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Les passages les plus insolites de la capitale avec Générations 13
Ce jeudi, nous avons battu le pavé, guidés par Anne, à la découverte des passages insolites de la capitale, situés au cœur du Sentier. Il s'agissait bien sûr de la promenade bimensuelle qu'elle organise dans le cadre de son atelier "Marches de 6 km" au sein de Générations 13.
Les 2e et 10e arrondissements en regorgent : il y avait là en effet, depuis 1789, des terrains confisqués à la noblesse et au clergé propices aux opérations immobilières. C'est ainsi qu'au 19e siècle y sont créés les premiers passages couverts drainant la clientèle aisée habitant la rive droite de la Seine.
Nous commençons notre promenade à la station Château d'Eau en découvrant, à travers des grilles hélas fermées, le Passage du Désir (autrefois Allée du Puits) au niveau du numéro 50 du boulevard de Strasbourg. Ce passage, éventré en 1852 au moment du percement dudit boulevard, possède cette belle entrée car les urbanistes haussmanniens et leurs successeurs avaient l'obligation, lorsqu'un nouveau boulevard coupait un vieux passage, de le refaire démarrer par une élégante arcade.
Une chance, non ?
Sous le porche, une belle voûte en briques et pierre (photo Le piéton de Paris)
Il s'agit d'une copropriété de six cages d'escalier.
La cour est très élégante avec les arcades de ses anciennes boutiques et ateliers en rez-de-chaussée.
Nous gagnons la rue du Château d'Eau non sans remarquer (merci Françoise H.) cette peinture murale qui donne l'illusion au promeneur qu'ici il y a toujours du soleil, ce qui n'est définitivement pas le cas aujourd'hui !
Au croisement de la rue du Château d'Eau et de la rue du faubourg Saint-Martin, la mairie du 10e arrondissement a fière allure. Elle fait partie du quartier de la Porte Saint-Denis comme le montre ce très joli cartouche décoré d'un oiseau.
Il s'agit d'un bâtiment inspiré de la Renaissance française, dû à un architecte, Eugène Rouyer, arrivé second au concours de la reconstruction de l'Hôtel de Ville de Paris (brûlé pendant la Commune de Paris). Au niveau de la toiture, très verticale, une série de petites lucarnes surmontées de pinacles forment comme une dentelle de pierre.
J'aime beaucoup.
Passé le perron, on accède au grand hall d'entrée, très vaste, débouchant sur un majestueux escalier d'honneur qui a tapé dans l'œil de tous les participants.
Conçu à doubles volées, il repose sur des arcs en anse de panier. A son sommet, une loggia rythmée de colonnes à chapiteaux corinthiens plonge sur le vide du rez-de-chaussée.
Les dessins de différents peintres illustrateurs de livres pour enfant provenant du fonds patrimonial "Heure Joyeuse" a attiré notre attention. Dans ceux d'Isabelle Simler, les chats ont la part belle, mais pas que...
Dans la rue Bouchardon, le marché Saint-Martin doit être un lieu sympathique pour faire ses courses. Le marché actuel est situé au rez-de-chaussée d'un immeuble moderne construit en 1987-1989.
La toiture de l'ancien marché édifié en 1854 s'effondra en 1874 suite à une surcharge de neige entrainant la démolition entière du bâtiment.
On conserva toutefois les portes de l'ancien marché.
Le Passage du marché a beaucoup de charme avec la terrasse de son petit hôtel qui invite le promeneur à s'asseoir pour boire un petit verre.
On voit dans ce quartier des vêtements qui paraissent d'un autre âge...
Tous les passages n'ont pas de belles entrées..., tel le passage Brady situé au 43 rue du faubourg Saint-Martin.
Déjà ressortis ? Mais non, nous sommes ici dans la partie découverte de ce passage.
Dans ce magasin, la maison Sommier (costumier depuis 1922) tout ici pour se déguiser, depuis l'enfant jusqu'à l'acteur de théâtre !
Un peu d'histoire
En 1825, un commerçant du nom de Brady commence les travaux de ce passage qui sera finalement inauguré en avril 1828 et qui portera le nom de l’initiateur du projet. Dans les années 1831, c’est un lieu ou abondent les friperies, les revendeurs et les cabinets de lecture. Puis, dans les années 1970 commencent à s’installer des commerçants indiens et pakistanais, jusqu’à occuper la quasi totalité du passage, c’est ce qui lui vaut son surnom aujourd’hui, la « petite Inde ».
