• Dimanche dernier après-midi, je suis allée en compagnie d'Arlette applaudir une collègue de chorale, Evelyne, qui joue par ailleurs au théâtre, pour le plaisir, dans la Compagnie du Message subventionnée par La Poste. La pièce se jouait au "Passage vers les étoiles", un petit théâtre situé près du Père-Lachaise. C'est dans la petite salle (de  seulement 70 places) que nous avons suivi ce spectacle d'une durée de 1h30 avec beaucoup de plaisir.

    ☻ Amsterdam de Maya Arad Yasur par la Compagnie du Message

    Au cœur de l’intrigue, un personnage désigné par le simple pronom Elle, et pour décor quelques simples accessoires bricolés. Il faut imaginer là un appartement en étage surplombant le canal de l’Empereur (Keizersgracht) qui traverse la ville d’Amsterdam.

    ☻ Amsterdam de Maya Arad Yasur par la Compagnie du Message

    Un matin, la protagoniste reçoit par la poste une facture de gaz dont le montant énorme est resté impayé depuis 1944. Cette lettre, l’héroïne l’emporte partout avec elle, de la file d’attente à la caisse du supermarché, au bar où elle rejoint une amie artiste et féministe, en passant par les bureaux du label de musique où elle voit son agent. Cette lettre embarque plus loin encore, dans la période sombre de l’occupation nazie et de la Shoah. Elle place ainsi personnages et spectateurs face à des questions d’hier toujours brûlantes d’actualité, notamment celle du rapport à l’Autre, de la discrimination des étrangers, du poids des préjugés et de la violence d’un racisme latent.

    Voici le début de la pièce dans une autre mise en scène.

    Nous n'avons pas toujours tout compris...

    Hahaha Images – Parcourir 678 le catalogue de photos, vecteurs et vidéos |  Adobe Stock

    mais nous avons passé un très bon moment.


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  • Anne-Marie nous a donné rendez-vous à la station  de métro "Palais Royal - Musée du Louvre" pour cette promenade dans le 1er arrondissement de la capitale. Le temps a l'air d'être propice à la balade, chic !

    ☻ Les passages couverts de Paris avec Générations 13 

    La bouche de métro, côté Place Colette, est l'œuvre de Jean-Michel Othoniel (inauguration en octobre 2000) : il s'agit de perles de verre coloré enfilées sur une structure d'aluminium. On ne voit ici que le côté "nuit".

    ☻ Les passages couverts de Paris avec Générations 13

    Un peu plus loin sur la rue Saint-Honoré, l'immeuble "Bons enfants" du Ministère de la Culture et de la Communication (2004-2005), enveloppé d'une résille d'acier par Francis Soler, se voit de loin. Sa couleur argentée tranche sur les façades classiques en pierre de taille qui l'entourent. Les entrelacs de métal découpés au laser s'harmonisent avec les toits de zinc des immeubles haussmanniens.

    De l'art nouveau à retardement : très joli, non ?

    Mais j'aimerais savoir comment on fait les carreaux ? Une question on ne peut plus terre à terre qui ne peut être posée que par une femme hélas : je vois toujours le côté pratique d'abord !

    ☻ Les passages couverts de Paris avec Générations 13

    Personne ne se doute que cette structure est en réalité la transposition d’un tableau de la Renaissance italienne que l’architecte avait admiré dans le Palais de Té à Mantoue en Italie. Francis Soler a choisi le tableau de Guilio Romano "Le banquet des Dieux" dans la salle de Psyché, et l’a transmis sur ordinateur afin de distordre son dessin. Par la suite, l’image manipulée est imprimée sur des plaques d’acier et découpée au laser avant d’être montée sur la façade des deux immeubles.

    Vive l'intelligence artificielle !

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Le drapeau français flotte sur l'immeuble de bureaux vu ici du côté de la rue des Petits-Champs.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Notre premier passage couvert est la Galerie Véro-Dodat dont une issue donne sur la rue du Bouloi et l'autre sur la rue Jean-Jacques Rousseau. La galerie, ouverte en 1826 en lieu et place d'un ancien hôtel particulier, porte les patronymes de Benoît Véro et de François Dodat, deux charcutiers enrichis (le premier rue Montesquieu, le second rue du faubourg Saint-Denis), devenus promoteurs et associés pour l'ouverture de ce passage.

    De chaque côté de la galerie, un arc en plein cintre flanqué de pilastres ioniques, le tout couronné d'un balcon. Chacune de ses deux entrées est équipée de grilles pour la fermeture.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Dans la façade donnant sur la rue du Bouloi, deux statues en pied posées dans des niches représentent l'une Hermès, le dieu des commerçants, avec son casque ailé et un caducée à la main, l'autre le Satyre au repos d'après Praxitèle.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    En entrant dans la galerie, mon œil est attiré par les fresques ornant le plafond.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Il semble qu'ici il s'agisse d'une représentation d'Hermès justement, qui rentre d'un voyage en mer en ayant fait fortune : c'est mon interprétation car, tenant dans la main gauche un caducée ailé, il brandit dans la main droite une bourse bien remplie.

