☻ Belleville et Ménilmontant avec Générations 13
20 mars 2026 : Aujourd'hui vendredi, Anne-Marie Guérin qui anime l'atelier des "Petites Promenades dans Paris à G13, nous a donné rendez-vous au métro Parmentier. Dans la station, un hommage est rendu à celui qui fit la promotion de ce tubercule en France.

Introduite en Espagne (aux îles Canaries) dans la deuxième moitié du XVIème siècle, il faudra attendre la fin du XVIIIème siècle pour que la pomme de terre trouve preneur en France, les gens se méfiant de cette plante souterraine... Parmentier use d'un stratagème pour donner envie aux gens de la consommer : il fait monter une garde (légère) autour d'un champ de pommes de terre, donnant ainsi l'impression aux riverains qu'il s'agit d'une culture rare et chère, destinée au seul usage des nobles. Certains volent des tubercules, les cuisinent et les apprécient. Le roi Louis XVI le félicite en ces termes : « La France vous remerciera un jour d'avoir inventé le pain des pauvres ». Leur emploi dans la cuisine populaire se développe alors très rapidement.
Bien m'en a pris de m'inscrire à cette visite guidée puisque nous avons bénéficié d'un temps tout à fait printanier et ma foi c'est fort agréable.

Dans la rue Jean-Pierre Timbaud (là où débute le circuit) se trouve une ancienne cité ouvrière dénommée "la cité d'Angoulême". Au rez-de-chaussée les ateliers, dans les étages les habitations des ouvriers des fonderies et du travail du cuir.
Ceux qui la connaissent, auront reconnu Marie-France, avec quelques années de moins (😉), que j'ai photographiée ici en 2013 lors d'une précédente visite !
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Au bout de la cité, on débouche dans une cour sur un bâtiment à l'élégante architecture. Il s'agit d'une ancienne manufacture de dorures sur porcelaine, celle des frères Dutertre, qui date de 1883. Le site est actuellement occupé par les ateliers Jean Nouvel.
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La façade est couronnée par un immense fronton triangulaire occupant toute sa longueur : il est occupé par une horloge encadrée de guirlandes de fleurs et de personnages ailés.
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Nous continuons la balade par le passage de la fonderie, un vrai havre de paix à l'heure actuelle mais qui devait retentir du bruit assourdissant des forges et du passage des clients au XIXème siècle. Comme vous pouvez le constater, les habitants actuels de ce passage ne sont pas avares de végétation.
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Photo du groupe au complet grâce à l'amabilité d'un passant... (dans un autre passage)
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Empruntant la rue Saint-Maur puis la rue Jean-Pierre Timbaud qui s'élargit ici, nous voici devant la mosquée Omar Ibn Al Khattab. En 2013, nous y avions vu des musulmans y prier.
Face à elle, la sculpture de Jules Pendariès (1925) est intitulée "le répit du travailleur". Il semble qu'une partie de la sculpture ait disparu : était-ce un marteau... ?
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La Maison des Métallurgistes surnommée la Maison des Métallos lui fait face : elle a été construite en 1881 pour une manufacture fabriquant des instruments de musique en cuivre et deviendra ensuite un haut lieu du syndicalisme. C'est actuellement un Etablissement Culturel de la Ville de Paris (théâtre, cinéma, conférences, expositions, danse...).
Cliquez ICI pour accéder au site de la Maison des Métallos et découvrir son programme culturel.
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Le très beau portail tout en fer forgé qui en ferme l'entrée comporte une lyre qui rappelle la première destination de l'établissement. Vous remarquerez la nuée de pigeons qui a élu domicile dans l'arbre juste à côté - par chance - de l'endroit où Anne-Marie nous a fait la lecture : il est vite fait à cette époque de l'année de se récupérer une fiente !!!
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Dans la cour intérieure de l'ancienne usine, une plaque rappelle que Jean-Pierre Timbaud, métallurgiste parisien et syndicaliste CGT, a été fusillé par les nazis en 1941 en tant que communiste suite à l'attentat perpétré par la branche armée du PCF contre le Feldkommandant Karl Hotz.
Petite photo du groupe (celui du 20 mars) avec Anne-Marie au centre, ses documents en main
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A la sortie, je remarque dans la vitrine une série d'affiches expliquant 80 ans de Sécurité Sociale (1945-2025).
