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Publié par Tolbiac204

13 novembre 2025 : Aujourd'hui, Françoise a prévu de nous conduire à  Asnières, dans le cadre de l'atelier "Balades Urbaines" de Générations 13, pour une promenade intitulée "Le Cimetière des chiens d'Asnières".

A la sortie du métro, on s'aperçoit tout de suite qu'on a quitté notre 13e arrondissement parisien.

Un peu comme à Barbès, au nord de Paris, on y trouve pas mal de magasins avec des vitrines clinquantes d'argenterie.

Le Cimetière des chiens est situé le long du quai du Dr Dervaux : il s'agissait là autrefois d'une île sur la Seine (l'Ile des Ravageurs) qui, depuis 1976, est désormais reliée à la terre ferme.

Comme vous pouvez le constater, le soleil est de la partie.

La conception de l’entrée du cimetière a été confiée à l’architecte parisien Eugène Petit, qui imagine un portail de style "Art nouveau", flanqué de deux portes pour le passage des piétons.

2 mai 1889 : sur une parcelle achetée au baron de Bosmolet, création de la Société Française Anonyme du Cimetière pour Chiens et autres Animaux Domestiques par Marguerite Durand, journaliste féministe, directrice du journal "La Fronde", et Georges Harmois, avocat. Jusqu’alors, les dépouilles des animaux étaient soit jetées avec les ordures ménagères, ou bien balancées dans la Seine ou dans les fossés des fortifications.

Le rapport aux animaux de compagnie a beaucoup changé depuis...

Devant l'entrée du cimetière, Françoise nous montre la sculpture "Alter Ego" qui rend hommage à l'âme de l'animal et à la relation qui l'unit à l'homme", selon son créateur Arnaud Kasper, sculpteur-peintre polymorphe. Il a donné vie à cette œuvre dans la Fonderie Chapon de Bobigny en banlieue parisienne. 

Cette sculpture a été inaugurée en 2019 à l'occasion des 120 ans du Cimetière des Chiens par le maire d'Asnières-sur-Seine, Manuel Aeschlimann.

Tous les animaux représentés - un chien, un chat, un singe, une perruche et un cheval - y sont grandeur nature.

Le chien

Le chat, perché sur la crinière d'un cheval

Le ouistiti

La perruche

Au bout de l'esplanade, on a vue sur le pont de Clichy.

 Une plaque a été apposée sur le muret le 17 octobre 2011 par François Hollande, alors candidat aux Présidentielles, en mémoire des manifestants algériens qui furent jetés dans la Seine, victimes d'une répression policière aveugle, le 17 octobre 1961.

Il y a cinquante ans, la manifestation organisée à Paris, en pleine guerre d'Algérie, par la fédération de France du FLN en faveur de l'indépendance de l'Algérie était violemment dispersée par la police. Ce soir-là, 30 000 manifestants, dont près de 10 000 habitants de la boucle nord des Hauts-de-Seine, avaient convergé vers la capitale. Nombre d'entre eux ont été arrêtés et brutalisés au pont de Neuilly, certains mourant noyés dans la Seine.

On entre maintenant dans le plus vieux cimetière pour animaux au monde : leurs propriétaires ont déboursé plusieurs centaines voire milliers d'euros pour rendre hommage à leurs compagnons à poils et à plumes avec des sépultures aux épitaphes parfois touchantes, parfois pathétiques.

 15 mai 1958 : cette plaque de marbre à l'entrée du cimetière indique qu'ici a été enterré le 40.000 animal, un chien errant venu mourir aux portes du cimetière. Actuellement, il y aurait environ 800 animaux ici : le tarif le plus bas pour une concession est d'environ 150 euros l'année.

Nous voici ici maintenant devant le monument funéraire à Barry, le sauveteur, un épagneul des Alpes qui servit comme chien de secours dans les Alpes à l'Hospice du Grand-Saint-Bernard situé à la frontière entre l’Italie et la Suisse.

Il est inscrit en bas du monument funéraire :

"Il sauva la vie à 40 personnes, il fut tué par la 41ème !"

Cette légende, puisque légende il y a, raconte qu'il s'agirait d'un soldat napoléonien égaré la nuit en pleine tempête de neige qui, en le voyant crut reconnaître un loup et, pris de panique, le tua d'un coup de baïonnette ou de sabre. En réalité, il mourut à Berne de sa belle mort deux ans après avoir pris sa retraite de l'Hospice du Grand-Saint-Bernard.

Cette petite vidéo vous dit tout - en images - sur la vie de Barry, le sauveteur.

La Toussaint n'est pas loin derrière nous et, par chance, les chrysanthèmes n'ont pas subi de gel. Ici, la plaque commémorant le cheval de Marguerite Durand prénommé Gribouille.

"A mon doux et beau cheval blanc mort au Cimetière des chiens à l'âge de 35 ans. Il fut à mon service 25 ans, je le pleure comme on doit pleurer un bon serviteur, un ami."

"Au chien Moustache, héros de la Grande Armée, tué en Espagne le 11 mars 1811"
(Amis du Patrimoine Napoléonien)

Ici reposent 100 chats de l'Association des Amis des Chats d'Asnières.

La prière du chat

L'être que je suis n'a pas de maître
Mais un ami que je choisis,
Sans qui je peux mourir d'ennui.
Respecte mon indépendance,
Je te prouverai, librement, en caresses,<
Et "ron ron" que je 'aime.
Traite-moi donc en égal,
Je ne suis pas ta peluche !
Et s'il le faut, des années, je t'attendrai mon ami...