    Cela voudrait-il dire qu'ici on peut faire des affaires : une sorte de publicité déguisée, non ?

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    La galerie était située tout à côté des Messageries Laffitte et Gaillard, ce qui permettait aux voyageurs de faire leurs emplettes en attendant la diligence.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Peu de passage en cet après-midi de mai 2024 : les boutiques n'attirent plus autant...

    L'intérieur de la galerie est aménagé de façon à donner une illusion de profondeur par la trame en diagonale du carrelage noir et blanc, la verrière éclairant l'ensemble constitué d'une suite ininterrompue de boutiques de luxe dont toutes les devantures sont en harmonie, surmontées d'un étage réservé à des appartements.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Cerise sur le gâteau, ce fut l'une des premières galeries couvertes chics de la capitale à être éclairée au gaz.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    La boutique d'ameublement design de Pierre Gonalons

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    Encore du luxe avec les gants Thomasine

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    Anne-Marie, via Lisette, nous montre un portrait de l'actrice Rachel (1821-1858) qui a vécu dans l'un des appartements situés au-dessus des boutiques. Elle était un modèle pour Sarah Bernhardt.

    Une anecdote qui a des répercutions jusqu'à nos jours : photographiée sur son lit de mort à la demande de la famille, la photo fuite et la famille intente un procès au journal, ce qui sera à l'origine du "droit à l'image".

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

     Certaines boutiques ont gardé leurs enseignes d'origine telle celle-ci, autrefois imprimerie et maintenant dédiée aux sacs à mains de luxe.

     ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

     Au numéro 6 de la rue Montesquieu, une façade attire mon attention : depuis 2014, il est le lieu d'un centre d'hébergement et pension de famille Emmaüs.

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    L'immeuble a changé de destination de nombreuses fois : établissement de bains, bazar, café et salle de concert, "bouillon", grand magasin, cantine...

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Faisant l'angle entre la rue Montesquieu et la rue des Bons-Enfants : un immeuble à la façade intéressante porte un très beau bas-relief.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Il s'agit de faire la publicité du siège de l'Association générale du commerce et de l'industrie des Tissus et des Matières Textiles. A cette époque, la publicité ne passait pas par la télévision, on faisait les choses pour qu'elles durent !

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    Le passage Vérité fait communiquer la rue des Bons-Enfants avec la place de Valois. Ce nom de Vérité viendrait, selon l'historien Jacques Hillairet, d'un vendeur de gazettes qui y était installé.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    La place de Valois est ainsi nommée en 1867 en l'honneur de Louis-Philippe 1er duc de Valois, fils aîné de Louis-Philippe duc d'Orléans. On peut y voir en son centre une sculpture d'un "Couple de lutteurs corps à corps" par l'artiste sénégalais Ousmane Sow (1935-2016). Elle exprime la lutte de l'homme qui se bat envers et contre tout.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Anne-Marie nous rappelle qu'il avait fait une exposition (que j'étais allée voir bien sûr en bonne parisienne) sur le pont des Arts en 1999, attirant plus de 3 millions de visiteurs.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Jolie, cette verrière à l'entrée de la place de Valois...

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    Les ors de la République dans la rue de Valois - Ministère de la Culture actuel

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    Il ne reste du Palais Cardinal (construit en 1624 pour Richelieu à partir de l'Hôtel de Rambouillet) que la Galerie des proues, photographiée ici depuis la Cour d'honneur du Palais Royal (le Cardinal avait en effet prévu qu'à sa mort le roi hériterait de sa demeure).

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Cette galerie doit son nom aux bas-reliefs, tous différents, représentant des proues de navires, qui rappellent que Richelieu était Grand-Maître de la navigation.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Les balcons de la Cour d'honneur sont ornés du monogramme de Louis-Philippe 1er.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    C'est là que se trouvent les fameuses colonnes de Buren, l'architecte Daniel Buren y ayant édifié en 1994 une œuvre intitulée "Les deux plateaux" constituée de colonnes de marbre de Carrare noir et blanc lui rappelant le tissu rayé des stores qu'il achetait dans sa jeunesse au Marché Saint-Pierre. Il désirait en faire un lieu que le public s'approprierait et c'est réussi puisque les enfants y jouent à Saute-Mouton régulièrement. On aime ou on n'aime pas mais c'est toujours plus sympa que le parking qui servait aux fonctionnaires des administrations environnantes !