Sur la première affiche, une caricature signée Jean-Claude Chabrol montrant deux "bourges" fumant le cigare au volant d'une décapotable était sous-titrée à l'époque "La Sécurité Sociale, je n'en comprends pas la nécessité." Les syndicalistes qui ont réalisé cette mini exposition y on ajouté : "On s'est battus pour la gagner, on se battra pour la garder... et la renforcer !"
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Nous poursuivons notre chemin par la rue Oberkampf en nous arrêtant au N° 156 où Anne-Marie, je ne sais par quel miracle, arrive à nous fait entrer. Vous savez qu'à Paris, autrefois on pouvait entrer partout, alors que maintenant chaque immeuble est assorti d'un digicode : les temps changent, mon pauvre monsieur !
Ici encore, un lieu privilégié, hors du temps... comme on en trouve de nombreux à Paris.
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et une autre petite exposition qui a attiré l'objectif de mon appareil photos.
Plusieurs affiches telles que celle-ci ont été créées avec l'aide de bénévoles (humains et même animaux !) qui ont été associés à une oeuvre sculptée ou peinte par de grands artistes.
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Amusant !
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A l'angle du Boulevard de Belleville que nous traversons, j'ai photographié ces deux jeunes femmes sorties d'une voiture de luxe juste pour se faire photographier devant ce bazar vendant le même type de vêtements : nous sommes ici dans le nord de Paris où la population magrebine et morienorientale est nombreuse. Ne voyez aucune méchanceté ou racisme dans cette photo qui m'a juste amusée.
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Au bout de la rue Etienne Dolet, on débouche sur la place Maurice Chevallier : l'artiste est né en 1888 dans ce quartier populaire qu'il a contribué à populariser dans ses chansons.
La place marque le début du 20e arrondissement : ici s'élève l'église Notre Dame de la Croix de Ménilmontant perchée en haut des 54 marches de l'escalier, à flanc de coteau, qui en permet l'accès.
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A l'arrière de l'église, la place des Sources du Nord : ce panneau rappelle que c'est des hauteurs de Belleville que viennent les eaux ayant alimenté les premières fontaines parisiennes à partir de la fin du XIXème siècle.
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Le chemin de fer de la Petit Ceinture voisin servait autrefois de liaison aux voyageurs désirant se rendre d'une gare à l'autre dans Paris. Elle faisait le tour de Paris (32 kms) à l'intérieur des boulevards des Maréchaux et ceci jusqu'en 1934. Désertée par les parisiens qui lui préfèrent ensuite le métro, elle sert alors au trafic des marchandises et est définitivement fermée dans les années 1990.
Heureusement, il en existe encore des cartes postales...

Pour franchir les coteaux de Belleville et de Charonne, deux tunnels y ont été creusés.

Charles Trénet a chanté la gare de Ménilmontant...
Après avoir emprunté la rue de la Mare puis la rue des Savies, nous arrivons devant le regard Saint-Martin - encore appelé "regard des petites rigoles" : il est situé au N°42 de la rue des Cascades dont le nom comme celui des Savies indique une fois de plus l'existence de sources à Belleville. Au Moyen-âge, l'approvisionnement de Paris était essentiellement assuré par la Seine et par quelques puits, souvent peu salubres.
A cet endroit, le sol sablonneux et argileux imperméable retenait les eaux de pluie. Aussi, au XIe siècle, les religieux du Prieuré Saint-Martin des Champs en construction restaurèrent les anciens drains construits par les Romains au IIe siècle pour alimenter en eau les termes de Lutèce et s'en servirent pour leurs besoins personnels. Cet ancien aqueduc moyenâgeux aboutissait à ce regard.
Les "regards", petits bâtiments destinés à protéger les sources et à vérifier la qualité de l'eau, sont les derniers vestiges conservés de travaux effectués au début du XVIIIe siècle. Ils sont bien sûr désaffectés actuellement car des techniques modernes les ont remplacés mais ils ont été classés pour rester dans l'histoire de ce quartier de l'est parisien.
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En haut du regard, une inscription explique tout ça en latin mais...
"J'ai perdu mon latin !"
Il faut dire que depuis ma Terminale, de l'eau a coulé sous les ponts 🤣...
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Au N°70 de la rue des Cascades que nous descendons maintenant, tous les appareils photos se tournent vers cette jolie maison qui accroche les regards.
Tiens, j'ai fait un jeu de mots sans le vouloir !
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Sur le côté, une fresque florale avec "l'homme blanc" de Jérôme Mesnager

