu'une exposition temporaire intitulée "La Seine : retour aux sources" se termine à la fin octobre. Elle se présente sous forme de panneaux explicatifs desquels j'ai extrait les informations qui suivent en y ajoutant, vous me connaissez peut-être, une longue recherche sur le Web. 

En bas de l'escalier qui conduit au site se trouve une fontaine.

 Celle-ci est décorée du blason de la Ville de Paris : avouez que c'est surprenant mais la capitale de la France ne pouvait pas ne pas s'approprier les sources de la Seine ! C'est en 1864 que le conseil municipal vote l'acquisition su site de plus d'un hectare pour la somme de 12500 francs sous l'influence du préfet Haussmann. De nos jours ce site s'étend sur 343 hectares.

Il est possible sur place de faire une promenade de 12 kms mais..., on s'est dit que ce serait pour une prochaine fois 🤣, nous contentant de tourner autour du lieu indiqué par "Vous êtes ici"...

Avouez que le site des sources de la Seine, un parc haussmannien en pleine Côte-d'Or, est vraiment superbe.

La vue d'un côté...

et de l'autre.

Comme vous pouvez le constater on peut venir y piqueniquer puisque de nombreuses tables munies de bancs y ont été installées.

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La légende (la France pittoresque)

Alors que Sequana se promenait dans ce qui est maintenant la Normandie, elle fit la rencontre de Neptune, dieu de la mer. Ce dernier séduit par sa beauté décida de l’enlever. Sequana se mit à courir pour lui échapper, traversant de nombreuses contrées pour arriver jusqu’en Bourgogne.

Juste avant d’être rattrapée, elle appela son père Bacchus et son amie Cérès. C’est alors qu’une métamorphose se produisit, elle prit la forme d’une rivière qui se teinta d’une couleur émeraude pareille à ses yeux.

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Le site des sources de la Seine est reconnu pour la richesse de son patrimoine archéologique classé au titre des monuments historiques depuis 1946. Au cours des deux derniers siècles (de 1836 à 1967), plusieurs campagnes de fouilles ont révélé les vestiges d'un vaste sanctuaire gallo-romain actif du Ier siècle avant J.-C. au IVe siècle après J.-C., dédié à la déesse d'origine celte qui portait sans doute tout simplement le nom de "Déesse de la Seine" avant que les romains ne la nomment Sequana puisqu'elle était associée au fleuve Seine et à un culte guérisseur lié à l'eau de la source.

Les fouilles effectuées par Henri Baudot (1936-1947) lui permirent de découvrir une pièce majeure, un vase en terre cuite d'un diamètre de 60 cm portant l'inscription "Deae Sequana Rufus donavit" (Rufus a fait ce don à la déesse Sequana). Il contenait 836 pièces de monnaie et 120 ex-voto en tôle de bronze représentant principalement des yeux ou des sexes masculins et féminins. Ce vase est conservé au musée archéologique de Dijon.

Henri Corot, archéologue ayant travaillé sur le site dans les années 1930, a lui pu découvrir une superbe statuette en bronze de la déesse Sequana navigant sur une barque (notion d'eau) dont la proue a été façonnée en forme de tête de canard ou de cygne (elle est aussi conservée au musée archéologique de Dijon).

La statuette est tout de même haute de 61,5 cm et ouvre les bras aux pèlerins venus lui demander une guérison ou faire un vœu.

Le culte reposait sur le dépôt d'offrandes : les différents archéologues qui se sont succédé sur le site ont ainsi exhumé des centaines d'ex-voto (plus de 1500). Un grand nombre d'entre eux - en bois, en pierre ou en métal - représentent des parties du corps humain (yeux, jambes, bras, torses, etc.) ce qui suggère que ces peuples croyaient aux vertus thérapeutiques de la déesse. Décidément, l'église catholique n'a rien inventé 😀.

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A gauche : offrandes de diverses parties de l'anatomie humaine mises au jour par Henri Baudot sur le site des sources de la Seine. A droite : inscription invoquant la déesse Sequana (rapport sur les découvertes archéologiques aux sources de la Seine en 1845 par Henri Baudot).

En réalité le site des sources de la Seine est assez particulier, son eau n'a aucune propriété thermale, elle ne soigne d'aucune maladie. Ce qui est vénéré aux sources de la Seine, c'est la salubrité de l'eau qui a un caractère bon pour l'homme et une certaine part divine. Dans ce lieu, comme dans beaucoup d'autres lieux saints ou divins, c'est la foi qui soigne le pèlerin.

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A quoi ressemblait le sanctuaire dans l'Antiquité ?

 Voici le premier pont qui traverse la Seine. Il a été construit dans les années 1970 pour permettre aux visiteurs de traverser le ruisseau sans se mouiller les pieds. Je pense qu'à l'époque il devait y avait plus d'eau car aujourd'hui, seul un mince filet coule.

Il prend en 2002 le nom de pont Paul Lamarche (1903-2002) qui a été gardien du parc pendant plus de cinquante ans.

 En poursuivant notre chemin, nous passons devant une sculpture exécutée par Eric de Laclos, sculpteur à Champagny près de Dijon ; Eric de Laclos est aussi celui qui a sculpté il y a quelques années deux statues "celtes" placées dans la cour du musée de Châtillon-sur-Seine.

Le sculpteur s'est inspiré d'une représentation de la déesse Sequana (fille de Bacchus, dieu du vin) d'après une sculpture très mutilée découverte au XIXe siècle sur le site des sources de la Seine et conservée au musée archéologique de Dijon.

Nous arrivons enfin au lieu le plus prestigieux du site : le nymphée.

Chaque visiteur passe un long moment à y regarder la statue de la déesse et il faut donc être patient pour pouvoir à son tour la photographier...

A l'entrée du nymphée (une grotte en meulière construite sous la direction des architectes Baltard et Davioud en 1867 au lieu exact des sources), une plaque précise que c'est sous Napoléon III, empereur des français, que le conseil municipal de Paris avec le concours du conseil général de la Seine décida de la construction de ce monument et y installa la statue de la déesse Sequana sculptée à l'époque par François Jouffroy.

Vous aurez reconnu Bibi Fricotin ! Dommage que j'aie raté celle avec Philippe.

La statue actuelle de la déesse a été réalisée par Paul Auban en 1934 en remplacement de l'originale sculptée en 1867 qui s'était dégradée. Celle-ci va bientôt avoir cent ans...

C'est ainsi que nous avons repris la route : une petite heure de voiture jusqu'à chez nous.

Une belle redécouverte !

 

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