• Ce soir nous sommes allés écouter une conférence donnée par la SHA (Société d'Histoire et d'Archéologie) du XIIIe à la Mairie.

    Son thème L'annexion de 1860 : de la "Petite banlieue" au XIIIe a attiré beaucoup plus de monde que l'association n'en attendait si bien que, pour pouvoir enfin laisser la parole à la conférencière, il a fallu patienter une bonne demi-heure le temps que chacun(e) trouve une chaise pour s'asseoir. J'étais sur le point de dire à Philippe "Tant pis, on abandonne !" quand, miraculeusement, des collègues de Générations 13 nous ont trouvé deux sièges.

    Je crois bien qu'on était plus de 200 !

    Il aurait été dommage de louper cette conférence qui nous a beaucoup plu à tous les deux, étant très attachés à notre arrondissement. Madeleine Leveau-Fernandez est spécialiste de l'histoire sociale des banlieues et ce soir elle a axé sa conférence sur la banlieue sud (Gentilly et Ivry) qui a contribué à former le XIIIe arrondissement.

    Elle nous présente tout d'abord une carte des différentes enceintes que Paris a connues.

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    ► Au tout début était Lutèce : les Parisii s'établissent sur l'île de la Cité et se protègent des invasions normandes en construisant une enceinte gallo-romaine (en rouge). Celle-ci se maintiendra jusqu'au XIe siècle.

    ► Passant rapidement sur l'enceinte des Xe et XIe siècles (en orange) qui n'a laissé aucun vestige, la conférencière nous parle ensuite de l'enceinte de Philippe Auguste, une muraille de 9 mètres de haut que le roi fit construire suite à l'agrandissement de la ville à la fin du XIIe siècle (en violet). Sa construction se place dans le contexte des luttes entre Philippe Auguste et la dynastie anglaise des Plantagenêt : afin de prémunir Paris d'éventuelles attaques provenant de Normandie alors possession du roi d'Angleterre, Philippe Auguste, avant de partir pour la troisième croisade, ordonne la construction d'une muraille de pierre afin de protéger la capitale en son absence.

    L'enceinte de Philippe Auguste

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    ► La forte croissance démographique tout au long du XIIIe siècle entrainant le développement des faubourgs incite Charles V et le prévôt des marchands, Etienne Marcel, à faire édifier une nouvelle enceinte en 1786 sur la rive droite (en vert sur le plan) tout en fortifiant celle de Philippe Auguste sur la rive gauche. Du fait de la largeur de l’emprise, les portes principales sont de véritables petits châteaux. A l’est, la Bastille protège la porte Saint-Antoine et, à l’intérieur de la ville, l’hôtel Saint-Pol.

    Coupe de l'enceinte de Charles V

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    Depuis la fin du XVIe siècle la perception de l’impôt est confiée par le roi à une compagnie de financiers, la "Ferme générale". A Paris la Ferme générale perçoit les droits d’octroi sur les marchandises qui entrent dans la ville, alors que la campagne reste soumise à la taille. L’extension de la ville au cours du XVIIIe siècle induit une fraude considérable qui réduit (de l’ordre de la moitié semble-t-il) les revenus attendus par la Ferme et donc par le Trésor royal et par la ville.

    ► Cette nouvelle enceinte purement fiscale, de seulement trois mètres de haut, dite "Enceinte des Fermiers généraux" (en orange) sera, bien sûr, très impopulaire et Beaumarchais écrira, à son propos, une phrase restée célèbre :

    "Le mur murant Paris rend Paris murmurant".

    C'est Claude-Nicolas Ledoux, l'architecte, qui est chargé de la construction des barrières d'octroi.

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    Il n'existe plus que quatre de ces barrières : la barrière de Chartres (Rotonde du Parc Monceau), la barrière Saint-Martin (Rotonde de la Vilette), la barrière du Trône (avec ses deux bâtiments) et la barrière d'Enfer (avec ses deux bâtiments).

     Une urbanisation spécifique va se développer à l’extérieur de l’enceinte (là où il n'y a pas d'octroi) qui attire de nombreux établissements de loisir, restaurants, guinguettes, cabarets, bals, les boulevards plantés servant à la promenade.

