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Publié par Tolbiac204

18 juillet 2026 : ce samedi après-midi, je suis allée visiter l'église de Villotte-sur-Ource, une commune située à une petite quinzaine de km de chez nous dont j'ai souvent entendu parler par ma belle-sœur et son mari qui, en tant qu'éleveurs bovins, y possèdent des prés. Chaque été, dans cette région du nord de la Côte d'Or, l'Office de Tourisme de Châtillon-sur-Seine propose en effet des visites des différentes églises du pays châtillonnais aux personnes qui séjournent dans la région, guidées par des bénévoles passionnés par l'histoire de leur village dans le cadre d'une animation appelée "Un jour, une église".

Tout comme dans beaucoup de petits villages, Villotte n'échappe pas à la règle : les fils électriques ne sont pas enterrés et j'avoue que, de prime abord, cette église entourée d'une enceinte fermée par une grille ne me tape pas dans l’œil.

L'église date du XVIe siècle en ce qui concerne son chœur et sa travée sous le clocher mais sa nef est postérieure. Quant à son portail, en pierre de taille couronné d'un fronton triangulaire, il a été remanié dans la première partie du XIXe siècle.

 C'est le Maire du village dont c'est le deuxième mandat, Christophe Fouilland ici au centre de la photo, qui remplace la personne faisant la visite en temps ordinaire.

 Ce dernier, indisponible aujourd'hui, lui a prêté sa documentation pour l'occasion et Christophe Fouilland nous fournit à tous une photocopie du plan de l'église et de son mobilier. Comme vous pouvez le constater, l'église de Villotte ne possède pas de transept en croix comme on a l'habitude d'en voir dans la plupart des églises. On peut y voir à gauche l'escalier en colimaçon qui permet de monter jusqu'en haut du clocher et un petit appendice situé dans le chœur sur la droite : il s'agit de la sacristie.

L'originalité de l'église, dont la nef a été restaurée au XIXe siècle, est qu'à l'intérieur elle est en pierres apparentes. Autrefois, le sol était recouvert d'un parquet mais celui-ci ayant mal vieilli il a été décidé de laisser les dalles de pierre à nu, une très bonne idée je trouve.

Deux autels secondaires séparent la nef du transept. Vous remarquerez au premier plan l'un des élégants lustres qui éclairent l'église.

L'église est placée sous le vocable de Saint Jacques le Majeur. Le village de Villotte, situé en Côte d'Or au nord de la Bourgogne, est en effet situé sur le chemin de Compostelle.

Apôtre, Saint Jacques prêcha en Judée puis en Espagne. Il fût martyr et eut la tête tranchée. Son corps fût transporté à Compostelle qui devint un lieu de pèlerinage très important au Moyen-Age et le reste encore de nos jours : nombreux sont les randonneurs qui se donnent le défi de faire le chemin de Saint Jacques. 

On peut ainsi voir dans l'église deux coquilles Saint Jacques :

L'une en haut du vitrail central ornant le chœur de l'église et l'autre dans une niche surmontant l'autel secondaire situé à gauche du chœur.

Une Vierge à l'enfant y est représentée.

Un beau Christ en croix - en fer forgé à fleurons - trône en hauteur entre les deux autels secondaires.

L'autel secondaire de droite abrite lui l'éducation de la Vierge par Sainte Anne.

De plus près (photo Cristal de Saint Marc)

Au pied de l'autel, un Christ montre ses stigmates.

J'ai remarqué le très beau chemin de Croix qui court le long des murs de la nef : notre guide nous dit qu'il a été réalisé par le sculpteur Georges Serraz qui s'est installé et a travaillé dans le village à partir de 1930 et y est d'ailleurs inhumé.

XIIe station : Jésus meurt en croix.

Nous continuons notre tour de la nef avec cette chaire en bois, plutôt sobre.