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Passé le premier péristyle, nous voici dans la Cour d'Orléans où se trouve une fontaine intéressante aussi, intitulée Les Sphérades, œuvre de Pol Bury.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

     ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Des fleurs d'ail décorent agréablement la troisième partie de cet espace, le jardin.

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    Anne-Marie nous raconte l'histoire du petit canon des Tuileries.

    Le jardin du Palais Royal abrite aujourd’hui encore une véritable curiosité scientifique installée en 1786 dans les jardins. Inventé par un horloger voisin, le sieur Rousseau, ce canon miniature donnait l’heure exacte en tonnant tous les jours à midi... à condition bien sûr qu’il y ait du soleil !

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    En effet, à cette époque, pour avoir l’heure et régler sa montre, on se référait aux cadrans solaires ou méridiennes (cadrans verticaux), installés dans les rues bien exposées.

    Le canon, lui, n'est pas lié à la météo : il est muni d’une loupe à travers laquelle le soleil passe à midi pile, enflammant la mèche qui déclenche la charge.

    Et Boum ! Entendent les passants jusqu'à 1km à la ronde : c'est d'ailleurs de cette popularité que naît la célèbre expression "Midi pétante" !

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Un petit panneau explique l'historique du petit canon.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Le canon a fonctionné jusqu'en 1911 où une loi imposa l'heure de Greenwich à la France. Après un vol en 1998, ce dispositif a été réinstallé dans les jardins en 2002 par le Centre des monuments nationaux, mais la loupe n’y est plus. Le canon tonne toujours mais il est déclenché manuellement tous les mercredis à midi pour le plus grand bonheur des parisiens et des touristes.

    Anne-Marie nous parle ensuite des Galeries de bois du Palais Royal, créées en 1786, précurseurs des passages couverts. En plus de la centaine de magasins qu'elles abritaient, les Galeries présentaient aussi des attractions de typer cirque qui divertissaient les visiteurs. On parlait aussi de "Camp des Tartares".

    Estampe du Musée Carnavalet (1786)

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    Les bancs du jardin du Palais Royal sont ornés de poèmes depuis 2018 : ils font partie de la série québécoise "Emily in Paris", passée sur Netflix en 2021, et de ce fait sont bien connus, même des étrangers. Faisant parfois référence à Colette ou à Jean Cocteau, celui-ci porte des vers de Marcelline Desbordes-Valmore : "Dors-tu ma vie ? Ou rêves-tu de moi ?"

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

     Beauté de cette allée plantée d'arbres...

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    Mais aussi beauté de cette colonnade...

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Les numéros des boutiques se suivent, fixés depuis des siècles dans ce joli carrelage.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    L'extérieur n'a rien à envier à l'intérieur.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Les dessus de fenêtres sont ornés chacun d'une frise différente ! Vous remarquerez la couleur des stores rayés blancs et gris "à la Buren" :

    Pas une fausse note...

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Il serait intéressant d'en connaître la signification mais alors il faudrait faire la visite avec un architecte des Monuments Historiques. 

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Après quinze déménagements, Colette devient la dame du Palais Royal en intégrant le 9, rue de Beaujolais, d'abord à l'entresol puis à "l'étage noble", au premier. 

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Un petit restaurant, ça vous dit ?

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    On peut déjeuner à l'intérieur pour profiter des dorures de la grande salle...
    (Photo Le grand Véfour)

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    ou dehors en terrasse.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    La visite guidée de la Bibliothèque Nationale Richelieu, rue Vivienne, ce sera peut-être pour l'an prochain, qui sait ?

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Tout à côté, la rue des Petits-Champs porte ce nom car elle a été ouverte au XVIIe siècle à l'emplacement d'anciens marécages asséchés et transformés en champs. C'est là que se trouve l'entrée de la Galerie Colbert. Celle-ci a été percée en 1826 pour concurrencer la Galerie Vivienne voisine.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Elle est le siège de grandes écoles (Institut national d'histoire de l'art, Institut national du Patrimoine et même d'une partie de l'Université Panthéon-Sorbonne).

    Au-dessus de l'entrée, un portrait de Colbert en pied.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Ici encore, la galerie est éclairée, le jour par l'intermédiaire d'une verrière, la nuit par d'élégants réverbères qui, autrefois, fonctionnaient au gaz. 