    ► En 1845, sous Louis Philippe, le président du Conseil, Thiers, fait construire un mur de 35 km de long autour de Paris (en rouge sur le plan) qui prendra le nom de "Enceinte de Thiers", incluant ce qu'on appelait alors la "Petite banlieue" (au sud, il s'agissait de Gentilly, Ivry et Montrouge). Elle comporte 94 bastions, 17 portes, 23 barrières et 8 passages de chemin de fer.

    À l'extérieur du mur d'enceinte, de son fossé et de sa contrescarpe se trouvait une bande de terre de 250 mètres de large : le glacis. Désignée comme zone non oedificandi (zone non constructible), elle fut occupée par des bidonvilles dès la fin du XIXe siècle, avec l'abandon de sa fonction militaire. Cette bande était désignée comme "la Zone", les miséreux habitant là étant appelés "les zoniers", et péjorativement "les zonards", terme qui a subsisté et qui s'est généralisé.

    Le fossé, le talus et les petits zonards

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    Madeleine Leveau-Fernandez nous parle ensuite de l'annexion de la "Petite banlieue" à Paris en 1860. En effet, depuis la création d'un octroi au niveau du mur des Fermiers Généraux, les parisiens les plus pauvres ont migré vers la "Petite banlieue", c'est à dire une partie des communes limitrophes à Paris (pour le sud, il s'agit des communes de Gentilly et d'Ivry).

    Ce sont des communes très pauvres : la rue des cinq diamants, située alors sur la commune de Gentilly, ne possède pas ni égout ni éclairage...

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    La conférencière commence par nous donner l'origine du mot "banlieue" :

    Au Moyen Âge, il existait un "droit de ban" qui mettait les paysans sous l'autorité du seigneur : tous ceux qui habitaient à une lieue autour du château (environ 4,7 kilomètres) payaient le seigneur pour pouvoir faire cuire leur pain dans son four ou moudre leur blé dans son moulin.

    L'annexion des "Petites banlieues" à Paris ne s'est pas faite en un jour. Le préfet Rambuteau y était farouchement opposé car son coût était important : il fallait prévoir de créer des écoles, des églises et des fontaines là où il n'y en avait pas... Mais entre 1801 et 1851, le nombre des parisiens double et atteint le million et c'est sous le Baron Haussmann que le projet d'annexion se finalise.

    Il y avait avant la Révolution 12 arrondissements à l'intérieur de l'Enceinte des Fermiers Généraux, chacun d'eux étant divisé en quatre quartiers de taille très inégale. Ainsi, le XIIe arrondissement comprenait-il le quartier Saint-Jacques, le quartier des Jardins du Roi, le quartier de l'Observatoire et le quartier de Saint-Marcel. Il y avait 9 arrondissements sur la rive droite de la Seine et 4 arrondissements sur sa rive gauche.

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    Paris s'agrandissant jusqu'à l'Enceinte de Thiers..., il a fallu renuméroter les arrondissement et cela va poser un gros problème. En effet, le XIIIe arrondissement aurait ainsi dû se retrouver à l'ouest du côté des actuels quartiers d'Auteuil et de Passy. Or, le chiffre 13 porte malheur dit-on et à l'époque, pour dire qu'un couple vivait en concubinage, on disait : "Ils se sont mariés à la Mairie du XIIIe !", puisque le XIIIe arrondissement n'existait pas... Cela n'était pas possible à entendre par les habitants des beaux quartiers ! On changea ainsi la façon de numéroter les arrondissements en faisant un "escargot" partant du centre de Paris : ouf, l'honneur était sauf pour les habitants de l'ouest de Paris qui habitent désormais le XVIe !

    Le bois de Vincennes et le bois de Boulogne seront annexés à Paris ultérieurement.

    Le coût de l'annexion de la Petite banlieue à Paris ?

    Aux 130 millions de francs prévus à l'origine, il faudra rajouter 222 millions de francs. Il faut en effet indemniser les communes qui ont vu leurs terrains amputés, y compris ceux de la zone, démolir les anciens octrois construits par Claude-Nicolas Ledoux ou les déplacer mais également construire des Mairies, des églises, des écoles...

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

     La superficie de Paris passe alors de 3500 à 7800 hectares. Honoré Daumier saute sur l'occasion et publie dans Le Charivari un dessin fort drôle intitulé Dire que nous v'là Parisiens !...