La rue des Cascades débouche sur la place Henri Krasucki

En tant que résistant, il intègre pendant la guerre les jeunesses communistes de la section juive du groupe Manoukian. Déporté en 1943 à Birkenau, il est libéré en avril 1945. Nous avons tous gardé le souvenir du visage de cet homme, syndicaliste français membre du PCF et Secrétaire Général de la CGT de 1982 à 1992.
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La rue du Retrait croise la rue de Ménilmontant - que nous avons empruntée pour rejoindre la rue des Pyrénées un peu plus à l'est. A son angle, une photo à la va-vite pour garder le souvenir d'un pan de mur qui m'a plu : renseignements pris sur le net (c'est un ami dont je ne me séparerai jamais à moins que la technique évolue.😊) : il s'agit d'une dédicace à un artiste de nationalité tunisienne, Jaber al Majhoub, peintre d'art brut, "le roi de Beaubourg" comme il était surnommé car il a beaucoup travaillé dans ce quartier du centre de Paris mais il a aussi oeuvré dans la rue du Retrait où il a habité pendant 10 ans.
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Nous avons maintenant rejoint le Jardin du Carré de Baudoin avec sa "folie".
Témoin authentique et unique des maisons de campagne édifiées au XVIIIème siècle pour les aristocrates et les bourgeois enrichis, cette maison fut construite en 1770, pour Nicolas Carré de Baudoin puis appartînt à la famille des Goncourt. A partir de 1836 les soeurs de Saint-Vincent de Paul y fondèrent dans le bâtiment adjacent un orphelinat "L'asile des petits orphelins". Racheté par la Ville de Paris, c'est aujourd'hui un espace culturel.

Si vous avez le vertige, passez vite sur la photo qui suit : elle a été prise depuis le haut de la rue de Ménilmontant que nous sommes en train de descendre. Au loin, la tour Saint-Jacques et le Centre Pompidou.

Nous avons maintenant rejoint la rue Boyer où l'on trouve "la Bellevilloise", ancienne épicerie reconvertie en coopérative ouvrière.
En 1908-1910, la Bellevilloise édifie sa "Maison du Peuple". La réalisation en est confiée à l’architecte Emmanuel Chaine qui réalise un bâtiment Art Nouveau dans l’esprit de la Maison du Peuple de Horta, à Bruxelles. Il s'agit d'un vaste ensemble en béton armé et remplissage de briques avec ornementation de mosaïques et de céramique émaillée qui abrite un grand magasin de vente au public, bureaux, café, salles de répétition, salle des fêtes de 500 m²...
Pendant près de soixante ans, La Bellevilloise a joué un rôle déterminant dans la vie économique et sociale de l’Est parisien. Actuellement, c'est un lieu de culture multidisciplinaire qui accueille concerts, spectacles, expos, défilés mais aussi un café : elle reste un lieu de brassage, de rencontres et d'échanges qui s'ouvre à tout public.

La façade comporte sur son fronton la faucille et le marteau.

Cette partie du bâtiment (anciennement Salle Lénine) a été récemment entièrement rénovée et est maintenant devenue un lieu de luxe (hôtellerie et restauration) permettant d'accueillir des réceptions d'une capacité d'accueil de 500 personnes.
J'ai flashé sur la terrasse d'où l'on doit dominer tout Paris.
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Le métro Gambetta sera le terme de notre balade fort instructive et très agréable.
Un grand merci à Anne-Marie Guérin