En Mars 2002, la partie couverte du passage est inscrite aux monuments historiques de Paris. Plus tard, des marchands de sommeil s’emparent de l’endroit, il devient peu à peu insalubre et la nuit tombée on redoute de s’y promener à cause de l’insécurité. En 2007, un terrible incendie finit de ternir la réputation du passage de Brady, on lamentera la mort de deux femmes et d’une fillette. Heureusement, depuis 2011 le passage Brady reprend des couleurs, les immeubles sont réhabilités, les insalubrités résorbées et l’insécurité ne règne plus dans cette merveille du 19e siècle.
L'autre partie, couverte, du passage se trouve de l'autre côté du boulevard de Strasbourg : ah, ce baron Haussmann tout de même, il en a fait des dégâts dans Paris ! On est tranquilles avec Anne Hidalgo maintenant : elle ne risque pas de favoriser les voitures dans la capitale, hi hi hi...
Je plaisante, bien sûr mais ce n'est pas drôle !
A l'entrée du passage, une plaque avec un nom, celui d'Antoine Ponnoussamy qui redonna vie au passage Brady en apportant la gastronomie et la culture indienne dont la musique, la danse et le cinéma. Pionnier, il fut le fondateur de la première association culturelle franco-indienne dans les années 1970. Il œuvra pour l'ensemble de la communauté indienne de France.
Effectivement, tous les restaurants du passage sont soit indiens soit pakistanais et..., affichent des prix défiant toute concurrence.
Appétissant, non ?
Cet institut de beauté est aussi indien, même s'il affiche qu'il est bien à Paris !
Quant aux coiffeurs, ils tiennent le haut du pavé et sont légion.
Des colliers de fleurs naturellement dans cette "épicerie-artisanat" riche d’une expérience de quarante ans, spécialisée en produits des Indes proposant d'ailleurs à sa clientèle une très large gamme d’épices, thés et autres produits rares, mais aussi des produits de soins naturels, de l’artisanat et des encens.
Si vous cliquez ICI, vous verrez dans le Journal du village Saint-Martin le parcours extraordinaire d'Antoine Ponnoussamy...
Du passage de l'Industrie,
Je n'ai retenu que ce fauteuil à 2500 euros. Il faut dire qu'il en jette !
Nous rejoignons le boulevard de Strasbourg et passons devant le célèbre théâtre Antoine.
Celui-ci a vu passer d'illustres auteurs tels qu'Albert Camus ou encore Jean-Paul Sartre, des metteurs en scène de renom comme Peter Brook ou Louis Jouvet ainsi que de prodigieux acteurs à l'image de Pierre Brasseur et Jacqueline Maillan. Le personnage le plus mémorable reste toutefois celui qui a donné son nom au théâtre, à savoir André Antoine, qui a provoqué dans cette salle une véritable insurrection artistique : le Théâtre Libre. La vocation de ce mouvement proche du naturalisme est la liberté ; le théâtre est conçu comme un fantastique laboratoire où des auteurs délaissés trouvent désormais leur place. Le jeu de l'acteur s’affranchit de toute contrainte conventionnelle afin que la mise en scène atteigne son apogée.
Un peu plus loin, au coin de la rue de Metz, un immeuble intéressant : celui de la BNP Paribas.
L'immeuble a été bâti en 1900 par Charles Lefebvre. Il est entièrement construit en béton armé, ce qui autorise la présence de grandes baies éclairant les bureaux. Les façades sont rythmées par des bow-windows superposés. Un revêtement en mosaïque de grès émaillé dû aux célèbres céramistes Alphonse Gentil et Eugène Bourdet recouvre l’ensemble du bâtiment.
Décorée d’imposants lions sculptés, la façade est couronnée par une mosaïque percée d’un oculus et surmontée d’une corniche saillante cintrée.
En vue de la Porte Saint-Denis qui, en fait, n'est pas une porte mais un arc de triomphe destiné à commémorer les 40 villes prises par Louis XIV lors de la bataille du Rhin.
Le Passage du Prado : une entrée plus que simple qui s'explique peut-être par l'année de percement du boulevard Saint-Denis dans lequel il prend (1660).