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    Le nouvel arrondissement du XIIIe est donc maintenant constitué d'une partie de l'ancien XIIe (les quartiers Croulebarbe et Salpêtrière) auxquels s'ajoutent les quartiers de Maison Blanche (dans lequel se trouve notre immeuble situé en bas de la Butte aux Cailles) et de La Gare provenant de l'annexion d'une partie de Gentilly et d'Ivry. La gare, c'est un projet qui n'a jamais vu le jour (une gare à bateaux près du pont de Bercy) mais le nom du quartier est resté.

    Vous me suivez ?

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    C'est ainsi que les tanneries en bord de Bièvre situées à Gentilly se retrouvent sur la commune de Paris tout comme l'industrie de la glace située dans les méandres de la rivière. Celle-ci déborde régulièrement en hiver et gèle : découpée en pains, la glace est entreposée dans des puits maçonnés de 5 à 12 mètres de profondeur. On la conserve entre des couches de paille pour la faire durer. Ainsi, toute l’année, ces “glacières” fournissent de la fraîcheur aux Parisiens. Vendue par des crieurs, elle sert à la confection de glaces et sorbets ou à rafraîchir les boissons de la haute société.

    Ce lieu était aussi un lieu très prisé des jeunes gens qui venaient y patiner sur ce qu'on appelait les "Etangs de la Glacière" (entre 1830 et 1870).

    Conférence de Madeleine Leveau-Fernandez sur l'annexion de 1860

    La conférencière nous parle ensuite de l'évolution de la population des banlieues après l'annexion de 1860 et de son impact sur l'activité économique.

     A Ivry, si la population a chuté en 1860 après l'annexion à Paris de 13.000 habitants à 7.000 habitants, la population de la ville s'est petit à petit reconstituée et, en 2017, elle atteignait les 60.000 habitants.

    Il n'en est pas de même pour Gentilly dont la population est passée de 20.000 habitants en 1859 à 9.000 habitants après l'annexion. Suite à la création de nouvelles banlieues comme le Kremlin-Bicêtre et au percement de l'autoroute du Sud, sa population n'a jamais pu tellement se reconstituer : elle n'était en 2017 que de 18.000 habitants.

    Dans ces banlieues, l'activité économique a souffert du déplacement de l'octroi car il n'y a pas eu de dédommagements.

    Tel est le cas des guinguettes comme celle du Cabaret de la mère Marie à la barrière des Deux Moulins à Ivry, où une population de petites gens, de tanneurs, de blanchisseuses, de cotonnières et de chiffonniers venaient se divertir le dimanche ou le lundi en sirotant un petit vin aigrelet. Les blanchisseries installées le long de la Bièvre et qui polluent celle-ci finissent aussi par disparaître (la Bièvre sera ensuite recouverte) ainsi que le marché aux porcs du quartier de Maison Blanche. Sans parler des entreprises du bâtiment...

    Les transformations du XIIIe arrondissement

    La gare d'Orléans devient parisienne, l'Hôpital de la Salpêtrière aussi, tout comme le Château de la Reine Blanche, idem pour l'Hôpital de Lourcine (actuel Hôpital Broca) et pour l'un des cinq abattoirs dits de Villejuif (il s'agissait surtout d'équidés car non loin de là se trouvait le marché aux chevaux). L'église Sainte-Anne de la Butte aux Cailles est inaugurée en 1894. Les travaux de construction de la nouvelle Mairie commencent en 1873. Il y a aussi un marché couvert qui verra le jour en 1867 (il sera démoli en 1880...). A cela s'ajoute bien sûr un nouveau Commissariat, des squares, des écoles...

    A qui a profité l'annexion de 1860 ?

    Essentiellement à la Capitale. Vincennes et Boulogne ont été spoliées de leurs bois, les prix vont flamber là où étaient installés des familles à revenus modestes (elles devront partir dans la nouvelle banlieue). Par contre, pour voir le côté positif, les transports se sont beaucoup développés et le caractère "villageois" de certains quartiers a été conservé (comme à Belleville, Montmartre ou encore sur la Butte aux Cailles).

    Nous avons beaucoup apprécié cette conférence et sommes ravis d'avoir ré adhéré à la SHA (Société d'Histoire et d'Archéologie) du XIIIe arrondissement avec laquelle nous allons bientôt faire une visite guidée...


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  • Nous avons regardé hier soir une pièce de théâtre que je ne connaissais pas sur Culturebox et qui nous a énormément plu, à la fois par son sujet, mais aussi par sa mise en scène très originale (sans parler de la petite musique qui l'accompagne) ainsi que par le jeu de ses acteurs excellentissime : il s'agit de "Adieu Monsieur Haffmann".