Juste en face, le Monument aux mort du village. L'église est donc ouverte le 11 novembre, jour où le Maire du village vient honorer les morts au combat des deux dernières guerres. Une particularité toutefois que nous signale Christophe Fouilland : la plaque en marbre noir au centre de la photo précise qu'un groupe de quatre jeunes résistants de moins de 20 ans se sont donnés la mort volontairement à l'aide d'une grenade lors de la deuxième guerre pour éviter d'être pris au risque d'être torturés par les allemands pour obtenir des informations.

Au fond de l'église, plusieurs statues de saintes dont une de Jeanne d'Arc (j'ai oublié le nom des autres...), les fonds baptismaux et un petit lavabo tout simple qui permettait au prêtre de faire ses ablutions avant de procéder à un baptême.

Christophe Fouilland nous montre ici le dernier banc au fond de l'église qui porte l'inscription du nom d'une famille qui a fréquenté l'église au début du XIXe siècle.

De l'autre côté de l'allée, le confessionnal au sein duquel le prêtre donnait, à l'issue de la confession, l'absolution aux fidèles : une coutume qui se perd un peu n'est-ce pas...

Retournons maintenant vers le chœur. Pour y accéder il faut d'abord passer dans le transept au niveau duquel on peut voir quatre bâtons de procession.

Voici celui de Sainte Catherine d'Alexandrie : on reconnait la sainte à l'épée qu'elle tient dans la main gauche, épée avec laquelle elle a été décapitée. Il semble que dans sa main droite manque un autre attribut, la roue dentée de son supplice.

Le bâton de procession de Saint Jacques sur lequel le temps a fait son effet puisqu'on peut voir que le saint a perdu ses mains...

Celui de Saint Nicolas est représenté accompagné des trois petits enfants de la légende.

Le bâton de procession de la Vierge à l'enfant (photo Cristal de Saint Marc)

Une fois dans le transept, c'est là qu'il faut aussi lever les yeux vers le plafond pour admirer le travail des maçons qui ont réalisé la voûte en ogives au centre de laquelle une "lunette", obstruée par une structure en bois, permettait autrefois de "sonner la cloche à la volée" depuis le sol en tirant sur la corde à laquelle elle était reliée. C'est également par cette lunette que la cloche était mise en place ou désincarcérée à des fins de restauration.

Le chœur est ceint de stalles en bois sculpté : au centre l'autel date du XVIIIe siècle. Le fouillis derrière est peut-être dû à la récente restauration de la sacristie... ?

L'autel et son tabernacle sont en bois doré. Ce dernier est décoré des instruments de la passion : vous savez, la croix, le marteau, les clous, le coq de Saint Pierre, etc. En bas de l'autel, on peut voir aussi l'agneau de Dieu et la croix de la crucifixion.

De part et d'autre, deux bustes reliquaires en bois doré : à gauche le patron de l'église, Saint Jacques et à droite, Saint Blaise.

A l'arrière de l'autel sur la droite, une petite porte donne accès à la sacristie. Celle-ci vient d'être entièrement rénovée et la grande armoire réparée.

La visite intérieure de l'église terminée, Monsieur Fouilland nous entraine au dehors pour une visite du cimetière, l'occasion de prendre cette photo de la nef côté sortie.

Plusieurs personnalités y sont inhumées : sur cette photo prise du côté sud de l'église, la tombe familiale du sculpteur Georges Serraz qui a réalisé le chemin de croix.

C'est lui-même qui a réalisé ce monument représentant une Pieta (copie de celle de Grancey-le-Château) : la Vierge pleurant son fils mort sur la croix.

A l'arrière de l'église, le maire nous montre le terrain qu'un donateur généreux a offert à la commune pour agrandir son cimetière devenu trop petit. Quelques familles y sont déjà enterrées.

Faisant le tour de l'église côté nord cette fois-ci, nous passons devant une grande tombe double, toute blanche.

Il s'agit de celle d'André Rousselet (1922-2016) qui possédait à Villotte une résidence secondaire, ce qui explique le fait qu'il y soit inhumé.

André Rousselet fut Sous-Préfet, Député, Directeur de cabinet de François Mitterand à l’Élysée, PDG des taxis G7, ainsi que fondateur de la première chaîne de télévision payante, Canal Plus.