Le passage est créé en 1785 : initialement découvert, il est couvert en 1925. Son nom, donné en 1930, fait référence au musée du Prado à Madrid. Avant cette date, il était appelé « Passage du Bois-de-Boulogne », en référence à un bal public qui s'y trouvait, le bal du Bois-de-Boulogne. En 1836, y tient commerce un commissionnaire du Mont de Piété tandis que la société Les voitures de Paris à Saint-Denis y ont leur siège.
En 2012, le passage a subi une profonde restauration. Au sol a été coulée une dalle de béton, recouverte d'un revêtement d'asphalte poli incrusté de morceaux de verre
Zut, je l'ai loupé...
La rénovation des fermes repeintes de couleurs vives lui a apporté une note de gaité.
L'installation créée rend hommage au quartier indien : des carafes lumineuses inversées, luminaires pensés par Yann Kersalé et SNAIK pour la cristallerie Baccarat ont été fixées sous les éléments décoratifs en plâtre.
La verrière Art déco après rénovation
Le style architectural des supports de la verrière renvoie à l'expo des Arts décoratifs de 1925.
La photographe photographiée (merci Françoise H.)
Communautés turques, indo-pakistanaises, afghanes y cohabitent dans une multitude d'activités.
Evidemment, ici on déjeune exotique...
Et le bureau de traduction qui y est installé ne chôme pas.
La Porte Saint-Denis sous un angle inhabituel
Dans la rue Saint-Denis, encore des boutiques proposant des vêtements un brin démodés, quoique..., ce sont apparemment des robes de mariées.
Une bonne initiative, respectée en plus !
Je pensais que des restaurants Ouïghour, il ne devait pas y en avoir des masses sur Paris : que nenni, celui-ci "Boulettes restaurant" est loin d'être le seul. Pas eu le temps d'aller voir ce qu'on peut y déguster mais sur le net j'ai vu qu'il était tenu pas du tout par un ouïghour qui aurait échappé aux geôles chinoises (encore une mauvaise plaisanterie...) mais par un certain Kevin Austruy, bien de chez nous et surtout "Meilleur Ouvrier de France". Apparemment, c'est excellent et pas cher.
La devanture fleurie ornée d'une céramique de cet autre restaurant, la brasserie Dubillot, incite à s'y attarder.
Il paraitrait qu'on y mangeât bien aussi.
Ouvert tous les jours. Service continu de 9h à 1h du matin
222 Rue Saint-Denis, Paris 2ème
Métro : Réaumur-SébastopolMais nous ne sommes pas là pour parler cuisine n'est-ce pas ?
Nous voici maintenant arrivés à l'entrée du Passage du Caire donnant sur la rue Saint-Denis. Son entrée est soignée et fermée par d'élégantes grilles en fer forgé. Comme pratiquement tous les passages couverts de la capitale, celui-ci ferme le soir.
Nous sommes en plein dans le Sentier avec ses magasins de gros de toute sorte. La principale industrie de ce passage au 19e siècle était l'imprimerie, la lithographie et la fabrication des chapeaux de paille.
Actuellement, c'est principalement la fabrication de mannequins pour vitrines de magasins de mode.
Ca déballe, ça déballe...
C'est aussi ici le royaume du commerce de la confection.
Cela fait plusieurs fois que je remarque ces anciennes lanternes indiquant autrefois la présence de gardiens ou de concierges dans le passage.
Il serait facile de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles qui s'entrecroisent mais heureusement, nous avons un bon guide !
L'art des verrières
Le Passage du Caire débouche sur la place du même nom au niveau d'un superbe immeuble dont la façade est décorée à l'antique. La place, triangulaire, a été ouverte à la fin de l'année 1799 sur une partie des bâtiments et des jardins du couvent des Filles-Dieu et son nom lui fut donné en mémoire de l'entrée victorieuse des troupes française au Caire le 23 juillet 1798.
C'était ici autrefois l'emplacement de l'ancienne Cour des miracles ainsi appelée parce que, le soir venu, "les aveugles voyaient clair..., les estropiés retrouvaient l'usage de leurs jambes". On y trouvait aussi des milliers de mendiants, tire-laine et "vendangeurs de coste" (les pickpockets de l'époque), faux paralytiques, soldats déserteurs, filles de joie... Tous ces gueux élisaient leur roi et leur reine. Il y avait une bassine devant une statue de saint volée dans une église. Les gens qui passaient devant étaient obligés d'y jeter une pièce, d'où l'expression "cracher au bassinet". Le premier lieutenant de police, La Reynie, nettoya la cour des Miracles en 24h, promettant aux six derniers mendiants encore présents d'être pendus sur place. "Bonne nouvelle" s'écrièrent le voisinage et les braves gens (d'où, dit-on, le nom du quartier).