Les chiens, les chats, on comprend... mais ici, plus petit et surtout plus surprenant !

"Ici repose B., une abeille influenceuse..."

Il y a aussi des tombes qui sont de vrais monuments funéraires avec des épitaphes ressemblant fort à celles qu'on pourrait faire inscrire pour un être humain qui vous serait très cher.

"A Linda chérie, nous ne t'oublierons jamais."

"In our hearts forever"

Il y a une quinzaine d'années, le cimetière s'est retrouvé dans les colonnes des journaux après la profanation de la tombe de "Tipsy", le caniche d'une riche américaine, qui avait été enterré avec un collier d'une valeur de 9.000 euros. Depuis cet épisode rocambolesque, le cimetière a retrouvé son calme et Tipsy sa sépulture, une grande pierre tombale au cœur rouge.

J'ai aussi remarqué cette tombe asiatique extrêmement élaborée dévolue à "XIXI XU", un chat blanc qui a vécu 10 ans en compagnie de sa maîtresse.

La dédicace est signée : "Maman qui t'aime".

"KIKI", ce ouistiti femelle a été adoré de son maître ou de sa maîtresse même si ceux-ci lui ont fait une demeure éternelle plus sobre.

Ce chat prénommé "Kinshasa" sans doute, de la race Cabotcove Coon (?) a vécu 12 ans. Les photos mises sur sa tombe sont destinées à prouver qu'il avait une intelligence exceptionnelle.

Sa dédicace : "Grâce à son intelligence fascinante, semblable à celle d'un primate évolué, elle nous a spontanément modélisés au point d'arriver à boire avec sa "main" et à transférer ses croquettes de la boîte vers sa gamelle avant de les consommer !"

Ici la chienne "Mémére", célèbre mascotte des Chasseurs à Pied, est représentée sur ce monument donnant la patte à son maître. 

Chacun s'attarde sur telle ou telle tombe tellement elles sont toutes différentes et amusantes parfois.

Un joli rond-point décoré de roseaux et d'oiseaux

Non loin de là, le monument à "Rintintin", la grande vedette du cinéma américain qui tourna dans 26 films et obtint même son étoile sur Hollywood Boulevard... Il mourut en 1932, dans les bras de la célèbre et magnifique actrice Jean Harlow selon la tradition. Son maître, l’aviateur et caporal américain Lee Duncan, abattu, le fit enterrer dans le sol français, sa terre d’origine, ce qui explique sa présence dans ce cimetière.

"Ramsès", qui a tenu compagnie à sa maîtresse pendant 10 ans, a eu droit à un monument en forme de temple où ont également été enterrés ses successeurs, Réglisse, Omalay, Khaline, Fanny et Bizou.

Cette poule, elle, n'a qu'une simple dalle mais celle-ci est assortie d'une épitaphe émouvante...

"Ma Cocotte affectionnée a vécu 16 ans. Fidèle compagne inséparable regrettée de ta maîtresse restée inconsolable. A toi j'étais attachée, tu ne seras jamais oubliée. Regrets"

Le cimetière est très arboré.

Certaines tombes éloignées, mais également sortant de l'ordinaire, incitent le visiteur à s'en approcher.

Je tourne donc autour de celle-ci en y cherchant une inscription.

Françoise nous explique qu'il s'agit d'un monument à la mémoire des chiens policiers. Il fut construit en 1912, les commissariats de banlieue venant d'être dotés quelques années plus tôt de chiens policiers dont "Dora" (1907-1920) du commissariat d'Asnières, "Top", plusieurs fois médaillé, "Papillon", huit ans de service dans le 16e arrondissement de la capitale ou "Léo" tué en service.

"Ugo" (15 ans) : "Beau, fidèle, intelligent, confiant, farceur, en somme mon chien Ugo était presque un homme"

Cet animal enterré ici aurait-il appartenu à des maîtres d'origine juive... ? En tout cas, c'est dans la tradition juive de déposer des petits cailloux sur les tombes de ses proches et cela prouve que ceux-ci sont venus très souvent l'honorer.

Avouez que cette tombe est fort étrange dotée du squelette d'un animal d'Halloween...

Ici, pas de doute, cet être humain a eu le sentiment de perdre un enfant...

Jusqu'où l'amour va-t-il aller avec Ezéquielle la tortue...?

"Tu as été, chère Ezéquielle, un formidable cadeau de la vie. Et nos treize années de bonheur resteront à jamais gravées dans nos cœurs."

Une tombe récente et touchante avec plein de doudous...

Pour terminer, l'une des plus vieilles tombes du cimetière, une sorte de mini mausolée érigé en 1900 : "A la mémoire de ma chère Emma du 12 avril 1889 au 2 août 1900, fidèle compagne et seule amie de ma vie errante et désolée."

Le temps a abimé la sculpture, on ne sait pas très bien qui était Emma.

Le bouquet final pour Fripon, Miss et Elvis : les tombes sont fleuries, et abondamment, depuis dix ans pour certaines...

Un petit dénivelé pour sortir du cimetière avec... des pierres tombales de récupération !

Une petite photo de groupe pour garder le souvenir de cette balade

Le retour au métro se fait en passant devant des vitrines qui attirent mon objectif, tel ce magasin de canapés et de lustres.

 Un lampadaire bien oriental, n'est-ce pas ?

Une fort belle balade : un grand merci à Françoise

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