Rien que ça...

Quant à cette tombe, elle est celle d'un artiste peintre, Charles Brun-Alayrac (1910-1995), dont la période d'activité se situe au milieu du XXe siècle.

L'une de ses œuvres, Le violon (1955), fait partie du fonds du Centre National des Arts Plastiques.

C'en est fini pour les tombes célèbres...

La jolie tourelle que l'on voit ici doit abriter un escalier en colimaçon permettant l'accès au clocher.

Me voici à nouveau devant la façade de l'église que, définitivement, je n'aime pas ! Comme j'ai eu beaucoup de mal à garer ma voiture (c'est pire qu'à Paris car il n'y a pas de parking proche de l'église), je ne cherche pas plus à la voir sous un autre angle et rejoins ma voiture, mal garée...

 Bien mal m'en a pris puisque si on prend la photo sous l'angle qu'a choisi André Beuchot, c'est déjà plus joli car on y aperçoit un calvaire qui m'avait échappé et moins de fils électriques.

Christophe Fouilland nous ayant parlé de la deuxième guerre à propos du monument aux morts et des jeunes résistants qui se sont sacrifiés (dont j'ai parlé plus haut), il nous invite, si on ne le connait déjà, à nous rendre tout à côté de Villotte où s'est tenu il y aura tout juste 82 ans en septembre la bataille du Pont de Maisay-le-Duc. Un parking a été aménagé tout à côté, permettant aux visiteurs de garer leur voiture.

Voici le mémorial qui a été élevé en mémoire de cette bataille qui a eu lieu les 9, 10 et 11 septembre 1944.

Elle mettait aux prises les 400 soldats allemands de la garnison de la "Kommandantur" de Châtillon-sur-Seine qui évacuait la ville (à cette époque, c'était la débandade dans les rangs allemands) et les résistants du colonel Monod, renforcés par un détachement de chars de la 2e Division Blindée du général Leclerc.

Voici un résumé de ce panneau que vous ne pourrez pas lire faute de pouvoir agrandir l'image...

Après trois jours de combats acharnés, les résistants FFI (Forces françaises de l’intérieur), appuyés par des éléments de l’armée alliée, ont pu récupérer un grand nombre de matériels : 53 camions et voitures légères ainsi que tout l'armement lourd (mortiers, bazookas et mitrailleuses). Cette audacieuse opération engagée 48 heures plus tôt a coûté aux Allemands un grand nombre de soldats tués et plus de 250 prisonniers. Elle facilita la jonction le lendemain 12 septembre 1944 à Nod-sur-Seine entre des éléments avancés de la 2e Division Blindée du général Leclerc venant de Normandie et la 1ère Division de la France Libre venant de Provence.

Ceci n'a pas été sans sacrifices : celui de l'adjudant FFI Marcel Gable et du lieutenant américain Walter Larsen. Au pied des deux drapeaux, une stèle commémore le sacrifice des deux hommes.

Un autre panneau explicatif concerne les autres opérations de la 2e Division Blindée (de la Normandie à l'Alsace, de la Manche au Rhin) sous la direction du Général Leclerc.

Pour terminer avec ce site, j'ai trouvé très intéressant ce panneau qui retrace le "Chemin de Mémoire de la Résistance en pays châtillonnais". On peut y voir l'emplacement des 66 points où l'on peut se rendre afin de voir les différentes stèles commémorant les actes de résistance pendant la seconde guerre mondiale.

Il va falloir que le gasoil descende un peu pour que j'entreprenne ce circuit qui mène à droite à gauche en pays châtillonnais : si je reste optimiste, ce sera pour l'année prochaine !

Une visite qui m'a fait connaître le maire de Villotte-sur-Ource, Christophe Fouilland, bien sympathique.

En pensant à Pierre Bonte et sa célèbre émission sur Europe 1 "Bonjour Monsieur le Maire", je dirai aujourd'hui en pensant à Christophe Fouilland...

Merci Monsieur le Maire !

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