La façade, témoignage de l'architecture "Retour d'Egypte", comporte trois effigies de la déesse Hathor, reconnaissable à ses oreilles de vache.
Elles sont surmontées d'une frise de hiéroglyphes rappelant les batailles passées.
Tout en haut, une caricature du peintre Henri Bouginier, élève travaillant dans l’atelier du peintre Antoine-Jean Gros au début du 19e siècle dont le nez était la cible de ses camarades. Un jour il en eut assez, et se fâcha. Pour le punir, ses condisciples crayonnèrent son nez sur tous les murs de Paris !
On parle du "nez de Bouginier".
Sur la place du Caire, tout le monde se regroupe pour la photo.
Le Passage du Ponceau a été ouvert en 1826. Il tenait son nom d'un petit pont couvrant, au-dessus de la rue Saint-Denis, un égout à ciel ouvert. En 1413, ce petit pont s'appelait d'ailleurs le "ponceau Saint-Denis auprès des Nonnains". L'égout fut recouvert par François Miron, prévôt des marchands et le nom resta.
Le groupe regarde la plaque au sol marquée du nom du passage.
Un passage qui, apparemment, ne m'a marqué que par son entrée et sa sortie sur le boulevard de Sébastopol !
En arrivant sur le boulevard, nous faisons halte dans le square Emile Chautemps situé juste en face de l'entrée du théâtre de la Gaité Lyrique.
Deux bassins, à sec en ce moment - dommage - ornent le square. Elles sont l'oeuvre de Charles Gumery et d'Auguste-Louis-Marie Ottin.
Celui du bassin nord rend hommage à l'Agriculture et à l'Industrie.
Celle du bassin sud met en scène Mercure et la Musique.
Un peu plus loin, toujours sur le boulevard de Sébastopol, une jolie entrée de porte cochère.
Anne nous emmène ensuite au numéro 131 qui donne accès au Passage des Dames de Saint-Chaumond où se trouve un bel Hôtel particulier datant du 18e siècle. Celui-ci a été réalisé par l'architecte Jacques Hardouin-Mansart de Lévi, petit-fils de Jules Hardouin-Mansart.
Curieusement, les deux petits putti qui ornent le portail ne portent pas le même numéro...
Par chance, la porte cochère ne possède pas de digicode et nous permet d'entrer dans la cour.
Côté boulevard de Sébastopol, une rotonde centrale anime la façade, dotée d’un élégant balcon en fer forgé finement sculpté à l’étage.
Les consoles du balcon, le mascaron représentant une tête de femme (œuvre du sculpteur Nicolas Pineau), ainsi que les clefs des baies cintrées sont très gracieux.
Le balcon en ferronnerie ouvragée, dalles chantournées, volutes de pierre, est marqué d'un monogramme. Je n'ai pas réussi à trouver ce que voulaient dire les lettres que je déchiffre comme DMC et je ne pense pas qu'il s'agisse de la célèbre marque de fils à broder !
La rue de Palestro conduit vers la rue Réaumur et le métro Réaumur-Sébastopol.
Il s'y trouve là un très bel immeuble pourvu d'une rotonde : c'est celui de l'ancien siège des magasins Félix Potin. Du temps de sa splendeur, il était surnommé "La Poivrière" et est maintenant occupé par un Monoprix tout ce qu'il y a de plus banal.
Cette "pelle Starck" (j'ai appris leur nom grâce aux "Petites promenades" d'Anne-Marie) donne les renseignements sur la rue du Ponceau. Comme je l'ai dit plus haut, l'égout du Ponceau qui empuantissait les environs fut couvert en 1605, ce qui permit de créer la rue du Ponceau, refaite en 1642.
Et voici la rue Réaumur avec cet immeuble qui en jette, n'est-ce pas ?
Il se présente tel un édifice néogothique, bien loin de la tendance Art nouveau qui avait alors toutes les faveurs dans la capitale. La partie centrale est de loin celle qui se démarque : elle nous rappelle immédiatement les églises et cathédrales médiévales avec ses détails et ses hautes fenêtres en ogive que l’on imaginerait bien recouvertes de vitraux. Ajoutons à cela une sublime horloge monumentale, décorée sur le thème du temps et de l’astrologie. Sur ce cadran qui rivalise avec les plus beaux de la capitale, on découvre les différents signes du Zodiaque (que l’on retrouve sculptés un peu plus bas dans une forme animalière) et les douze mois de l’année, gravés dans une typographie typiquement médiévale.
