☻ Vacances bretonnes avec Philippe (2011) : Pardon à Sainte-Anne-La-Palud
Suite des vacances en Bretagne (25 août - 4 septembre 2011)
Le dimanche de notre arrivée avait lieu la Grande Procession des croix sur la dune à la chapelle Sainte-Anne-la-Palud dépendant de la commune de Plonévez-Porzay, tout près de Douarnenez. L'info, je l'ai trouvée sur internet, l'office de tourisme de Tréboul (dépendant de Douarnenez) étant curieusement ignorant de la chose... Parfois, je bous ! Inutile de vous dire que les parkings étaient blindés... (mais bien organisés et en nombre suffisant dans les champs laissés libres par les moissons terminées à cette époque).
Le nom de la chapelle vient du fait qu'elle a été construite sur une zone de marais comblée petit à petit au fil des ans.
En ce dimanche, c'est à un rendez-vous de 550 bretons et bretonnes en costume portant banières, croix et statues de saints que nous assistons très impressionnés parmi des milliers de pélerins venus assister à cette cérémonie. Arrivés à 15 heures pétantes, il nous faut attendre la fin des vêpres, soit une bonne heure avant que la procession ne se mette en route. Deux évêques, celui d'Albi et celui de Quimper président la cérémonie.
Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud est l'un des plus importants de Bretagne et il rassemble les pélerins depuis l'antiquité.Des légendes disent Marie originaire de Plonévez-Porzay mais sa vie est mal connue. Voici ce qu'en dit Gustave Geffroy en 1903 (source Wikipédia)
« Mariée à un seigneur méchant et jaloux qui détestait les enfants et ne voulait pas en avoir, Anne fut maltraitée et chassée une nuit par son époux, au moment où celui-ci s'aperçut de sa maternité prochaine. La pauvre femme abandonna le château de Moëllien1 et se dirigea vers la mer où elle aperçut une lueur. C'était une barque que dirigeait un ange. Elle y monta, navigua longtemps, bien longtemps, et finalement débarqua en Judée où elle mit au monde la Vierge Marie. Elle revint en Armorique de la même façon, y fut accueillie avec des transports de joie, car on lui croyait le pouvoir d'apaiser les éléments et de guérir les maladies. Des années et des années après son retour, elle reçut la visite de son petit-fils, Jésus, venu pour solliciter sa bénédiction avant de commencer à prêcher l'Evangile. Jésus, sur le désir de son aïeule, fit jaillir une fontaine auprès de laquelle on bâtit la chapelle, qui devait être le refuge des infirmes et des misérables. Quand Anne mourut, on chercha partout, mais vainement, sa dépouille ; on ne la retrouva que bien des années plus tard baignant dans les flots, encroûtée de coquillages2. »
En raison de cette légende, Sainte Anne est surnommée « Mamm gozh ar Vretoned » (la « grand-mère des Bretons ») et est très vénérée en Bretagne.
Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud a été peint par Eugène Boudin vers 1858, par Louis Duveau en 1859, puis par Charles Cottet en 1903.
Le tableau d'Eugène Boudin se trouve au musée du Havre : moi qui suis normande, j'irai sûrement le voir un jour ! Il mérite, je pense de le voir dans un autre format...

Le tableau de Louis Duveau se trouvait jadis au Musée des Arts et Traditions Populaires à Paris qui a fermé définitivement ses portes, l'ensemble des collections ayant été transférée au Musée des Civilisations et de l'Europe à Marseille. Nous irons sûrement le voir un jour donc puisque c'est une destination où nous allons maintenant très régulièrement...

Quand au tableau de Charles Cottet que je trouve superbe, il se trouve au Musée des Beaux-Arts de Rennes donc à portée de TGV. Qui sait ? Peut-être un jour prendrons-nous le train...

Et maintenant... je vous propose mes propres photos de cet événement : dure dure la comparaison...
Les deux premières ne sont d'ailleurs pas de moi : j'aurais eu du mal à les prendre alors que des milliers de pélerins investissaient le lieu. C'est mon ami internet qui me les a fournies : la chapelle et son calvaire en temps ordinaire.

Et maintenant, les photos du Pardon.
Tout d'abord, un petit tour dans l'église pour photographier la reine du jour, la statue de Sainte Anne accompagnée de la Vierge, joliment ornée de bouquets de fleurs pour la circonstance et devant laquelle les pélerins anonymes viennent se recueillir.

De plus près, la statue semble assez primitive et rigide mais l'ensemble est très beau et propice à la prière je pense.
En attendant la procession, les pèlerins se regroupent par paroisse dans un ordre préétabli et chacun discute avec l'un ou avec l'autre de manière bon enfant.
Le costume des hommes est assez uniformément identique et très peu d'entre eux porte le pantalon bouffant et les guêtres : le pantalon est sobre, noir en général, surmonté de deux gilets, l'un à manches longues et l'autre plus petit sans manches.

Tout ceci orné de broderies et de boutons dorés.

Il y a peu de chapeau ronds mais tout de même j'en ai trouvé un !

Les coiffes ne se mélangent pas : celles-ci sont celles de Plonévez-Porzay je pense.

et celles-ci de Douarnenez si mes déductions sont bonnes.

Que de recherche dans celles-ci et de travail pour empeser, mais quel résultat ! Les modèles sont bien jolies aussi... (Pays de l'Aven : Quimperlé ou Pont-Aven ?)

Vous avez vu le plissé de la collerette ?

J'ai même vu une Bigouden : là, je suis sûre de ne pas me tromper!

Les robes des femmes sont très souvent noires ou sombres (avec toutefois de jolies broderies dorées ou argentées). Celles-ci tranchent par leurs couleurs vives.

Les vêpres terminées, la procession s'ébranle..., croix et bannières en tête.



Trop mignon, vous ne trouvez pas ?

Voici la bannière de Sainte-Anne-la-Palud

Les saints patrons sont aussi de sortie.


En haut de la dune, l'évêque bénit la foule et la procession redescend vers la chapelle pour une conclusion. le Pardon de Saint-Anne-la-Palud dure 4 jours mais la procession du dimanche est certainement celle qui permet de rassembler le plus de monde alentour.
On en a eu plein les mirettes !