    Adieu Monsieur Haffmann sur Culturebox

    Je viens de voir qu'elle avait remporté 4 Molières en 2018.

     Paris, 1942. Le port de l’étoile jaune pour les Juifs est décrété. Joseph Haffmann propose à son employé Pierre Vigneau de lui confier sa bijouterie, s’il accepte de le cacher en attendant que la situation s’améliore. Pierre prendra-t-il le risque d’héberger clandestinement son “ancien” patron dans les murs de la boutique ? Et si oui, à quelle condition ?

    Je n'en dis pas plus car il faut garder le suspense : tout ce que je peux dire est qu'on sourit beaucoup mais qu'on rit jaune aussi, le sujet s'y prête hélas...

    Je pense que je vais me pencher plus souvent sur le programme de Culturebox.


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  • Jeudi dernier nous avons suivi une conférence tout à fait passionnante mais aussi très complexe : elle avait pour thème le Linceul de Turin et était donnée par Laurent Bouzoud, propriétaire du château de Savoisy, un petit village situé à 25 km au sud-ouest de Châtillon-sur-Seine.

    Pourquoi donc me direz-vous faire une conférence sur le linceul de Turin au musée de Châtillon-sur-Seine ? Et bien c'est parce qu'il existe actuellement des recherches (datant de 2015) qui tendent à prouver que ce linceul (pour ne pas dire le Linceul du Christ car rien n'est totalement prouvé à ce jour) aurait séjourné, peut-être à plusieurs reprises mais au moins une nuit, au sein même du château de Savoisy.

    Le château de Savoisy vers 1450 est une vraie forteresse.

    Conférence de Laurent Bouzoud sur le Linceul de Turin au musée de Châtillon-sur-Seine

    Si l'on sait qu'actuellement ce Linceul se trouve à Turin (Oh, quand je pense que je suis allée à Turin sans aller le voir...), et qu'on peut suivre son cheminement entre 1357 (où il est exposé dans la Collégiale construite à cette fin par Geoffroy de Charny située à Lirey près de Troyes) et 1578, date à laquelle il quitte Chambéry et le duché de Savoie pour être transféré à Turin, son existence antérieure en tant que telle n'est pas encore avérée de façon certaine.

    On trouve des textes apocryphes (IIe siècle) mentionnant le Linceul du Christ à Jérusalem et on a connaissance à Edesse (aujourd'hui Urfa en Turquie) de la guérison miraculeuse du roi Abgar malade de la peste par la trace d'un visage "non fait de main d'homme" (on parle de "l'image d'Edesse"). Le Linceul quitte ensuite Edesse, acheté en grand secret par les byzantins qui le gardent à Constantinople avant de rejoindre Athènes en 1205.

    Mais quid du "trou" d'environ 150 ans entre 1205 et 1357... ?

    Plusieurs hypothèses ont été émises mais c'est "l'hypothèse achaiënne" (la région d'Achaïe était une province antique grecque du nord du Péloponnèse) que Laurent Bouzoud va développer pour nous pendant plus d'une heure avec force diapositives à l'appui.

    Dépose du Christ dans le Linceul
    Giovanni Baptista della rovere (vers 1560-1627)

    ☻ Conférence de Laurent Bouzoud sur le Linceul de Turin au musée de Châtillon-sur-Seine

    Après la chute du duché d'Athènes en 1312, le Linceul aurait pu être transféré en 1317 par des membres des familles originaires de Champagne/Bourgogne (le clan des Achéïens) d'Athènes à Lirey, près de Troyes, puis à Montigny-Montfort. 

    Un bon schéma vaut mieux qu'un grand discours.

    Conférence de Laurent Bouzoud sur le Linceul de Turin au musée de Châtillon-sur-Seine

    Le château de Savoisy se trouve entre Lirey et Montigny-Montfort : une étape possible pour le Linceul... ?

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    Vous me direz, tout ça c'est bien gentil mais la datation au Carbone 14 (datant de 1988) fait remonter le Linceul de Turin au Moyen-Age (entre 1260 et 1390) !

    C'est vrai mais des études récentes aux rayons X, faites par comparaison avec des tissus certifiés du Ie siècle, montrent le contraire. On arrive ainsi à la date d'environ 2000 ans. La datation au Carbone 14 n'est aujourd'hui plus d'actualité.