Dans la même rue, j'ai aussi remarqué ces jolies caryatides supportant un balcon. Avez-vous vu le reflet dans la fenêtre... ? Je ne suis pas parvenue à l'identifier.
Près de là, Anne nous fait remarquer ces deux maisons datant du Moyen-Age. C'est vrai qu'elles tranchent dans le paysage avec leurs deux seuls petits étages et leur toit à double pente.
A leur angle, prend le Passage Basfour reliant la rue Saint-Denis à la rue de Palestro. Il existe depuis le milieu du 14e siècle et était alors une impasse comme le montre encore une inscription gravée dans la pierre. Son nom provient d'un four à plâtre qui existait dans le passage.
Le passage est pavé, ce n'est pas si fréquent dans Paris de nos jours.
Les contreforts de la maison qui en fait l'angle ont dû être étayés...
Jolie déco de balcon
Le Passage de la Trinité débouche à son issue sur la rue Saint-Denis. Il tire son nom d'un hôpital fondé en 1201 par deux gentilshommes allemands pour héberger les voyageurs arrivés après la fermeture des portes de l'enceinte de Philippe Auguste.
Nous sommes ici au cœur de l'industrie du sexe.
On y trouve aussi des boutiques plus poétiques...
Et encore un passage ! Celui du Bourg-l'Abbé
Édifié en 1828, par Auguste Lusson, entre le Passage du Grand-Cerf et le Passage de l'Ancre (toujours existant et bordé de boutiques mais non couvert), il est dit sur les guides que le passage Bourg-l'Abbé n'est plus aujourd'hui que l'ombre de sa grandeur passée. Perso, je ne l'ai pas trouvé si dégradé que ça mais j'ai lu aussi qu'il est en voie de réhabilitation.
Proche autrefois d'un terminus de diligences il attirait la clientèle des voyageurs qui y faisaient des emplettes en surveillant l’heure, d’où la présence de la grosse horloge.
La menuiserie-ébénisterie Lulli
L'entrée est du passage ouvrant sur la rue de Palestro est l’œuvre d'Henri Blondel, également architecte de la Bourse de commerce. Les deux caryatides qui encadrent l’entrée, sculptées par Aimé Millet sont des allégories du Commerce et de l'Industrie.
La clé de voûte de l'arcade porte une ruche entourée d'abeilles, symbole de l'activité économique des lieux, autrefois "bourdonnante". (Photo Francine A.)
Au sol, à l'entrée du passage, une plaque portant son nom
Le Passage du Grand Cerf prend dans la rue Saint-Denis au niveau du numéro 145. Son nom provient de l'ancienne enseigne d'un hôtel.
Nous voici arrivés dans le domaine du luxe avec ce passage faisant face à celui du Bourg l'abbé, créé en 1825 et recouvert d'une verrière depuis 1845.
Des silhouettes sportives le décorent en l'honneur des Jeux Olympiques d'hiver de Pékin.
Ici, toutes les boutiques rivalisent entre elles pour offrir au chaland les plus beaux produits.
La sortie rue Dussoubs
Notre balade se termine à la Tour Jean-sans-Peur.
Dernier élément du palais parisien des Ducs de Bourgogne, la plus haute tour civile médiévale de Paris a conservé un grand escalier d'apparat, le décor végétal de sa voûte d'escalier, chef-d'œuvre de sculpture : un lieu de vie presque inchangé depuis six siècles avec en particulier l'étude de Jean-Sans-Peur et les plus anciennes latrines de Paris, au confort exceptionnel.
Deux expositions à voir ce printemps...
Toutes les bonnes choses ont une fin, n'est-ce pas ? Et bien, nous voici arrivés au terme de ce voyage dans le temps au cours duquel nous aurons parcouru "à vue de podomètre" quelque cinq ou six kilomètres.
Un grand merci à Anne pour cette très agréable promenade.
Tags : Générations 13, Passages insolites, Paris, Désir, Mairie 10ème, Brady, Prado, Caire, Ponceau, Saint-Chaumond, Basfour, Bourg l'Abbé, Grand-Cerf
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Commentaires
Waouh ! SUPER !
Vraiment une belle sortie merci à Anne et bien sur aux commentaires et tes magnifiques photos