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Cette arche donne accès à une rotonde, elle aussi éclairée par une verrière.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Les arcades sont décorées de divers motifs dont celui-ci représentant une ruche ceinte d'une guirlande de fleurs, symbole du refuge et de l'activité grouillante.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Anne-Marie nous montre une photo de l'ancien candélabre en forme de cocotier lumineux qui trônait en son centre : il servait de point de rencontre aux grisettes (modistes, gantières, fleuristes ou lingères) qui s'y retrouvaient le cœur battant. Le mot "grisette" désignait avec condescendance, du XVIIIe au XIXe siècle, une jeune femme vivant en ville de faibles revenus, ouvrière de la confection, dentelière, employée de commerce, réputée sexuellement accessible (ce n'est pas moi qui le dit, c'est Wikipédia.). Le nom de "grisette" a d'abord désigné un tissu bon marché, la teinture ordinaire donnant, dès le premier lavage, des tons grisâtres : on ne connaissait pas à l'époque les lingettes décolorantes ! 

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    La statue actuelle, Eurydice piquée par un serpent de Charles-François Nanteuil, qui l'a remplacé (provenant des jardins du Palais Royal), est actuellement en restauration.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Les galeries, en veux tu en voilà ! L'entrée de la Galerie Vivienne se trouve rue des Petits-Champs. 

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Contrairement à la Galerie Colbert qui n'a pas eu la clientèle espérée à l'époque, la Galerie Marchoux, du nom de son premier propriétaire - qui prendra rapidement le nom de Galerie Vivienne de par son emplacement - bouillonne encore d'animation. Son aspect luxueux et la diversité de ses boutiques en font dès le XIXe siècle l'une des plus populaires de la capitale. 

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Avez-vous remarqué les superbes carrelages qui la décorent ?

     ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Le principe est toujours le même : des arcades successives séparant les différents espaces, décorées à l'étage de stucs représentant des nymphes ou des déesses porteuses de la réussite commerciale et bourgeoise.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Cet endroit - le numéro 13 - est célèbre pour avoir été habité vers 1840 par un certain François Vidocq, bandit notoire de Paris. Il offrait en effet de multiples possibilités d'échapper à la police (la légende dit qu'un souterrain relie la galerie Vivienne aux jardins du Palais Royal...). Vidocq devint ensuite indicateur, puis chef de la Sureté sous la Restauration.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Les magasins de luxe s'y côtoient : mode, décoration, gastronomie culture...

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Les numéros des boutiques se suivent, tous en harmonie.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Ici encore une rotonde

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Les murs exposent la panoplie complète des attributs du commerce : caducées de Mercure, rubans, ancres, gerbes de blé, palmes, couronnes de laurier, cornes d'abondance : tout y est.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13 

    Nous ressortons par la rue de la Banque.

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    Un café y porte le nom de Bougainville : une plaque, juste au-dessus, indique que c'est ici qu'est décédé le grand navigateur le 31 août 1811 né à Paris en 1729.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Juste en face, la place des Petit-Pères : elle doit son nom au couvent des Augustins déchaussés qui y était installé. Je lui ai trouvé du charme avec son grand espace piétonnier. Une boutique d'objets de culte y voisine avec une boutique de thés réputée, la maison Dammann Frères, surmontée d'une statue de Vierge à l'Enfant.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    La basilique Notre-Dame des Victoires qui donne sur la place a été construite à partir de 1629 suite à un vœu de Louis XIII d'édifier à Paris une église dédiée à la Vierge s'il remporte une victoire militaire face aux protestants. Une sorte de chantage, si je comprends bien...

    Si je vous dis qu'en bas les pilastres sont d'ordre ionique et en haut d'ordre corinthien, vous me suivez... ?

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    L'intérieur est très chargé, entièrement recouvert d'ex-votos, en français, anglais, allemand, polonais, espagnol, portugais etc... Wikipédia dit qu'il y en a au moins 37.000 !

    Lully (1632-1687) habitait rue des Petits-Champs et fut enterré dans l'église. Son cénotaphe est entouré d'ex-votos : à gauche et à droite sont assises deux pleureuses représentant la Poésie et la Musique. Sur le socle supérieur, deux statues d'enfants (ou génies pleurant). Au sommet trône le buste de Lulli en bronze, œuvre attribuée à Jean Collignon..

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    Au centre du chœur, sept toiles de Carle Van Loo (1705-1765) : celle du centre dépeint le vœu de Louis XIII au siège de La Rochelle, les six autres représentant des scènes de la vie de Saint-Augustin.

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    Couronnement de la Vierge à l'enfant (1628)- Carle Van Loo

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     Au sortir de l'église, nous traversons à nouveau la Galerie Vivienne,

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    pour ressortir cette fois-ci dans la rue Vivienne.

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    En face, l'entrée principale de la Bibliothèque Richelieu avec son jardin tout récemment planté de palmiers. Il a été conçu par l'artiste et jardinier Gilles Clément, le paysagiste Antoine Quénardel et l'architecte du patrimoine Mirabelle Croizier. Leur projet, intitulé Hortus papyrifer, introduit de nombreuses plantes papyrifères connues pour intervenir dans l'élaboration de supports d'écriture et d'impression : mûrier, bambou, papyrus. Ce jardin trace ainsi un lien évident avec la Bibliothèque, lieu de conservation emblématiques des œuvres sur papier.

