☻ Visite libre de l'église Saint-Jean à Châtillon-sur-Seine
15 juillet 2025 - Passée le matin même devant l'église Saint-Jean de Châtillon, j'en ai une nouvelle fois admiré l'extérieur qui vient d'être ravalé. Et comme cela faisait longtemps que nous avions envie de la visiter, nous y sommes retournés l'après-midi Philippe et moi (elle n'est ouverte le matin que pour la messe et l'après-midi de 15h à 18h).
Ce quartier de Châtillon s'appelait autrefois "Chaumont" : il ne possédait qu'une simple chapelle fondée par Jean Dupuis un riche marchand, celle de la "Maison Dieu", ancien hôpital fondé en 1280, chapelle qui était desservie par des religieux Antonins. En 1620, elle était en ruine.
Une ancienne carte postale montre la rue de Chaumont dans laquelle on aperçoit, au loin, le clocher de l'église Saint-Jean. La photo est prise à l'endroit où une croix monumentale rappelle le passage de Napoléon Ier et du Pape Pie VII dans la ville, à quelques jours d'intervalle, en avril 1805.
Cette croix marque l'intersection entre la rue Saint-Jean et la rue de Chaumont, rue entre lesquelles a pris place l'église Saint-Jean.
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Ce quartier dynamique avait vu sa population augmenter au début du XVIe siècle. Aussi, on entreprit de bâtir l'actuelle église Saint-Jean en 1537 qui fut consacrée en 1551 par Philibert de Beaujeu, évêque de Bethléem qui lui a fait don d'un ossement de saint Jean-Baptiste.
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Au début du XVIIe siècle, le chœur fut refait et l'édifice agrandi d'une nef : on voit encore la date de 1610 sur la porte latérale nord.
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La rue de Chaumont s'appelle maintenant rue du Docteur Robert, du nom d'un médecin qui avait son cabinet dans cette rue et qui porta assistance aux maquisards pendant la deuxième guerre. Il fut massacré par les allemands à Essarois le 11 juin 1944 alors qu'il soignait des blessés lors de la bataille dans la forêt.
Sur la façade de l'église donnant sur la rue du Docteur Robert, une statue de la Vierge, est perchée sur l'un des arcs-boutants. Le clocher actuel - très élégant - a été rebâti en 1820. Les précédents clochers ont soit chu, faisant de gros dégâts dans l'édifice, soit été emportés par un ouragan.
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Et voici la façade de l'église donnant sur la rue Saint-Jean.
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De solides arcs-boutants participent à la solidité de l'église. Ces "épiliers" ont été rajoutés en 1740 alors que la voûte menaçait de s'effondrer (information Cristaldesaintmarc).
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La porte principale de l'église Saint-Jean est de style gothique flamboyant. Son couronnement est garni de feuilles de chou et de petits personnages. Sur la console centrale était placée autrefois une statue de Saint-Roch.
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En entrant dans l'église, on est frappé par l'état de semi abandon dans lequel elle se trouve. Une dame rencontrée sur place nous a dit que l'église Saint-Nicolas était prioritaire depuis plusieurs années (mais elle n'a toujours pas été rénovée) et que celle-ci le serait après. Il est vrai que la ville vient de faire de gros travaux au niveau de la place de la mairie et qu'ils ont dû coûter bonbon...
L'église est constituée d'une nef unique de quatre travées, prolongée par un avant-chœur d'une travée et terminée par une abside à trois pans percés de hautes baies.
A droite du chœur, un buste de Saint-Eloi, patron des forgerons.
La légende raconte que celui-ci aurait inscrit sur son enseigne : "Eloi, maître sur tous les maîtres".
Afin de le ramener à davantage d’humilité, Jésus, déguisé en apprenti forgeron, se fait alors embaucher chez Eloi. Quand vient le moment de montrer son savoir-faire pour ferrer un cheval, il applique une technique… peu académique : il tranche la patte du cheval pour le ferrer plus à l’aise, puis recolle le pied de l’animal à sa patte, sans douleur
Eloi essaye alors d’imiter sa technique, mais en vain ! Humilié mais humble désormais, il change alors son enseigne en un simple "Eloi, maréchal-ferrant".
Il me semble que sous le buste se trouvent justement les instruments servant à cette profession (une tenaille et des marteaux).
A gauche du chœur, un buste de Saint-Bernard
L'autel actuellement en fonction le mardi matin lors de la messe est décoré d'une sorte de "poster" représentant la Cène.
De part et d'autres du chœur, des stalles datant de 1665 qui ont été vendues à l'église Saint-Jean par les moines de la chartreuse de Lugny.
Le maître-autel date de la deuxième moitié du XVIIe siècle.
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Tout en haut, une jolie Vierge de Pitié en pierre polychrome du XVIe siècle
(photo Cristaldesaintmarc)
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Le retable, quant à lui, représente une Déposition de Croix dont l'auteur est inconnu mais qui s'est inspiré parait-il d'un tableau du Tintoret.
Le voici, plus net, trouvé sur internet.
Joli, non ?
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Il y a aussi dans l'église deux vitraux remarquables : celui-ci, qui date de 1551, représente un Arbre de Jessé. On y trouve la généalogie du Christ depuis Jessé, le père du roi David qui est toujours représenté en bas au centre entre deux prophètes tandis que la Vierge qui présente l'enfant se trouve également au centre mais tout en haut, sous le tympan. Ce vitrail proviendrait d'ateliers troyens, mais a été très restauré au XIXe siècle. Les personnages sont en grisaille, avec du jaune argent et un rehaut de sanguine pour les visages.
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Sur ce deuxième vitrail qui lui fait face (du XIXe siècle) je n'ai pas réussi à lire le nom des trois saints qui y sont représentés.
Les bancs de l'église sont gravés aux noms des familles qui la fréquentaient autrefois. Il y a par exemple celui de la famille Viesse de Sainte-Colombe (les parents du maréchal d'Empire) que j'ai oublié de photographier et ici celui de la famille Carteret, châtillonnaise depuis le XVIe siècle.
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Au fond de l'église, une statue d'une Vierge à l'Enfant du premier quart du XIVe siècle de l'école burgondo-champenoise - (photo et explications Ministère de la Culture)
L'enfant tient une colombe dans sa main gauche ; la Vierge tient un lys à 3 fleurs dans sa main droite, sur lequel est perchée une colombe ; la Vierge est coiffée d'une couronne (rapportée, moderne) ouverte à décor de perles, fleurons et feuilles.
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Derrière la Vierge et au nombre de douze, des croix de consécration peintes sur les murs. Ces croix sont disposées dans une église lors de la cérémonie de consécration : l'évêque donne l'onction du Saint Chrême et de l'huile des catéchumènes à chacune des douze croix.
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Une autre croix de consécration derrière cette statue de Saint-Michel terrassant le dragon datant de 1563 : l'archange Saint-Michel, tenant d'une main son épée et de l'autre un bouclier orné de la balance de la justice (évocation de la pesée des âmes le jour du Jugement Dernier), s’apprête à tuer le dragon déjà enchaîné, personnifiant le diable.
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Nous ressortons par la porte principale donnant sur la rue Saint-Jean : comme vous pouvez le constater, la restauration risque de coûter bonbon...
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Je vous donne rendez-vous dans quelques années pour la voir entièrement rénovée !