☻ Visite de l'exposition Miss.Tic à la galerie Mathgoth
☻ 8 octobre 2025 : Aujourd'hui nous partons pour la galerie Mathgoth située à l'est du 13e arrondissement - donc à deux pas de bus de chez nous - avec pour but en cette belle après-midi ensoleillée d'automne de découvrir l'exposition qui s'y tient en ce moment consacrée à Miss.Tic, l'artiste de Street Art que nous avons découverte en 1999 quand nous avons emménagé près de la Butte aux Cailles où elle avait l'habitude de pratiquer son art.
Oh la la, voilà que je fais du Proust sans le vouloir 🤣 !
Le quartier est très moderne car récemment construit. Il est aussi très arboré, ce qui est bien agréable, surtout par ce temps presque encore estival en ce début d'octobre.
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Quand nous arrivons à la galerie, la queue dépasse l'angle du bâtiment : nous entrerons au bout d'une bonne demie-heure, les entrées étant régies par les sorties des visiteurs qui sont nombreux à s'être donnés le mot, vu que Miss.Tic est au street art français ce que Madonna est à la chanson américaine.
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Thierry Bouët - Portrait de Miss.Tic dans son atelier (2008) : Elle emprunte son pseudonyme au personnage de sorcière railleuse Miss Tick du Journal de Mickey.
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Miss.Tic, de son vrai nom Radhia Novat est née à Paris en 1956. Elle a commencé à peindre sur les murs de la capitale à partir de 1985 suite à un dépit amoureux alors qu'elle vivaitt en Californie à Los Angeles puis à San Francisco, villes où elle découvre cet art urbain alors inconnu en France.
Elle utilise les murs des quartiers de Ménilmontant, de Montmartre, du Marais, de Montorgueil et de la Butte-aux-Cailles comme lieux d'expression directe et synthétique pour y raconter sa vie, ses désirs, ses ruptures sentimentales, ses travers et ses fantasmes et joue sur les stéréotypes de la femme séductrice, notamment le fétichisme.
Elle décide alors d'utiliser ce sentiment comme pratique artistique, avec le pochoir à la bombe aérosol comme technique et les murs comme support en les assortissant toujours d'un court aphorisme soit poétique, soit humoristique et très souvent engagé.
Condamnée en 1999 pour « détérioration d’un bien par inscription, signe ou dessin » à une forte amende, elle est profondément choquée et refuse d'être prise pour une délinquante : elle négocie alors avec les mairies, les commerçants et les habitants des 5e et 20e arrondissement, mais également de la Butte-aux-Cailles, qui tombent d’accord pour qu’elle imprime ses pochoirs sur certains murs.
Par ailleurs, Miss.Tic avait décidé très tôt de transposer son art en galeries, tel qu’il nous est donné de le découvrir dans cette première grande exposition posthume (l'artiste est décédée en 2022 des suites d'un cancer à seulement 66 ans) exposition, tenez-vous bien, gratuite : ce sont ses beaux-fils et héritiers, qui nous en font profiter.
Dès l'entrée dans la galerie, on est accueilli sur la droite par cette silhouette de jeune femme brune juchée sur des talons aiguilles la représentant : il s'agit de sa marque de fabrique.
Mais le principal n'est pas là : chacune des œuvres de Miss.Tic est associée à des aphorismes sous forme de jeux de mots tel celui-ci "Je suis partie pour rester" qui donne son nom à l'exposition.
En bas de l'escalier qui mène à l'étage, une reconstitution de l'atelier de l'artiste avec ses pinceaux, ses bombes de peinture, sa colle en spray et son béret.
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Sur le tableau à droite, elle a écrit "Femme de lettres anonyme" avec l'humour et la poésie qui la caractérisent.
Une affiche qui dit tout.
Regardez et appréciez...
Celui-ci, je l'adore !
Deux ans après sa disparition en 2022, le square Miss.Tic, rue Censier, porte son nom, écho durable de ses pochoirs.
Le génie de Miss.Tic
Associer ici son pochoir à un plan de Paris, la ville dont elle est tombée amoureuse.
Lisez bien...
En haut d'un petit escalier, une salle vidéo dans laquelle je me glisse discrètement.
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Pas de place assise : pas grave, les vidéos qui y sont diffusées ne sont pas longues même si elles sont percutantes, illustrant la vie quotidienne de l'artiste.
Je n'ai pas pu filmer ces trois petits films mais voici un joli reportage sur Arte trouvé sur le net. Cliquez ICI pour le visionner puis retournez en arrière pour poursuivre la lecture de ce post.
Nous continuons à nous promener parmi ses œuvres.
L'édition a tenu une place centrale dans la démarche de Miss.Tic : en multipliant les supports, elle affirme qu'un art peut circuler librement, franchir les barrières sociales et s'inviter dans la vie quotidienne, sans rien perdre de sa puissance poétique et subversive.
Que de bons mots on peut lire ici :
La solitude est la rançon de la lucidité - Vivre avec des espoirs - Amy mon amie aux succès damnés - Mon regard est noir de monde - l'appel du désir pour des rappels de plaisir - L'homme est un loup pour l'homme et un relou pour la femme...
Celui-ci a été réalisé en 2020 - 1900 euros
Celui-là en 2021 : Matrice originale et pochoir définitif - 2500 euros
"Trop heureuse pour être peureuse" (2005)
Pleine d'espoirs...
L'une de ses dernières productions - 2021
Quelle richesse d'écriture : Miss.Tic fait toujours mouche et toujours court !
L'érotisme, chez Miss.Tic n'est pas seulement visuel, il passe par les mots.
Un couple qui s'accouple... (2012)
N'est-ce pas excellent... ? (2012)
Dans un cœur rouge
Assez rare celui-là puisque Miss.Tic n'y représente qu'un corps d'homme.
Réalisé en 2012
Résister à sa manière, par l'art
Réalisé en 1999
Sa signature : "Vivre c'est de la bombe"
Bombe sexuelle et bombe aérosol...
Paradoxalement, il est possible qu'elle en soit morte.
La boucle est bouclée.
Inutile de vous dire que
nous avons été emballés
par cette exposition !