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    Le square Louvois, lui, se trouve en face de l'entrée principale de la Bibliothèque que nous avons rejointe, rue de Richelieu. Créé par Jean-Charles Alphand en 1859, il rend hommage à l'ancien hôtel du marquis de Louvois (1641-1691) et à ses dépendances.

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    La fontaine Louvois est composée de sculptures allégoriques représentant quatre grands fleuves et rivières français : la Seine, la Garonne, la Loire et la Saône.

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    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    A l'angle de la rue des Petit-Champs et de la rue Sainte-Anne, Lully, le célèbre musicien (1632-1687) surintendant de la Musique à la cour de Louis XIV, s'est fait construire un hôtel particulier par un élève de Louis Le Vau, Daniel Gittard.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Une plaque est apposée sur l'immeuble joliment décoré de mascarons.

    Elle indique que le musicien habita ici entre 1671 et 1683, date à laquelle il mourut fort bêtement. Le 8 janvier 1687, lors d'une répétition en présence de 150 musiciens de son Te Deum (sensé guérir le roi d'une fistule annale...), il se plante malencontreusement le bâton dont on frappe le sol pour battre la mesure alors qu'il n'obtenait pas ce qu'il voulait de ses musiciens. Sa jambe s'infecte rapidement et son corps se gangrène. Il meurt le 22 mars suivant à l'âge de 55 ans.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Ecoutez un court extrait du Te Deum de Lully...

    Notre promenade touche à sa fin. Nous la terminerons à deux pas de là par la traversée du Passage Choiseul.

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    Construite entre 1825 et 1827, il s'agit du plus long des passages couverts parisiens (il mesure 190 mètres de long pour 3,7 mètres de large).

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Il n'a pas le luxe de la Galerie Vivienne ni celui de la Galerie Vero-Dodat. J'ai remarqué que ses magasins de mode sont plus ordinaires et donc plus à la portée de toues les bourses.

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    Au numéro 64, rien de spécial en apparence sauf que Louis-Ferdinand Céline y vécut enfant avec sa mère qui y tenait une boutique de nouveautés. IL immortalisera le passage dans sa décrépitude en 1936, sous le nom de "passage des Bérésinas", dans Mort à crédit où il décrit la vie de ses parents.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Un passage de Mort à crédit (pages 55 et 69)

    "On a quitté la rue de Babylone, pour se remettre en boutique, tenter encore la fortune, Passage des Bérésinas, entre la Bourse et les Boulevards. On avait un logement au-dessus de tout, en étages, trois pièces qui se reliaient par un tire-bouchon. Ma mère escaladait sans cesse, à cloche-pied. Ta ! Pa ! Tam ! Ta ! Pa ! Tam ! Elle se retenait à la rampe. Mon père, ça le crispait de l'entendre. Déjà il était mauvais à cause des heures qui passaient pas. Sans cesse il regardait sa montre. Maman en plus, et sa guibole, ça le foutait à cran pour des riens.

    Les voisins, ils n'osaient pas trop se compromettre. Les chiens urinaient partout, et sur leurs vitrines aussi, pas spécialement sur la Méhon. On avait beau répandre du soufre, c'était quand même un genre d'égout le Passage des Bérésinas. La pisse, ça amène du monde. Pissait qui voulait sur nous, même les grandes personnes ; surtout dès qu'il pleuvait dans la rue. On entrait pour ça. Le petit conduit adventice l'allée Primorgueil on y faisait caca couramment. On aurait eu tort de nous plaindre. Souvent ça devenait des clients, les pisseurs, avec ou sans chien."

    Le passage est aussi connu pour abriter la sortie de secours du célèbre théâtre des Bouffes-Parisiens qui contribue depuis son ouverture en 1857 à l'animation du passage. Le théâtre, où furent jouées un temps les pièces d'Offenbach, fut dirigé de 1986 à 2007 par Jean-Claude Brialy.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Avant de sortir du passage, vous remarquerez l'horloge : elle existait au XIXe siècle dans tous les passages couverts pour permettre aux voyageurs de ne pas louper la diligence ! 

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Fin de la balade

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Nous rejoignons le métro Quatre Septembre voisin.

    ☻ Les passages couverts de Paris (du Palais Royal à la Bourse) avec Générations 13

    Un grand merci à Anne-Marie pour cette visite comme toujours très intéressante.


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  • Mercredi dernier, nous sommes allés au cinéma grâce à des places que Madeleine, ma grand amie de Générations 13, m'a données quand elle est venue m'écouter, moi et mes collègues de la chorale, à l'église Sainte-Rosalie pour notre concert annuel.