    Bingo !

    Inutile de dire qu'ici c'est moi qui m'exprime... Ha ! Ha ! Ha !

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    A l'issue de la conférence, Laurent Bouzoud a dédicacé son livre. Il s'agit d'un ouvrage de recherche très pointu. Je me suis donc contentée de prendre un petit guide édité par l'association "Montre nous ton visage" et un marque-page illustré du négatif du Linceul.

    Conférence de Laurent Bouzoud sur le Linceul de Turin au musée de Châtillon-sur-Seine

    Après cette conférence passionnante, nous avons tous été conviés à un apéritif accompagné de petits fours en compagnie de Laurent Bouzoud, le conférencier, de Robert Fries, le président des "Amis du musée du Pays châtillonnais" et de la conservatrice du musée, Catherine Monnet.

    L'occasion de voir exposée dans une grande salle du musée une copie du Linceul de Turin. En voici la partie basse où l'on peut apercevoir l'empreinte d'un corps humain crucifié, de face, parmi des traces de pliures, des marques d'eau anciennes et des traces de brûlures (dues à l'incendie de 1532).

    Conférence de Laurent Bouzoud sur le Linceul de Turin au musée de Châtillon-sur-Seine

    Le musée présentait aussi des négatifs photo.

    Conférence de Laurent Bouzoud sur le Linceul de Turin au musée de Châtillon-sur-Seine

    Conférence de Laurent Bouzoud sur le Linceul de Turin au musée de Châtillon-sur-Seine

    Conférence de Laurent Bouzoud sur le Linceul de Turin au musée de Châtillon-sur-Seine

    Décidément, il se passe toujours quelque chose à Châtillon !

    Pour en savoir plus, cliquez ICI.


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  • Richard III ou "la folle quête du pouvoir", c'est le sous-titre que l'on pourrait donner à cette célèbre pièce de Shakespeare dans laquelle, tout comme dans la vraie vie, le souverain anglais tue une grande partie de sa famille aux seules fins d'accéder au trône.

    La Compagnie des Gens l'a adaptée sous le titre de "Richard III, l'enquête" et l'a jouée une vingtaine de fois à Châtillon-sur-Seine. Naturellement, nous avons pris des places car ces spectacles "mi-professionnels mi-amateurs" sont toujours très réussis.

    Nous avions également réservé le repas, simple mais bon, qui précédait le spectacle. Le menu, intitulé "Formule des deux roses" en référence à la guerre civile du même nom qui vit s'affronter au XVe siècle la maison royale de Lancastre (rose rouge) et la maison royale d'York (rose blanche) comportait un plat "l'assiette du Duc de gloucester" (un curry de porc au riz tricolore) et un dessert "la gourmandise de Maggie O'Brian" (un cheesecake au citron vert et à la menthe).

    Richard III, l'enquête à Châtillon-sur-Seine par la Compagnie des Gens

    Le tout était suivi d'un café : pour 10 euros, on ne peut demander plus !

    Richard III, l'enquête à Châtillon-sur-Seine par la Compagnie des Gens

     Philippe est tout content d'aller voir ce spectacle car il a encore en tête tout comme moi celui de l'an passé - Avatars ou "Les dieux sont tombés sur la terre" - qui nous avait fait beaucoup rire.

    Richard III, l'enquête à Châtillon-sur-Seine par la Compagnie des Gens 

    Le théâtre a été construit de toutes pièces par la troupe, sur le modèle du théâtre londonien "Le Globe" célèbre pour avoir abrité de nombreuses représentations des pièces de Shakespeare.

    Voici "The Shakespeare's Globe"

    Richard III, l'enquête à Châtillon-sur-Seine par la Compagnie des Gens

    Et voici le théâtre éphémère de la Compagnie des Gens

    Richard III, l'enquête à Châtillon-sur-Seine par la Compagnie des Gens

    Nous avons pris place au balcon : nous avions de là une vue panoramique sur les acteurs et les décors dans lesquels avait été aménagée une petite "loge" dans laquelle un cabinet de détectives (joué par le père et la fille) faisait le point au fil des événements : un clin d'œil à la célèbre série télévisée "Les petits meurtres d'Agatha Christie".

    Richard III, l'enquête à Châtillon-sur-Seine par la Compagnie des Gens

    Regardez ICI le reportage qu'en a fait France 3 Bourgogne : ça ne vous prendra que quelques minutes et vous verrez comme les acteurs jouent bien.