    C'étaient des places pour un mk2 : nous sommes donc tout naturellement allés au mk2 Bibliothèque situé au bout de la rue de Tolbiac, sur l'avenue de France, tout à côté de la Bibliothèque Mitterrand.

    ☻ Nous avons vu Marcello mio au cinéma

    Le cinéma est immense car, en sus des salles de cinéma, il y a une grande zone commerciale appelée le mk2 Store. La salle où nous avons vu le film que nous avions choisi était vaste et pourvue de fauteuils très confortables, un plus pour Philippe.

    Et le film, c'était quoi ?

    L'affiche annonce la couleur... On y voit Chiara Mastroianni se baignant dans la fontaine de Trévie. Ca rappelle des souvenirs, non ?

    ☻ Nous avons vu Marcello mio au cinéma

    Catherine Deneuve y joue, je crois pour la première fois, en compagnie de sa fille Chiara Mastroianni, mais surtout comme une mère et sa fille : sûrement un grand moment de bonheur pour ces deux grandes actrices et un souvenir inoubliable à engranger pour Chiara qui, elle, avait déjà joué en compagnie de son père à deux reprises dans sa jeunesse.

    L'originalité de ce film de Christophe Honoré, c'est que les acteurs y jouent leur propre rôle (Fabrice Lucchini celui de l'acteur qu'il est, idem pour Melvil Poupaud et Benjamin Biolay, les partenaires de travail et ex de Chiara Mastroianni, quant à Nicole Garcia, elle y est réalisatrice). On y retrouve même Stefania Sandrelli, évidemment, un peu vieillie...

    Cependant c'est un film un peu particulier en cela que Chiara Mastroianni, elle, y joue deux rôles : le sien propre mais surtout celui de son père, Marcello Mastroianni, à la recherche duquel elle semble vouloir aller jusqu'à le faire ressusciter (ce dernier est décédé quand l'actrice n'avait que 24 ans). C'est ainsi qu'on la voit endosser le costume de son père, sa paire de lunettes et même son chapeau !

    La bande-annonce

    Trop particulier pour Philippe, c'est vrai, même s'il n'a pas détesté, tout de même. Les acteurs y sont tellement bons !

    Moi, j'ai beaucoup aimé.


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  • Vous savez que j'aime bien conserver la mémoire de mes sorties sur ce blog : à défaut de la mienne, je peux m'y référer au besoin !

    Et justement, hier soir, je suis allée, en compagnie de mon amie Michèle, au Théâtre de Nesle voir une pièce de Jean Anouilh, Le voyageur sans bagage. Grâce à Générations 13, nous avons pu avoir un tarif de groupe à 8 euros au lieu de 15 car l'association a maintenant un partenariat avec ce théâtre situé en plein cœur de Paris, tout près de la place Dauphine.

    La pièce était jouée par cinq acteurs de la Compagnie de l'oiseau rare et était accompagnée par un pianiste dont la musique accompagnait l'intrigue en soulignant les moments cruciaux, ce que j'ai beaucoup apprécié.

    ☻ Le voyageur sans bagage au Théâtre de Nesle

    Le théâtre possède deux salles en sous-sol, toutes deux voûtées : la grande salle dans laquelle nous avons suivi le spectacle peut accueillir 76 spectateurs, c'est dire que nous étions presque en famille, puisque 18 adhérents de G13 s'étaient inscrits à cette sortie !

    ☻ Le voyageur sans bagage au Théâtre de Nesle

    L'histoire est un drame qui touche un soldat de la Grande guerre, le laissant amnésique à l'issue de celle-ci. Il est alors recueilli par le "Professeur" qui l'exhibe dans les foires sous le nom de "Gaston" mais qui essaie en parallèle de lui venir en aide en lui faisant retrouver SA famille, une famille bourgeoise de préférence. Ayant ainsi été confronté à des centaines de familles en recherche d'un être cher, c'est cette fois-ci la famille Renaud qui affirme qu'il est Jacques, leur fils cadet disparu depuis la fin de la guerre.

    Les acteurs jouaient plusieurs rôles grâce à des changements de costume rapides.

    Gaston-Jacques, au centre, entouré à gauche par le "Professeur" et sa mère, à droite par son frère Georges et sa belle-sœur (mais pas que...) Valentine

    ☻ Le voyageur sans bagage au Théâtre de Nesle

    La belle-sœur est ci-dessous la bonne, la mère, elle, est aussi la cuisinière...

    ☻ Le voyageur sans bagage au Théâtre de Nesle

     Gaston, qui refuse qu'on l'appelle Jacques même s'il cherche à se recréer une vie antérieure - un passé - apprend ainsi que celui-ci n'était pas si joli que ça : lui qui attendait le rêve trouve plutôt le cauchemar. La fin de la pièce le sauvera in extremis de cette famille, la sienne, qu'il refuse d'adopter.

    J'ai trouvé sur le net ce petit extrait du spectacle, sans paroles, mais qui permet de se rendre compte de la mise en scène et du maquillage des acteurs. Cliquez ICI.

    Une excellente soirée en compagnie de Michèle


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  • Ce lundi de Pentecôte, nous avons profité du beau temps du début d'après-midi pour aller, Arlette et moi, nous promener au parc des Buttes-Chaumont.

    Le 19e, c'est mon arrondissement de naissance : Maman étant suivie par un gynécologue dans ce quartier là et je suis donc née à la clinique Rémy de Gourmont. Papa m'a déclarée à la mairie de l'arrondissement voisine.

    ☻ Promenade aux Buttes-Chaumont avec Arlette

    Sur la façade de la mairie, deux allégories :

    A gauche, l'approvisionnement en bétail par Georges Clère, un élève de François Rude : un homme armé d'une massue et d'un poignard à la ceinture, pose son pied droit sur une tête de bœuf cornue. 

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    A droite, l'approvisionnement en eau par Aristide Croisy, un sculpteur que je découvre aujourd'hui alors qu'il a une œuvre importante et variée : la jeune femme, symbolisant la Dhuys, laisse couler de l'eau d'une jarre.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Désireux de donner aux parisiens de vastes espaces verts, Napoléon III décide d'adjoindre aux bois de Boulogne (à l'ouest) et Vincennes (à l'est) le parc Montsouris (au sud) et le parc des Buttes-Chaumont (au nord).

    Les travaux de ce dernier commencent en novembre 1863, sous la direction de l'ingénieur Jean-Charles Adolphe Alphand et des jardiniers Jean-Pierre Barillet-Deschamps et Edouard André , sur une zone de 27 hectares dévastée depuis la Révolution par des carrières d'extraction de gypse (à cette époque on dénombrait encore huit cent ouvriers travaillant à la production du plâtre), tandis que l'architecte Gabriel Davioud édifie maisons de gardiens et chalet-restaurant. L'inauguration du parc, le 1er avril 1867, coïncide avec celle de l'Exposition universelle.

    Paris et ses ruines (1871) - Lithographie colorisée d'Henri Charpentier
    Vue du lac, des grottes et du grand rocher avec le temple de la sybille

    ☻ Promenade aux Buttes-Chaumont avec Arlette

    Les acteurs du projet

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Voici à quoi ressemblait le quartier de Belleville en 1608, selon ce plan du topographe Claude Chastillon. On aperçoit des moulins au-dessus de la Butte de Chaumont dont le nom vient de "Mont Chauve" désignant un terrain accidenté sur lequel rien ne pousse.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Du Moyen-Age au XVIIe siècle, c'était non loin de là que les condamnés à morts étaient exécutés sur un gibet de potence, le gibet de Montfaucon (construit sur le terrain en forme de butte d'un certain comte Falcon et démoli en 1760).

    Victor Hugo le décrit ainsi dans Notre-Dame de Paris« Qu’on se figure, au couronnement d’une butte de plâtre, un gros parallélépipède de maçonnerie, haut de quinze pieds, large de trente, long de quarante, avec une porte, une rampe extérieure et une plate-forme ; sur cette plate-forme seize énormes piliers de pierre brute, debout, hauts de trente pieds, disposés en colonnade autour de trois des quatre côtés du massif qui les supporte, liés entre eux à leur sommet par de fortes poutres où pendent des chaînes d’intervalle en intervalle ; à toutes ces chaînes, des squelettes ; aux alentours dans la plaine, une croix de pierre et deux gibets de second ordre qui semblent pousser de bouture autour de la fourche centrale ; au-dessus de tout cela, dans le ciel, un vol perpétuel de corbeaux. Voilà Montfaucon. »

    Gravure extraite de "Le gibet de Montfaucon : (étude sur le vieux Paris)" par Firmin Maillard – Gallica BNF. Il s'agit ici d'une représentation romantique.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Le site abritait aussi une décharge à ciel ouvert et un établissement d'équarrissage de chevaux. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles la consommation de viande de cheval avait si mauvaise réputation, car l'abattage des chevaux par les équarrisseurs se trouvait dans un quartier de bien mauvaise réputation de la capitale. 
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    Le plan du parc : cliquez sur l'image...

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Depuis le métro Laumière voisin, nous entrons dans le parc par la place Armand Carel en bas à gauche de la photo, proche de la Mairie, à l'entrée de laquelle se trouve justement une ancienne maison de garde dans laquelle se tient en ce moment une mini exposition sur l'arbre que nous survolerons, notre but étant plutôt la promenade et l'observation de la nature.