    "Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval !" (Acte V, scène IV)

    Ce seront là les dernières paroles de ce roi qui fit trembler la cour d'Angleterre avant de mourir lui-même sous la lame d'Henri Tudor, son cousin, futur Henri VII.

    Un succès de plus pour la Compagnie des Gens

    et une soirée fort agréable

    En complément, je vous invite à suivre CE LIEN pour lire et regarder le superbe reportage que Christaldesaintmarc a fait sur cette pièce à laquelle elle a, elle aussi, assisté cet été.


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  • Mon amie Madeleine, avec laquelle je travaille sur le site de G13, m'a gentiment proposé récemment deux places dont elle disposait pour aller voir à l'Opéra Bastille le ballet chorégraphié en 1992 par Rudolph Noureev,

    La Bayadère.

    Evidemment, j'ai sauté dessus : vous savez que pour réserver un tel spectacle à l'opéra - qu'il soit Garnier ou Bastille - c'est tout un binz, à croire que la prestigieuse institution cherche à décourager les gens d'accéder à la culture. Et pourtant, elle a fait ce jour là salle comble, comme tous les soirs depuis le début de ce spectacle ! Par précaution, même si les conditions sanitaires peuvent l'autoriser maintenant, j'ai gardé le masque.

    Ultime œuvre d’une vie tout entière consacrée à la danse, ce ballet de Rudolf Noureev est devenu l’un des joyaux du répertoire du Ballet de l’Opéra national de Paris. Le célèbre danseur et chorégraphe russe, atteint du Sida, décédera peu de temps après la première.

    Créée en 1992, La Bayadère raconte, dans une Inde fantasmée - avec éléphant, tigre et palanquins - les amours contrariées de la danseuse Nikiya et du noble guerrier Solor, promis à la redoutable Gamzatti, fille du Rajah. Rudolf Noureev a adapté la chorégraphie de Marius Petipa - sur une musique de Ludwig Minkus (étonnamment européenne) - en recomposant le ballet avec variations virtuoses et grands mouvements d’ensemble. Succès jamais démenti de l’Opéra de Paris, la richesse inouïe des décors d'Ezio Frigerio et des costumes de Franca Squarciapino font de La Bayadère un spectacle flamboyant.

     Il s'agit d'un ballet en trois actes, le premier présentant les personnages et le deuxième développant l'intrigue. Au début, même si on a regardé auparavant l'histoire sur le net, on est un peu perdu mais au deuxième acte tout s'éclaire : comme dans presque tous les ballets, il s'agit de mettre en scène des amours contrariées.

    J'étais placée au deuxième balcon, presque tout en haut de la salle (qui est très vertigineuse, un peu comme à la Philharmonie) avec un "billet collectivité" à 22 euros, donc plus cher pour le particulier, mais vous savez que dans une telle salle les prix peuvent grimper très très haut, si on veut être à l'orchestre par exemple. Me doutant que je serais loin de la scène, j'avais eu la bonne idée de prendre mes jumelles de théâtre, ce qui m'a permis de voir les costumes de plus près.

    Afficher l’image source

    Voici l'intégrale du ballet filmé en 1992 lors de sa création à l'Opéra Garnier (le ballet commence réellement à 5min 50). Il semble que, si les artistes ont changé bien sûr, les costumes soient toujours les mêmes à peu de chose près, trente ans après cette création.

    On peut y voir à 51min le début de l'acte II, celui qui m'a le plus emballée : des décors superbes, des costumes sublimes et une chorégraphie haute en couleurs.

    A 53min 45, vous y verrez Laurent Hilaire, le danseur étoile de l'époque jouant le rôle de Solor, juché sur un éléphant à roulettes, venant assister à la cérémonie de ses fiançailles avec Gamzatti, la fille du Rajah...

    Spectaculaire !

     Dans le célèbre acte III - "Le Royaume des Ombres" - (considéré comme un sommet de l'art chorégraphique), on retrouve Solor fumant de l'opium pour oublier sa peine jusqu'à en mourir lui-même. Personnellement, si j'ai surtout aimé l'arrivée progressive sur scène des trente deux danseuses du corps de ballet (début à 2min 30), j'ai un peu moins apprécié les performances individuelles suivantes, mais... je ne suis pas une spécialiste de la danse classique.

    Un spectacle qui m'a enchantée !


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