    ☻ Promenade aux Buttes-Chaumont avec Arlette

    Cliquez sur l'image pour en lire le contenu.

    ☻ Promenade aux Buttes-Chaumont avec Arlette

    Dès l'entrée, on est frappé par la grande taille des arbres permettant aux visiteurs du parc de se mettre à l'abri du soleil grâce à leurs ramures.

    ☻ Promenade aux Buttes-Chaumont avec Arlette

    Sur le panneau apposé à côté, on peut lire : Platane commun

    Planté au milieu du XIXe siècle, ce grand platane plus que centenaire impressionne par la circonférence de son tronc et son écorce épaisse particulièrement rugueuse. Ce phénomène propre aux platanes anciens résulte d'une sorte de "maladie de peau" provoquée par des parasites microscopiques, sans incidence notable pour la santé de l'arbre. Le gigantesque fût de cet arbre présente une embase conique et évasée dont l'aspect "patte d'éléphant" témoigne de l'adaptation du sujet à son milieu et de sa stratégie énergétique. Dans la mythologie grecque, le platane est un symbole de régénération. Son bois dur et lourd aurait par ailleurs servi à construire le Cheval de Troie (les archéologues disent qu'il a vraiment existé...).

    ☻ Promenade aux Buttes-Chaumont avec Arlette

     Nous décidons de longer le parc en nous dirigeant vers la ligne de chemin de fer de la Petite Ceinture qui le traverse. Celle-ci est maintenant désaffectée.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Aussi, les immeubles de la rue de Crimée qui donnent dessus jouissent-ils d'un calme olympien... Décidément, il y a des quartiers de Paris qui méritent à être connus.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Nous traversons ensuite une partie du parc très boisée dans laquelle je ne suis jamais allée à ce jour : nous voici en pleine forêt de sapins !

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Retour à la civilisation avec le lac surmonté de la gloriette édifiée par Davioud.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Ce bel arbre est un Sophora du Japon, la pancarte précise qu'il est fragile malgré son apparence et qu'il ne faut pas monter sur ses branches.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

     

    Des canards, mais aussi des oies bernaches font trempette dans les eaux du lac.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    La barrière est ici symbolique : les parisiens profitent du soleil.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    C'est pas vrai qu'on est revenues à notre point de départ !

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    En fait, le parc est en plein travaux et de ce fait beaucoup d'espaces sont fermés au public. Nous trouvons tout de même un peu plus loin, une autre allée nous conduisant à ce passage souterrain en faux rochers : nous sommes ici en plein Romantisme.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Si on n'aime pas monter des marches, il vaut mieux changer de parc ! Il y en a partout mais eu égard aux genoux de ma sœur, nous avons essayé de les éviter.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    En vue de la passerelle suspendue du rocher central, surmonté du temple de la Sybille (en contre-jour malheureusement) : vous remarquerez le garde-corps en béton imitant le bois, caractéristique des parcs construits à cette époque.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Hélas, nous ne pourrons pas accéder à cet espace car il est fermé pour travaux et nous trouvons grille close.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Les parois de l'ancienne carrière ont servi de base au relief accidenté imaginé pour le parc mais les parois de gypse ont été fragilisées au fil des années à cause d'infiltrations d’eaux de pluie, du gel et du dégel.

    Cliquez sur la photo...

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Nous ne pourrons donc pas prendre cette jolie passerelle ni visiter la grotte, ni voir la cascade ni monter jusqu'en haut du temple de la Sybille : ce sera pour une autre fois.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Et voici l'un des trois chalets-restaurants du parc : il se nomme "Le pavillon du Lac" mais est actuellement fermé pour travaux de rénovation profitant sans doute d'une moindre fréquentation du parc.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Nous quittons le parc non sans passer devant le buste de Clovis Hugues et sous le pont Eiffel : fait de briques rouges et de métal, il relie la porte Sécretan aux buttes Puebla et Fessart et était un ancien pont routier.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Clovis Hugues est un poète, romancier et homme politique français, tout à fait inconnu de moi mais dont l'histoire est intéressante. Défendant en Août 1871 les hommes de la Commune de Marseille dans le journal "Le vrai marseillais", il n'a que 20 ans quand il est condamné à trois ans de prison et 6000 francs d'amende pour délit de presse.

    Ce buste est une copie d'après un moulage effectué par sa femme, Jeanne Royannez qui est sculptrice, l'original ayant été fondu pendant la Seconde Guerre mondiale. 

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Le bus 71 nous attend à la sortie côté rue Fessart où un musicien joue de l'orgue de Barbarie sous les yeux intéressés de deux fillettes.

    ☻ Promenade printanière au parc des Buttes-Chaumont avec Arlette

    Une agréable après-midi entre sœurs


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